II. — 3a
m LES ACCIDENTS VÉSANIQUES
qu’elle ne peut plus rien comprendre, qu’elle est tourmentée par toutes sortes d’idées. II y a quelques années, en 1891, l’un de nous a publié dans la Revue philosophique la description d’un cas tout à fait semblable observé chez M. Jules Falret. Tout était identique, l’inertie, le défaut d’intelligence des choses présentes, le défaut de perception des sons et des images visuelles, ce qui empêche ces malades de comprendre plutôt que de sentir, des idées obsédantes constantes, du bavardage intérieur perpétuel, des crises de colère, et de temps en temps des instants clairs pendant lesquels la malade percevait mieux et se rendait compte de son mal.
Ce sont évidemment là les faits principaux, une aboulie énorme qui porte sur les actes et sur la perception, compliquée par un développement énorme d’obsession de toutes espèces qu i 1 serait très difficile d’analyser. H y a évidemment ici un état de confusion grave analogue par quelques points aux précédents. Mais il faut remarquer que cet état se prolonge depuis cinq à six ans et qu’il s’aggrave constamment. Il y a là évidemment un affaiblissement mental considérable qui semble de plus en plus voisin de la démence. Cet état est à rapprocher des hébéphrénies, des démences précoces et il est intéresssant de remarquer qu’il a été l’aboutissant d’une maladie psychasthénique.
Observation 22Ô. — Confusion mentale avec excitation et hallucinations. — Conviction de la malade, actes impulsifs, maladie du scrupule antérieure avec doutes et rumination .
Vous venez voir au cours de la maladie du scrupule une confusion mentale sous la forme de la stupeur, nous croyons qu’il s'agit ici du même phénomène sous une forme un peu différente et plus banale. Cette jeune femme est en ce moment une agitée : vous voyez sa figure rouge, ses gestes précipités. Elle se défend contre des êtres imaginaires, elle parle tout le temps d’un prêtre qui l’aurait violée, des punitions épouvantables que l’on va lui faire subir. Elle ne parait pas avoir de doutes sur les idées qu elle exprime, c'est; avec conviction qu’elle hurle en parlant du diable qui est entré en elle et qui la possède. Les hallucinations de tous les sens paraissent complètes et elle désigne avec terreur un coin de la chambre oii flamboient les yeux du démon ; les actes sont