‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 22 sur 201 · ES SENTIMENTS DINCOMPI. ETUDE · texte numérisé non relu

ES SENTIMENTS DINCOMPI. ETUDE

maintenant peu (le cliose pour faire naître les interrogations et les obsessions scrupuleuses.

Il faut ajouter tout un groupe de sentiments qui ne sont qu’esquissés chez cette malade. Bien qu elle prétende n aimer personne, elle ne peut souffrir d’être isolée, elle souhaite constamment qu’on l’aime, qu’on la soigne, qu’on la cajole. « Elle aurait besoin de quelqu’un qui s’occupe d’elle constamment, ce serait si bon de se laisser conduire. » Ce sentiment est à notre avis extrêmement fréquent chez les psychasthéniques. Nous avons rarement l’occasion de vous le montrer parce qu’on est peu disposé à le considérer comme une maladie. Mais nous devons vous le sign aler puisqu’il va devenir la source des obsessions amoureuses dont vous verrez plus tard la grande importance.

Nous allons tâcher d’arrêter cette pauvre femme sur cette pente glissante ; un traitement reconstituant, un peu de repos nous semblent nécessaires. Il y a ici une indication dont il faut tenir compte; nous n’aimons pas cette fistule qu elle a à la hanche et qui suppure continuellement, c’est une cause évidente d’affaiblissement. Nous demanderons au chirurgien s’il ne serait pas possible, par une opération simple, d’améliorer cette tuberculose locale qui en somme ne semble pas bien dangereuse, puisque depuis quinze ans elle n’a pas évolué davantage.

Observation 25. — Sentiment de rêve. — Accouchement et émotions, aboulie , sentiment d'imperfection, doutes.

Vous retrouvez chez cette jeune femme, Xya..., âgée de 35 ans, des phénomènes déjà connus qu’il suffît de rappeler. Parmi les antécédents héréditaires nous comptons simplement quelques personnes nerveuses. L’enfant était douce, timide, sans volonté, elle eut à plusieurs reprises des crises de scrupule à propos des confessions. Mariée à il\ ans, elle eut de tristes débuts dans son ménage et perdit successivement ses deux premiers enfants. Le troisième vient de naître, il y a dix mois, dans de bonnes conditions; il paraît robuste et nous pouvons espérer qu’il sera facile à élever.

Mais la pauvre femme déjà fatiguée par l’accouchement a été terrorisée par la pensée des soins qu’il fallait donner à cet enfant pour qu’il ne mourût pas comme les autres ; elle s’est épuisée

SENTIMENT DK IIÈVE

à des soins aussi minutieux que ridicules et elle est tombée peu à peu dans un état de dépression mentale.

Elle n’est plus capable de se décider pour rien ; l’indécision était surtout grave au début pour tout ce qui concernait l’enfant, puis elle s’est étendue à toutes les choses du ménage. Fait-elle quelque chose, l’action lui semble incomplète, imparfaite, pas finie. Les biberons n’étaient jamais assez propres et maintenant le lit n’est jamais assez bien fait ni son jupon assez bien attaché.

Elle n’en est pas encore à ce degré de la maladie où nous verrons les actes se répéter indéfiniment : la malade constate simplement ce sentiment de mécontentement et, pour ne pas réprouver, elle préfère ne jamais agir. Ce sentiment s’étend également aux perceptions, il lui semble qu’elle perçoit d’une manière incomplète et qu’elle est constamment dans un état de rêve. Quand elle est dans cet état de rêve, elle digère très mal et a des renvois acides. Au contraire, quand elle est distraite, amusée, c’est-à-dire quand sa tension nerveuse est un peu relevée, elle digère sans s’en apercevoir.

Cet état de dépression et de rêve a diminué depuis qu’elle a quitté son pays où l’enfant est resté pour venir nous consulter à Paris. C’est l'effet habituel du changement, mais nous croyons cependant qu’il y a là une indication. C’est l’éducation de l’enfant qui épuise cette pauvre femme ; la pensée de la mort des deux autres lui cause une appréhension continuelle et lui fait exagérer des soins déjà pénibles : puisqu’il a été possible de la séparer quelques jours de l’enfant ne pourrait-on pas, comme on l’a fait déjà, confier cet enfant à la grand’mère pendant un temps plus long et laisser la malade se reposer. On éviterait peut-être ainsi que cette dépression nerveuse et ces sentiments d’incomplétude n’amènent des manies mentales et des obsessions qui nous paraissent être bien proches.

Observation 26. — Rhinorrhée. — Etal psychasthénique , obsession

de honte.

Voici une jeune fille de 23 ans, Gay..., qui entre autres troubles présente depuis l’âge de 17 ans, un symptôme singulier. Depuis quelque temps déjà nous cherchions l’occasion d’attirer votre attention sur ce point, car il y a là le point de départ d’études curieuses.

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