I.KS PHOBIES
bromure. Ce médicament avait déjà été essayé, mais à très faible dose, atteignant à peine un gramme par jour. Nous avons commencé par quatre grammes bientôt élevés à six par jour. L’effet a été extrêmement remarquable, les crises se sont écartées énormément : actuellement, quoique nous soyions en automne, il n’a pas eu de crise depuis deux mois. Ce résultat est fort intéressant et vient confirmer le rapprochement que nous faisions de ces accès avec l’épilepsie.
Observation 65. — Algie du larynx et phobie de la parole.
Deux mots seulement sur ce malade. Nous avons commencé la leçon précédente en vous montrant un cas d’algie des yeux. Toutes les fonctions possibles sont capables de déterminer des algies ou des phobies et c’est pour vous le prouver que nous vous montrons une algie du larynx une phobie de la parole. Cet homme de 38 ans, Bq..., est tourmenté depuis deux ans par le sentiment d’appréhension que lui cause la parole. Quand il parle, il se sent étourdi, grisé, il ne tient plus sur ses jambes, il a peur de tomber. Aussi ne veut-il plus parler qu’assis. 11 a des angoisses, il étouffe, etc. En un mot, ce sont les phénomènes de l'angoisse qui accompagnent l’acte on l’idée de la parole.
C’est un homme toujours émotif, impressionnable, fatigué par son métier de mécanicien de chemin de fer, préoccupé par 1 idée qu’il avale des poussières et effrayé par une gène quelconque de la gorge.
Un médecin a malheureusement tout perdu en parlant de laryngite tuberculeuse. Nous l’avons fait examiner par M. Cartaz qui ne trouve rien du tout, qu’un peu de rougeur banale du pharynx etque Bq... est stupéfait d’un pareil diagnostic. Tous les traitements qu’il a faits pour soigner sa gorge ne font qu’augmenter la phobie. C’est déjà une chose importante pour le malade que d’écarter ce diagnostic de laryngite tuberculeuse et de lui bien montrer qu’il s’agit simplement d’une angoisse associée avec les fonctions de la parole.