‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 53 sur 201 · I.E.S PHOBIES · texte numérisé non relu

I.E.S PHOBIES

ger lui fait peur; elle désire les aliments, mais quand elle les voit, quand elle les porte à sa bouche: « Cela se serre à ma poitrine, cela me fait étouffer, cela me brûle dans le cœur, il me semble que je meurs, et surtout que je perds la tête. » Nous connaissons trop ces symptômes pour y insister, ce sont ceux de l’angoisse, ils sont ici associés non pas à un organe déterminé, ce qui donne l’impression d’un organe douloureux, mais avec une fonction ce qui donne l’impression d’une peur de la fonction.

Ces phobies des fonctions sont donc très voisines des algies, il n’y a qu’une petite différence dans la représentation associée avec l’angoisse. Cette différence amène des conséquences intéressantes : comme l’organe existe toujours, tandis que la fonction est périodique, l’algie est beaucoup plus continuelle que cette phobie. D’ailleurs les deux phénomènes sont souvent associés ensemble. Vr... que vous venez de voir et qui avait l’algie de la matrice présentait en même temps la phobie de la fonction génitale : ce sont des phénomènes du même genre. Aussi leur pathogénie est-elle très semblable : vous retrouvez chez cette jeune fille les antécédents classiques ; le père est alcoolique, une cousine est dans un asile. La jeune fille a toujours été aboulique, timide et inquiète ; elle avait déjà autrefois des angoisses quand il lui fallait changer d’atelier, en un mot faire un effort de volonté. Depuis quelque temps, elle présente les troubles de l’estomac des psychasthéniques, l’estomac est encore dilaté et clapotant ; elle a eu des pesanteurs, et surtout des douleurs à la fin de la digestion, les horribles brûlures dont elle parle qui lui remontaient à la gorge sont du pyrosis. 11 en est résulté que la pensée de l’alimentation s’est associée avec le souvenir de ces douleurs exagérées par son imagination hypocondriaque. Un médecin a voulu avec grande raison imposer un régime, or mademoiselle n’aime pas les soupes au lait; de tout cela il en est résulté que l’alimentation, avec le régime, avec la crainte des douleurs est devenue un acte difficile demandant à son tour un effort de volonté comme l’acte de changer d’atelier. Elle n’a pas assez de volonté pour le faire : « Je ne puis pas me forcer au point de manger une soupe au lait. » Dans ce cas comme toujours, quand ilya aboulie et insuffisance psychologique, se forme une dérivation qui garde ici la forme précédente de l’angoisse. L’alimentation étant pour le moment l’acte le plus important de la vie de cet enfant puisqu’elle a renoncé à tout autre travail, c’est avec lui que l’an-

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