‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 54 sur 201 · LF. S PHOBIES DF L'ALIMENTATION · texte numérisé non relu

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goisse s’associe uniquement et voilà la phobie de l’alimentation toute constituée.

Ce diagnostic n’est pas sans intérêt ; si vous aviez affaire à une hystérique, il faudrait ne pas tenir compte de son estomac, la forcer à manger même avec la sonde, exciter en un mot les fonctions de l’estomac, défaire les contractures abdominales par le mouvement et le massage, modifier les idées fixes par la suggestion. Rien de tout cela ne réussirait ici : si vous tourmentez trop son estomac vous augmenterez la phobie. Il faut au contraire le traiter avec ménagements, supprimer par des alcalins, par le carbonate de chaux le fameux pyrosis qui lui fait peur, montrer à la malade qu’on soigne et qu’on guérit son estomac, lui prouver par quelques essais que certains aliments légers ne lui font pas de mal. 11 y a là comme vous le voyez une thérapeutique toute différente qui vous montre l’importance de ce diagnostic psychologique.

Cette femme de 48 ans, Gel..., est tout à fait comparable à la jeune fille précédente, c’est pourquoi nous l’en rapprochons; elle présente cependant une complication très curieuse, et sa maladie se rapproche des obsessions du scrupule. Mais comme l’obsession est simple, il vaut mieux ne pas la séparer des phobies de l’alimentation.

Voici l’histoire de la malade qui servira à comprendre ce qui se passe actuellement. Il y a aussi une parente aliénée, mais le père et la mère n’ont guère de tares; l’enfant qui semblait normale eut une fièvre typhoïde grave à onze ans; depuis ce moment elle resta faible, indécise et très impressionnable. Après avoir nourri son premier enfant, elle eut une première période de troubles à l’âge de 22 ans. Ces troubles étaient de l’ordre des obsessessions criminelles, phénomènes intellectuels des psychasthéniques plus compliqués que ceux que nous étudions actuellement. Elle se croyait poussée à tuer son père ou son mari, elle croyait que Dieu la punissait parce qu elle aimait mieux son fils que son mari. Cette première crise se guérit assez vite, mais elle nous montre cependant la prédisposition aux obsessions.

Vers l’âge de 35 ans, deuxième crise, celle-ci absolument semblable à celle de la jeune fille précédente : douleurs d’estomac après des fatigues, régime, précautions de nourriture, puis appréhension de manger, angoisse en mangeant, phobie de l’alimenta-

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