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tion. Elle devint fort maigre et très faible, la crise dura deux ans et demi. Depuis cette période, elle a été bien portante jusqu’à ces derniers mois. Sous l’influence de tracas, dit-elle, et probablement aussi sous l’influence de la ménopause qui s’annonce chez elle par des métrorrhagies, elle recommence à avoir les mêmes douleurs au creux de l’estomac. Immédiatement l’alimentation, sur laquelle l’àttention est attirée, devient par cela même difficile. Nos études sur l’aboulie vous ont bien montré qu’un acte d’ordinaire presque automatique devient difficile quand 1 attention est attirée sur lui. Les angoisses réapparaissent d’autant plus facilement qu’elles sont déjà venues autrefois.
Voici une complication inattendue : la malade se rappelle ce qu’elle a éprouvé à l’àge de 35 ans, elle sait que cette phobie empêche de manger et qu’elle fait maigrir: la voici qui a peur d’y céder, peur de ne pas manger suffisamment et par conséquent peur de mourir de faim. Elle veut absolument manger, elle s’efforce de le faire toute la journée, elle veut être entourée d’amis qui mangent avec elle et qui la forcent à manger. Elle rumine toute la journée des idées de repas et des procédés pour manger plus. Voyez cette complication singulière : la malade a à la fois peur de manger et peur de ne pas manger. Remarquez en passant que cette complication n’est pas hystérique, ne se trouve jamais dans l’anorexie hystérique. La première peur seule est une phobie ; la seconde est un scrupule, un de ces scrupules de perfection dont nous verrons la fréquence.
Dans le cas présent, la malade nous semble être arrivée à une alimentation bizarre, elle se force à manger de la viande eu dehors des repas et à boire beaucoup de vin.
La malade : « Mais c’est du vin de kola. »
Il nous paraît plus sage de ne pas en boire du tout. Il faut ici régler l’alimentation, reposer la malade, et diriger ses efforts de volonté d’une manière plus raisonnable.
Observations 68 et 69. — Phobies de la déglutition. — Hypocorulrie, paramyoclonus multiplex, peur de la mort subite, tics de respiration.
Parmi ces phobies des fonctions, il y en a une qui nous a étonnés par sa fréquence que l’on ne soupçonne pas d’ordinaire, c’est