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LES PHOBIES DE LA DÉGLUTITION

la phobie de la déglutition. Nous vous en présentons d’abord un exemple chez cette femme de 29 ans, Rib,.., puis à propos de son cas, nous vous raconterons l’observation remarquable d’une malade que nous ne pouvons pas vous présenter ici. Cette première malade Rib... toujours hypocondriaque et inquiète a eu au mois de juin de l’année dernière une congestion pulmonaire plus ou moins sérieuse; toujours est-il qu elle s’est préoccupée à propos de sa respiration et est restée inquiète en pensant à des suffocations possibles. Plus tard quelques douleurs d’estomac qui semblent s’ètre développées, surtout après une chute de tramway, ont attiré également l’attention sur l’alimentation.

Ces deux inquiétudes se sont réunies et une fonction particulière dans laquelle la respiration et l’alimentation jouent un rôle est devenue difficile, c’est la déglutition, car on pourrait étouffer en avalant de travers. Au moment d’exécuter cet acte, les angoisses surviennent, ce qui rend la malade incapable d’avaler.

Nous aurions voulu vous montrer ici même les grimaces, les contorsions, les suffocations qui surviennent quand elle essaye d’avaler une gorgée, en essayant de lui faire avaler un verre de lait devant vous; mais l’expérience ne réussira pas, elle nous en prévient d’avance, parce que vous êtes des médecins. Devant des médecins elle avalera tout ce qu’on voudra, car elle se sent rassurée : c’est une confiance qui vous honore, mais elle vous montre la part énorme de l’idée dans ces phobies de déglutition.

Cette maladie singulière peut prendre des proportions invraisemblables et perdre toute une existence ; voici le cas que nous voulions vous rapporter à ce propos. Fok..., femme de 4i ans, appartient à une famille où l’on compte toutes les dégénérescences possibles, une grand’mère bizarre et obsédée, une tante aliénée, une cousine aliénée, un cousin tiqueur, un autre bec-de-lièvre, avec du rire spasmodique, etc... Elle fut toujours très intelligente et d’un esprit très délicat. Il est bien intéressant de remarquer que ce développement intellectuel est très fréquent chez nos psychasthéniques : l’annihilation de la volonté, le défaut de toutes les fonctions du réel s’accorde très bien avec le développement des facultés abstraites et idéales. Nous reparlerons de ce curieux problème en étudiant des obsessions intellectuelles. Depuis son enfance, cette dame fut une hypocondriaque, toujours maladroite dans les actions pratiques, surtout dans celles qui concernaient

son propre corps; elle s’émotionnait pour manger, pour aller à la selle, pour avoir ses règles, etc. Par une sorte de malchance, il arrive en effet que ces personnes maladroites ont tous les accidents ; elle n’arrivait pas à prendre un lavement sans se blesser. Elle eut un accouchement à l’âge de 27 ans et, chose invraisemblable pour une personne de sa situation soignée comme elle l’était, une partie du placenta fut laissée dans l'utérus et amena une infection épouvantable qui certainement ne modifia pas heureusement l’état du système nerveux. Nous voyons ensuite commencer une foule de tics, en particuler des secousses de la figure et des tics de reniflement ; les plus curieux de ces tics sont des secousses localisées h certains muscles et même h des muscles qui ne fonctionnent pas d’ordinaire isolément sous l infiuenee la volonté, elle eut des secousses du deltoïde et du biceps et surtout des secousses étranges des muscles droits et obliques de de l’abdomen. Ces secousses étaient rvthmées, elles se voyaient sous la peau, elles se rattachent h la maladie qui a été décrite sous le nom de paramyoclonus multiplex.

Comme l’un de nous l’a montré souvent dans ses leçons cliniques, il n’y a guère lieu d’isoler ainsi tels ou tels spasmes. Toutes ces myoclonies formentune série ininterrompue. Ici ces secousses ont beaucoup d’analogie avec des tics et se rapprochent des tics de la face que la malade avait en même temps. La seule différence curieuse, c’est que d’ordinaire une femme ne remue pas à volonté les muscles droits de l’abdomen comme elle fait des reniflements. Il se peut d’abord qu’il y ait chez une persoune de ce genre quelques anomalies musculaires. Mais il est beaucoup plus simple de croire à l’influence énorme de l’exercice continu pendant des années. Les acrobates et les prestidigitateurs arrivent à de bien autres transformations musculaires. D’ailleurs Fok... fait remarquer elle-même qu’elle est arrivée à remuer les muscles de la paroi du ventre, comme elle le veut, comme elle remue son petit doigt.

A la même époque, les préoccupations hypocondriaques qu elle avait toujours eues s’aggravèrent et elle se mit « redouter une mort subite qui, disait-elle, était justifiée par son état de santé. Cette idée de la mort subite s’accompagnait d’angoisses de plus en plus grandes. Bientôt l’inquiétude s’étant portée sur l’alimentation, l’idée de mort subite se précisa et devint la mort par suffocation. Il y avait déjà de ces craintes dans les tics perpétuels de reniflement. L’attention la plus grande fut dirigée sur toutes les

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