CHAPITRE PREMIER
LES INSUFFISANCES PHYSIO-PSYCHOLOGIQUES
Dans une série de leçons cliniques, nous désirons vous mettre sous les yeux les principales formes de ces maladies nerveuses et mentales, de ces psycho-névroses que Ton a désignées sous tant de noms différents : obsessions, impulsions, tics, angoisses, phobies, névropathies cérébro-cardiaques, etc. Autant que les circonstances le permettront, nous réunirons par groupes les malades du même genre afin de mettre un peu d’ordre dans des symptômes extrêmement nombreux et un peu confus.
A notre avis, les obsessions et les phobies ne sont que le dernier terme d’une évolution pathologique assez longue qui commence par des troubles très légers de l’activité mentale. Ces troubles primordiaux sont pour nous des phénomènes d’engourdissement qui déterminent l’affaiblissement des fonctions cérébrales les plus élevées, c’est-à-dire des fonctions d’adaptation nouvelle à la réalité, de l’activité volontaire et de l’attention. C’est vous dire que nous persévérons dans cette conception aujourd’hui très discutée qui considère les phénomènes de l’aboulie et de l’aprosexie comme le point de départ de ces troubles mentaux. Bien entendu ce mot « engourdissement » n’est qu’une simple expression imagée caractérisant la diminution de l’activité cérébrale que constate la clinique. Il reste, bien entendu à déterminer la ou les circonstances anatomo-physiologiques d’où dérive cet engourdissement. Des moyens d’investigation histologique, plus perfectionnés qu’actuellement, aidés par l’expérimentation, permettront sans doute, un jour, d’arriver à cette détermination. Nous commencerons donc cette étude en considérant d’abord les cas les plus simples dans lesquels ces troubles fondamentaux existent presque seuls à un degré léger sans amener d’obsessions
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bien caractérisées, puis nous verrons les phobies, les manies moniales et les obsessions apparaître peu à peu dans des cas plus complexes.
Ces troubles élémentaires qui constituent des insuffisances physio-psychologiques se présentent sous leur forme la plus simple dans une maladie nerveuse que I on a souvent présentée comme le germe de toutes les maladies mentales et qui en tous les cas est bien le germe des états psychasthéniques que nous étudions maintenant, nous voulons parler de la neurasthénie. Nous aurons à examiner, plus tard si ce mot doit être maintenu, au moins avec sa signification actuelle. Dans tous les cas, il est bon d’en placer rapidement quelques exemples simples devant vous, au début de cette étude.