‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 96 sur 201 · LES SPASMES DE L’OESOPIIAGE · texte numérisé non relu

LES SPASMES DE L’OESOPIIAGE

très bien. Maintenant, sauf de temps en temps quand il est ému, il avale tout ce qu’il veut. 11 est donc guéri ? Point du tout et c’est la le détail que nous voulons vous présenter.

Depuis qu il peut manger il n’a plus envie de manger . L’appétit a disparu complètement, le dégoût est survenu, il prétend éprouver des pesanteurs, des fatigues, avoir envie de dormir quand il a mangé. En somme, il ne vent pins manger. Ce dégoût lui rend l’alimentation très difficile et il reste des journées sans rien prendre. C’est tout à fait sans que nous insistions sur les détails, le tableau de l’anorexie mentale en rapport avec des préoccupations hypocondriaques. N’est-il pas bien curieux de voir cette anorexie s’installer à la place d’un spasme de l’œsophage. Cela ne montret-il pas un rapport assez intime entre les deux affections. C’est une petite observation à joindre à l’étude des spasmes de l’œsophage.

Observation iiG. — Spasme œsophagien et troubles de déglutition. — Antécédents héréditaires, tics, besoin de direction.

Cette femme de 38 ans, Ev..., ne peut se nourrir qu’avec la sonde œsophagienne qu’elle s’introduit d’ailleurs elle-même : il lui est impossible d'avaler autrement les aliments. Dès qu’elle met quelque aliment dans sa bouche, surtout s’il est liquide ou à demi liquide, elle éprouve toutes sortes de gênes dans la bouche et dans le pharynx, sa langue remue irrégulièrement dans tous les sens et ne parvient pas à faire progresser les aliments. Quand ceux-ci parviennent au fond de la bouche, ils déterminent des secousses du voile du palais et du pharynx. La malade fait toutes sortes de grimaces sans parvenir à avaler. Enfin, comme par hasard, le mouvement de déglutition s’accomplit, mais le bénéfice n’est pas grand, Ev... sent que les aliments s’arrêtent dans sa gorge au-dessous du sternum : elle sent à ce point une gêne croissante et au bout de quelques minutes, elle est obligée de les vomir. Il y a là simultanément des troubles de la déglutition et un spasme de l’œsophage.

L’attitude de la malade quand elle a les aliments dans la bouche et qu elle ne parvient pas à les avaler fait penser à une paralysie du voile du palais, mais l’examen direct ne permet pas de trouver trace de cette paralysie : le voile du palais se relève très bien, la

i.rcs tics

malade peut parler ou même chanter sans avoir aucunement l'articulation nasonnée, les réflexes du pharynx sont absolument normaux. Seul, le spasme de l’œsophage peut être constaté assez nettement, la sonde que nous enfonçons rencontre une petite résistance qui cède d’ailleurs assez vite avant de pénétrer jusqu’à l’estomac.

11 est bien probable qu’il ne s’agit que de tics et de spasmes névropathiques. D’autre part, nous ne retrouvons nulle part d'anesthésie appréciable, la malade n’a jamais eu aucun accident qui éveille la pensée de l’hystérie et nous restons dans le domaine des accidents psychasthéniques. D’ailleurs, Ev... appartient à une famille où l’on compte des alcooliques et des aliénés, elle a déjà eu dans sa jeunesse des tics et des phobies.

Ces troubles de la déglutition ont commencé il y a dix-huit mois, la malade venait d’avoir eu six mois auparavant une fièvre typhoïde grave, elle fut atteinte d’une sorte de grippe avec coryza et mal de la gorge et c’est quinze jours après cette dernière maladie que les spasmes ont commencé. Notre première pensée a été que cette malade avait eu des accidents diphtéritiques qui avaient laissé à leur suite une névrite. Mais il n v a jamais ni de véritable paralysie du voile du palais, ni aucun trouble du mouvement des yeux. 11 est plus probable que cette personne, déjà prédisposée à l’hypocondrie, a eu à l’occasion d’un mal de gorge banal des accidents névropathiques.

L’effet des divers traitements semble le confirmer, les traitements électriques n’ont eu aucun résultat. Mais un médecin a essayé de l’hypuotiser, il n’y est pas parvenu complètement, il a pu seulement lui donner confiance et la rassurer. Pendant tout le temps qu’a duré ce traitement hypnotique, chez ce médecin d’abord et ensuite même chez elle, Ev... a pu manger parfaitement. Elle s’est, crue guérie, mais dès qu’elle a quitté son hypnotiseur tout a recommencé. Il est probable que nous pourrons de même la rassurer et la guérir au moins pour quelque temps.

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