‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 10 sur 352 · L'OBSESSION ET L'IMPULSION DU CRIME · texte numérisé non relu

L'OBSESSION ET L'IMPULSION DU CRIME

a une impulsion plus curieuse, elle se préoccupe non pas de ses actes à elle, mais de ceux des autres, elle est poussée à changer la conduite de son mari et en particulier a le faire confesser sans cesse pour la moindre des choses ; elle a une grande crise d’angoisse parce qu’il a fumé une cigarette avant de communier avec elle et qu’il ne veut pas aller se confesser tout de suite.

Malheureusement les impulsions sont rarement de ce genre. Dans la grande majorité des cas ce sont des impulsions à accomplir des actions mauvaises, criminelles. Les obsessions du crime se présentent ainsi sous la forme d’une tendance, d’une impulsion à commettre ces crimes.

Za... n’a pas seulement des obsessions sacrilèges qui le poussent, comme il dit, à « accomplir tous les péchés théologiques », il a des impulsions à des crimes plus terre à terre, par exemple à violer une femme sur un banc et à l’assassiner. Mb... ( 1 36), femme de 57 ans, est poursuivie par la tentation de frapper les gens avec un long couteau pointu « qui crève les yeux, qui entre bien ». Ger... est poussée à couper la tête de sa petite fille, et à la mettre dans l’eau bouillante. D’ailleurs on ne peut compter les scrupuleux qui ont des impulsions à frapper des gens et surtout à frapper leurs enfants à coups de couteaux. Dans une conférence que je faisais récemment à la Salpêtrière sur ces malades, j’avais pu réunir cinq mères de famille, répétant toutes en pleurant exactement la même chose : que quelque chose les poussait à frapper leurs petits enfants avec un couteau pointu. On ne peut énumérer tous ces malades, il suffit d’en citer quelques-uns, Lise, Yod... (2o3), Wks... (197), Brk... (24), Vi..., Ger..., etc., veulent aussi frapper leurs enfants. Qes... veut se jeter sur sa mère, l’étrangler et se suicider après.

Ces obsessions impulsives qui semblent pousser les malades à l’homicide sont parmi les plus fréquentes et les plus connues. Sehopenhauer rapportait déjà un cas d’impulsion à l’homicide chez un malade qui avait conscience de l’absurdité d’une semblable idée et s’en désolait1. Maudsley en rapporte plusieurs exemples, Magnan, Saury en décrivent de nombreux exemples. Dans une observation de M. Magnan, le malade veut simplement mordre et manger la peau qu’il aura arrachée2. On peut donc

Page 1