Id., ibid. , 5o
3. Raymond et Pierre Janet, Névroses et Idées fixes, II, p. 62.
LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES
palpant l’oreille. Quand je nie peigne je ne sens pas mes cheveux, ni mes mains quand je me lave, ni mes lèvres quand j embrasse. Que c’est malheureux d’être vivante et de ne pas pouvoir voir les siens quand ils sont là. Je ne vois pas du tout comme a\ant, je n’entends pas comme avant, il me semble ne pas entendre le bruit de mes pas, cela me gêne pour marcher, je ne me rappelle plus rien, je ne sais plus rien, je -n’ai plus aucune émotion... » En réalité on ne constate aucune diminution appréciable d aucune sensibilité, elle semble avoir des souvenirs précis quand on 1 interroge et elle parait éprouver les émotions normales'.
MM. Pitres etRégis, en rapportant les observations deM. Séglas, font observer que dans ces cas la conscience n est point troublée d’une manière complète. « Si on entend le mot conscience au point de vue clinique en tant que perception exacte des phénomènes psychiques éprouvés, il est évident que saul de très rares exceptions la conscience est conservée dans 1 obsession ; si les malades constatent ce dédoublement, s ils 1 analysent si correctement et si finement, c’est qu’ils ont conscience1 2. » Ces auteurs rappellent seulement ici ce lait important que 1 appréciation intellectuelle des obsessions est conservée, que le délire de 1 obsédé est incomplet et ne détermine ni conviction, ni impulsion complète. Mais la conservation de 1 intelligence proprement dite, comme faculté de critique et de jugement n’empêche aucunement l’altération d’autres phénomènes psychologiques qui entrent dans la conscience personnelle. Si ces observations de M. Séglas et toutes les autres semblables, car je les crois très nombreuses, ne nous montrent pas un trouble du jugement critique mais simplement un trouble de la conscience personnelle elles n en sont pas moins très importantes pour l’interprétation des obsessions ellesmêmes.
MM. Pitres et Régis font observer ensuite que ces observations sur le sentiment de dédoublement de la personnalité ne se rapportent pas à notre étude actuelle sur le groupe très homogène des psychasthéniques, sur la maladie des obsessions. «Ces faits, disent-ils, forment une catégorie spéciale appartenant à 1 automa-
1. Bernard-Leroy, Dépersonnalisation. Comptes rendus du congres de psychologie de iqoo, p. 48a.