Pitres et Régis, op. cil., p
2. Bérillon, Société de médecine et de chirurgie pratiques, 8 juin 1903.
3. A. Voisin, Dritler inter nalionaler Congress fur Psychologie in München, 1897, p- 080, et Emploi de la suggestion hypnotique dans certaines formes d'aliénation menlale, 1897.
LES STIGMATES PSYCHASTHEMQÜES
déterminés j’ai cependant essayé de pousser le plus loin possible les expériences de suggestion.
C’est encore chez Lise que j’ai obtenu les résultats les plus intéressants. J’ai essayé de déterminer les phénomènes de suggestion les plus simples, les attitudes et les mouvements par suggestion et je lui ai suggéré que son poing se fermait bien fort et qu’elle ne pouvait plus l’ouvrir. A la 1 3e séance seulement cette suggestion a eu un résultat qui semblait assez net, le poing se fermait et paraissait contracturé. Depuis ce moment les suggestions de mouvement ont semblé avoir quelques succès. On peut actuellement déterminer quelques mouvements du bras, de la jambe qui se lèvent en l’air ou suivent ma main comme s’ils étaient attirés par elle. Depuis la 2<Se séance quelques suggestions peuvent même s’exécuter après le sommeil. La malade prend un papier et le déchire comme je l’avais commandé pendant le sommeil; elle prétend ne pas faire d’effort volontaire pour accomplir cette acte; il semble même que les actes suggérés s’accomplissent mieux si Lise n’y fait pas attention.
Malgré ces résultats en apparence positifs il y a deux remarques à faire sur ces actes : 1 0 II n’v a jamais eu oubli de la suggestion après leur exécution. 2° L’impulsion n a jamais été assez forte pour vaincre la volonté de la malade, les mouvements s’accomplissent bien d’une façon en apparence automatique sans efforts volontaires, mais à la condition que Lise le permette, les laisse faire en pensant à autre chose : dès qu’elle veut s’y opposer elle les supprime toujours d’une façon définitive. Ces remarques sont particulièrement nettes à propos des contractures. Celles-ci à un moment semblaient très développées chez Lise et envahissaient tous les membres : on pouvait pendant le sommeil la raidir entièrement. Mais il fallait toujours que la malade s’v prêtât, si elle s'avisait de chercher à détruire ces contractures ou si je lui demandais de chercher à les défaire, elle reprenait presque immédiatement la libre disposition de ses mouvements quelquefois après une sorte de lutte.
11 faut aussi remarquer que jamais les suggestions n’ont pu être développées au delà de cette forme tout élémentaire, jamais je n’ai pu obtenir par suggestion des actes plus complexes, jamais surtout je n’ai pu faire naître de rêves, ni d’hallucinations. Lise pense bien à une rose quand je lui dis d’y penser, il y a pendant quelque temps une certaine fixité de l ' idée et d’une image un peu
LES TROUBLES DE LA VOLONTÉ
rudimentaire. Dans les circonstances les plus favorables elle croit y rêver, mais il n’y a pas d’illusion et jamais elle ne voit le rose en dehors d’elle-même. 11 est également impossible, même à la 56e séance, de déterminer de l’anesthésie véritable : elle prétend sentir un peu moins la piqûre, mais elle la sent tout de même et ne laisse pas enfoncer l’épingle plus profondément.
Les mêmes résultats de la suggestion se retrouvent chez quelques autres sujets avec cette différence que les phénomènes de suggestion sont chez eux en général beaucoup moins accentués, quelques mouvements automatiques suggérés chez Ger..., chez We..., chez Claire et c’est tout. Les autres malades obsédés, liqueurs, phobiques, quand ils sont bien des psychasthéniques et non des hystériques ne sont suggestibles en aucune manière.
Il était intéressant de mettre en évidence par des expériences nombreuses suffisamment prolongées le peu d’importance des mouvements subconscients, du sommeil hypnotique, des suggestions chez les psychasthéniques. Ce caractère quoique simplement négatif me semble avoir une certaine importance dans l’interprétation de leur état mental.