‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 159 sur 352 · Les troubles de la volonté · texte numérisé non relu

Les troubles de la volonté

Si l’on ne constate pas chez les scrupuleux les troubles précis et assez spéciaux qui caractérisent les hystériques, il ne faut pas en conclure que tous leurs sentiments d’incomplétude soient erronés et qu’ils n’aient pas des troubles fondamentaux antérieurs à leurs propres sentiments et surtout à leurs idées fixes. Ces troubles se trouvent surtout dans l’activité volontaire qui est profondément troublée chez ces malades bien avant que l’on constate leur maladie et dans beaucoup de cas, si je ne me trompe, depuis l’enfance. La description détaillée de ces troubles de la volonté serait interminables, je l’ai déjà faite si souvent dans mes autres travaux que je crois pouvoir me borner ici à une énumération rapide des principaux symptômes par ordre de gravité croissante.

i. — L’indolence.

Presque toutes ces personnes présentent quelquefois depuis

LUS STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES

leur première enfance un caractère bien reconnaissable : ce sont des mous, des indolents, des paresseux. Avec des termes variables, les familles et les malades eux-mêmes décrivent toujours ce même caractère « quelle enfant molle, disait-on de T r..., on dirait qu'il faut la battre aussi bien pour la faire jouer que pour la faire travailler. » Claire a toujours été, sans doute, une bonne enfant, elle prétend qu’elle était plus active autrefois et que maintenant les actes sont supprimés par les idées maladives; mais ce n est pas tout à fait exact, elle a toujours été paresseuse, elle a toujours eu le dégoût du travail « elle se souvient qu’étant jeune elle avait déjà besoin de s’exciter au travail par des menaces ou des promesses qu’elle se faisait à elle-même». Notons que c’est une jeune fille qui n’a jamais eu la manie du serment et que cependant le travail ne se faisait chez elle que par des excitations du même genre.

Sera-t-on étonné d’apprendre que Jean a toujours été « endormi, apathique, indolent, sans énergie ». Quoique doué d’une intelligence plutôt supérieure à la moyenne il n’est jamais arrivé à rien, même dans son collège. Cette paresse est donc fondamentale, bien antérieure aux manies et aux obsessions, on la retrouve chez tous les malades, sinon pendant toute la vie comme chez les précédents, au moins pendant toutes les périodes maladives.

Page 1