L’obsession et l’impulsion de la honte du corps
Cette idée du mépris de soi-même, cette obsession du mécontentement personnel porte bien souvent encore sur la personne physique , sur le corps. Les malades chez qui l’on rencontre ce mécontentement de leur corps sont fort nombreux, ils forment un groupe singulier dont on ne pourrait pas soupçonner l’importance avant de les avoir fréquentés. On pourrait les appeler tous des « honteux de leur corps ». Les plus complets ont une obsession relative à leur corps tout entier, à toutes ses parties et par conséquent leur obsession générale se subdivise en une foule de petits délires particuliers. Les autres vont moins loin dans la même voie et leur obsession de honte ne porte pas sur tout l’organisme» mais elle se systématise sur telle ou telle partie, telle ou telle fonction dont ils sont particulièrement honteux. J’insisterai d’abord sur un cas remarquable qui donne une idée d’ensemble du premier groupe, puis je choisirai quelques exemples particuliers qui montrent la honte portant sur telle ou telle fonction.
Une observation curieuse qu’il est malheureusement impossible de présenter complètement sans entrer dans d’innombrables détails, est celle de Nadia (i 66), une jeune fille de 27 ans, que je