‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 24 sur 352 · I.ES IDÉES OBSÉDANTES HT IMI'UI.SIVKS · texte numérisé non relu

I.ES IDÉES OBSÉDANTES HT IMI'UI.SIVKS

chez elle, mais elle continue encore à manger, tout en disant qu’elle n’en sent plus le besoin: « car elle est bien assez forte sans cela. » Puis deux jours après elle est dégoûtée d’une alimentation « inutile » et elle commence à refuser de manger.

On approche davantage de la vérité en disant que l’anesthésie musculaire et surtout l’anesthésie ii la fatigue joue un rôle dans ce mouvement perpétuel. Je crois qu’il faut aller plus loin et dire que dans ce sentiment d’euphorie il y a une excitation véritable en rapport avec des émotions d’un mécanisme particulier; si l'on préfère le langage anatomique, il y a une véritable excitation des centres moteurs corticaux. Cette excitation nous semble jouer un rôle très considérable dans la perte du sentiment de la faim, peut-être plus considérable que celui de l’anesthésie de l’estomac, car la faim, avant d’être le sentiment de la mise en jeu des divers réflexes de la nutrition, est un sentiment général lié à limpression de faiblesse et d’épuisement. Quoi qu’il en soit, il ne suffit pas qu’une jeune fille refuse de manger, ni même qu elle ait visiblement la crainte d’engraisser pour qu’on puisse appeler son état une anorexie hystérique. 11 faut encore, outre les divers svmptômes d’hystérie que l’on pourra constater, qu’il y ait une diminution considérable du sentiment de la faim et une exagération des mouvements. En était-il ainsi chez cette malade, Nadia, à laquelle je reviens ?

Cette malade examinée avec le plus grand soin et à bien des reprises n’a jamais présenté le plus petit signe d’hystérie. Elle n a aucune diminution de la sensibilité, pas plus à la région épigastrique que sur le reste du corps. Dans son histoire on relève des colères épouvantables, mais que l’on qualifie bien gratuitement d’attaques cl’hystérie. Ce qui est plus important, c’est qu elle n’a point du tout de véritable anorexie. Elle a parfaitement conserve le sentiment de la faim. Souvent, il est vrai, dans les derniers temps de la maladie, la faim est masquée, parce qu’il y a des troubles de l’estomac inévitables après des années de ce régime : mais en général Nadia a faim, elle a même très faim. On le constate d’abord par ses actions : de temps en temps elle s'oublie jusqu’à dévorer gloutonnement tout ce qu elle rencontre. Dans d’autres cas, .elle ne peut résister au besoin de manger quelque chose, et elle prend des biscuits en cachette. Elle a des remords horribles de cette action, mais elle la recommence tout de même. On le constate mieux encore par ses confidences bien curieuses. Elle

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