‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 241 sur 352 · Influence du changement · texte numérisé non relu

Influence du changement

Si nous passons maintenant au point de vue moral, nous devons signaler le bon effet des changements : Claire va mieux quand elle rentre chez elle après une absence. « J’ai été mieux en arrivant, plus heureuse, plus gaie, et moins tourmentée, comme la dernière lois, je voyais les choses plus nettement, tout me semblait plus facile, moins compliqué. Je me suis moins aperçue de 1 engourdissement que j’ai d’ordinaire ; il était un peu passé, j’ai été certainement plus active, plus énergique. Je le suis encore, mais cela diminue et il m’arrive de nouveau de rêver, je n’ai été bien que quelque jours. Ce qui m’ennuie c’est que j’ai de nouveau des images (ses pseudo-hallucinations sacrilèges). Elles s’étaient calmées au commencement, à mon retour; elles reviennent maintenant davantage... » Lise fait les mêmes remarques : « je suis mieux pendant quelques j ou rs quand je retourne à la campagne ; quand je change de séjour, cela me fait remonter de voir

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des endroits ou des personnes que je n’ai pas vus depuis longtemps. » On peut répéter cette observation sur Vi... et sur la plupart des malades : « il me faut, dit Gisèle, 1 inédit, le sortant de l’ordinaire pour respirer un peu. »

Indépendamment du changement certains milieux sont plus favorables aux malades. Je croyais à une opinion individuelle peu justifiée, quand Jean me répétait qu il avait besoin de vivre a Paris et qu’il était, beaucoup plus malade et malheureux en province et surtout à la campagne. Cette opinion me paraissait bizarre dans la bouche d’un individu phobique qui a peur des lemmes, peur de la foule,. peur des voitures. Mais j ai remarqué que la même affirmation m a été laite d une manière tout a fait indépendante par Za..., par On..., par Lise et par plusieurs autres et j’observe qu’ils ont raison. Paris leur donne, il est vrai, plus d occasion de phobies et, si leur maladie n était que de 1 émotivité, ils devraient le fuir. Mais Paris leur donne en même temps des occupations, des distractions, en un mot des excitations. « Cela me fouette, me fait vivre, me fait marcher plus vite. » Et comme leur émotivité est, si je ne me trompe, la conséquence de leur engourdissement, ils sont, quoique ce soit paradoxal, moins émotifs à Paris. Jean a plus peur des iemmes dans sa campagne isolée que sur les boulevards.

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