Influence du mouvement et de l'effort
En dehors des circonstances extérieures il y a évidemment des actions, des modifications morales du sujet qui ont une influence favorable, par exemple le mouvement, 1 agitation physique est plutôt une bonne chose. Lise remarque très bien que le mouvement diminue ses idées et que 1 immobilité est dangereuse. Il est vrai que le mouvement lui devient de plus en plus pénible, quand les idées l’envahissent et dans les eris.es graves de rumination elle esl réduite il 1111e immobilité complète ; mais elle peut arrêter une crise si elle se lève, si elle sort assez, a temps. Aussi 11c laut-il pas dire que les crises d efforts de Claire soient complètement maladives ; actuellement ces agitations sont devenues tout a fait absurdes et sont le résultat <1 une manie, mais au début la malade sentait une amélioration après ces séances de contorsions « je me vovais mieux, je me rendais mieux compte
INFLUENCES QUI DÉTERMINENT L’ÉLÉVATION DU NIVEAU MENTAL Ml
de mon engourdissement, c’était bon signe ». Après des séances véritablement convulsives qu’on peut exciter chez elle, en dirigeant ses efforts elle est comme transformée, elle sort et elle agit le reste de la journée sans hésitation. Il en est de même chez les malades atteints de dromomanie ou de Indomanie et qui sont poussés a marcher indéfiniment ou à abuser d’un sport quelconque. Comme je l'ai montré, ces exercices ont été des remèdes pour leur dépression et ces malades se sentaient remontés après avoir marché ou canoté et c’est précisément ii cause du .bien-être qu ils déterminaient, que ces marches et ces sports sont devenus 1 objet cl un désir passionné comme l’alcool ou la wnorphine 1 .
11 en résulte que les malades réclament eux-mêmes certains genres de traitement bizarre. Quand j’avais essayé d’hypnotiser Lise, je lui avais suggéré des contractures, pour vérifier son état. J’ai remarqué bien souvent que les contractures présentées par elle n’avaient rien de réel et ne ressemblaient pas aux contractures hystériques provoquées dans les mêmes conditions : le sujet restait toujours maître de défaire ses contratures quand il le voulait et en somme il ne maintenait la position du bras ou de la jambe que par bonne volonté, par désir d’obéir et de faire réussir un traitement. J’étais donc disposé à considérer ces contractures comme insignifiantes, je fus surpris de voir que la malade les réclamait et disait s’en trouver fort bien : il lui fallait des contractures de plus en plus fortes, de plus en plus générales. En somme, comme je suis convaincu qu’il n’y avait là presque rien de suggestif, c’était elle qui par des efforts volontaires, inouïs, se raidissait tout le corps dans des positions bizarres. Elle était couverte de sueur et visiblement fatiguée de maintenir ainsi des attitudes pénibles : après de pareils travaux qui n’avaient pourtant aucun rapport à ses scrupules, elle se sentait beaucoup mieux, l’esprit plus unifié, elle'avait une meilleure notion de sa personnalité et avait la tête beaucoup moins encombrée. Elle conserve le sentiment que ses spasmes ne vont jamais jusqu’au bout, ce qui est vrai d’ailleurs, mais que l’effort pour les former relève et transforme son esprit. On peut répéter l’observation sur Claire, et on obtient les mêmes résultats.
i. On llie patfiogenesis of somc impulsions. Journal of abnormal psvcliology de Morton Prince, rçjoü, p. i.
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