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gland chez Jean, la terreur des odeurs génitales chez Wv..., la phobie des femmes, etc., tout ce groupe de phénomènes a le même point de départ. Si l’acte s’accomplit tant bien que mal, il ne va pas jusqu’il son ternie psychologique, le sujet en gémit cl nous avons toutes les manies de perfection par rapport au coït qui troublent tant de femmes, et qui amènent même des idées de persécution contre le mari. Il y a dans tous ces laits une spécialisation très naturelle de la psychasthénie.
Si nous passons à un autre groupe nous allons retrouver les mêmes remarques à propos d’actions toutes différentes, des actions professionnelles, en y comprenant bien entendu les attentions et les sentiments qu’exige la profession. Il y a encore il ce point de vue un préjugé formé par l’opinion commune des gens bien portants, c’est que la profession est la partie banale, habituelle, facile de la vie et que la volonté se dépense bien plus en dehors ; cela n’est juste que dans les cas exceptionnels. L’homme du commun dépense les neuf dixièmes de sa force dans sa profession. Quand il est en dehors, il ne fait plus aucune espèce d'effort et il est curieux de remarquer comment il n’apprend plus rien, ne cherche plus rien, comme il répète les mêmes plaisanteries banales en se laissant aller visiblement à un véritable automatisme, dès qu’il a cessé le travail exigé par son métier. C’est dans sa profession au contraire qu’il est actif, attentif, qu’il a des émotions justes, qu’il lutte contre les concurrents, qu il s’adapte au présent. Il en résulte que dans tous les affaiblissements de l'esprit c'est l’acte professionnel qui est le plus. difficile pour la plupart des hommes et c’est celui qui disparait le premier. Nous avons vu bien des aboulies professionnelles, amener par dérivation des phobies professionnelles, aboulie de la coulure etpeur desciseaux chez Nem... couturière, aboulie du métier et peur du rasoirchezPt..., barbier, aboulie du métier et phobie du télégraphe chez I.eh..., employé des postes. C’est aussi dans le métier que nous avons vu les manies mentales en quelque sortes professionnelles, l’aboulie du métier et la manie de l’oscillation ehezTr... qui fabrique des fleurs en porcelaine, l’incapacité de tenir des comptes et la manie de l’hésitation pour rendre de l’argent chez Rob,... caissière ; c’est là qu’on a vu également des tics comme dérivation de 1 aboulie professionnelle. Le plus important de tous est la crampe des écrivains :Cr..., homme de 44 ans, « est dégoûté de
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travailler au bureau, il voudrait être riche pour ne rien faire. » Si, par-dessus le marché, il a un ennui au bureau, il ne peut plus du tout écrire. An..., femme de 35 ans, n’a plus le courage de se mettre a ses copies, « ce travail lui paraît ridicule et honteux » : c est I insuffisance et le sentiment d’incomplétude. Elle s’aperçoit qu elle ne peut plus tenir sa plume et qu’elle a des crampes dans la main : c est la dérivation sous forme motrice. Ajoutons chez Eov... des phénomènes de timidité, car il peut écrire quand il est seul et non quand il est à la caisse, devant le public, et nous verrons comment la profession est dans bien des cas la raison d’être de celte spécialisation des insuffisances, simplement parce que c est elle qui demande le plus de tension psychologique vers la réalité.
Aux phénomènes du groupe précédent que l’on peut d’ailleurs facilement augmenter, il faut joindre des actes, des attentions et des sentiments tout a fait différents. Leur difficulté n’est pas naturelle, elle 11e résulte pas d’une complexité fondamentale des choses ; mais leur difficulté est en quelque sorte artificielle, elle résulte du sujet lui-même et de la façon dont il veut que cet acte soit opéré. Nous pouvons, en effet, comme je l’ai dit, accomplir les actions de diverses manières, soit d’une façon élémentaire sous la forme des actions désintéressées et par conséquent avec peu de tension, soit en faisant un effort pour les mener à la perfection psychologique, à la fonction du réel, et par suite avec une haute tension. Une opération qui est très facile, accomplie de la première manière peul devenir extrêmement difficile, si nous voulons absolument la faire de la seconde. Un enfant récite ses prières sans aucune difficulté, il se peut même qu’en raison de I éducation, il y joigne un certain sentiment religieux, sans le chercher d’ailleurs; mais se représente-t-on combien cette prière deviendrait difficile s il voulait I accomplir avec un sentiment de loi complète, une conviction à la fois raisonnée et sentimentale de 1 existence de Dieu, de sa providence, etc.? Ce serait toute une philosophie, toute une religion, qu’il faudrait condenser dans son esprit en quelques instants.
S il en est ainsi, on comprend que la spécialisation de l’insuf fisanee psychologique pourra se faire d une manière en quelque sorte artificielle, si pour une raison quelconque le sujet faible est amené à vouloir transformer un certain acte qui se faisait facile-
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ment d’une manière élémentaire et a vouloir le faire avec le maximum de perfection psychologique. Cela va arriver quand h mij< t va être convaincu de l’importance exceptionnelle de cet acte. Comment se fait-il que les trois quarte ""s "tala.h - aient débuté par une crise de scrupule religieux au moment de la première communion? Qu’il y ait ii ce moment un affaiblissement de l’organisme par la puberté, c’est possible; mais pourquoi l’aboulie ne se manifeste-t-elle si souvent que par I impuissance a accomplir les actes religieux. ? Pourquoi ces enfants continuent-ils à pouvoir travailler, lire, apprendre, d’une manière à peu près convenable, quand ils prétendent ne plus être capables de suivre la messe ou de dire une prière? C’est qu'en réalité ils ont toujours très peu d’attention, que, s’ils voulaient bien le remarquer, ils n’arrivent ni à la conviction, ni au sentiment du réel dans aucune opération. Mais cela leur est indifférent, ils ne remarquent même pas que leur perception est troublée, parce qu ds se contentent du souvenir des anciens sentiments de réalité qu ils avaient eus autrefois ; ils ne cherchent le sentiment actuel de confiance, de foi, de réalité que dans les actes religieux, parce que toute leur éducation, à ce moment-la, les a conduits a n accorder d’importance qu’à ces actes. 11 en résulte qu il> cherchent au moment de la prière et à ce moment seulement une tension psychologique qu'ils ne peuvent pas a\oii.
il va en être ainsi toutes les fois que pour une raison quelconque l’attention du sujet sera attirée vers un certain acte, et qu il cherchera dans cet acte une perfection psychologique qu il ne cherche pas dans les autres. Wo..., après avoir eu des scrupules à propos de ses prières, présente des crises de psycholepsie à propos des comptes de ménage. Ces comptes sont d ailleurs la terreur de bien des femmes (Kl..., Xyb..., etc.). C’est parce que « elle croit de son devoir de faire au moins cela de sérieux dans son ménage, quelle craint par sa distraction maladive de faire du tort aux pauvres fournisseurs », c’est à cause de cette attention qu elle a des crises de quarante-huit heures parce quelle a peur d avoir volé, deux sous au Bon Marché. Elle n’arrive pas à la certitude dans les additions qui ont rapport à son ménage, pas plus qu clic n’arrivait à la conviction dans les prières.
Une foule de mères de famille ont des phobies et des doutes relatifs à leurs enfants. Elles peuvent tout faire sauf de les soio-ner correctement, c’est à ce moment quelles sc sentent insulh-
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santés et qu elles ont des dérivations. C’est que pour une jeune mère I acte de soigner un petit enfant ne se présente pas comme une opération simple, elle y joint toutes sortes de préoccupations imaginaires, de rêves d’avenir, de dangers possibles, de responsabilités, etc. L acte n’est pas simplement le fait de baigner un cillant, c est un acte qui devient complexe comme les actes sociaux par toutes les idées accessoires qu i I faut coordonner avec lui. Il en résulte qu il devient extrêmement difficile, le plus difficile au milieu de la vie simple de ces femmes, et c’est lui seul qui manifeste leur faiblesse. Celte insuffisance spécialisée amène comme dérivation des troubles émotionnels, et I on dira trop souvent que I acte est difficile parce que ces femmes s’émotionnent. C’est le renversement des termes : pourquoi s’émotionneraient-elles ainsi sans raison toujours à propos du même acte, s’il n’y avait pas une inpuissance fondamentale pour un acte devenu difficile qui détermine cette dérivation.
On comprend que toutes sortes de circonstances puissent ainsi attirer I attention sur certaines parties du corps, sur certaines fonctions du corps ou sur certaines opérations mentales. Chez un psychasthénique avec diminution générale de toutes les fonctions, une douleur quelconque va attirer I attention sur un organe ou sur une fonction. Immédiatement cette fonction deviendra plus difficile, cessera de pouvoir se faire, et ainsi se précisera à ce moment cette angoisse qui était flottante. Un peu de pyrosis sera le point de départ des algies de l’estomac, une douleur intestinale des algies du ventre, îles phobies de la défécation. Les hémorroïdes jouent un rôle capital dans les algies de l'anus. La pharyngite chronique fait naître la phobie du langage chez Bq...: une broncho-pneumonie donne les phobies de la respiration, une migraine les algies de la tête, le fait d’avaler de travers ou simplement de voir avaler de travers va amener peu à peu les phobies de déglutition. Combien de tics de la bouche sont dus uniquement à une mauvaise dentition, et combien de phobies vésicales et urétrales sont en rapport avec une malheureuse blennorrhagie.
Des circonstances extérieures peuvent jouer le même rôle, Mv... a la phobie d’être aveugle parce qu’elle a vu jouer un musicien aveugle, Ot... prend la terreur des petits bruits parce qu’il a entendu sa belle-mère croquer des dragées.
Il ne faut pas oublier que ces malades, par le fait de leurinsuf-
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lisance, oui déjà un état mental spécial, et qu ils ont, comme on le verra, des manies mentales qui ne sont que la systématisation de l’agitation de leur esprit. Ces manies mentales les poussent à donner une attention excessive à certaines choses et vont contribuer à leur tour à spécialiser les actes, les croyances et les sentiments qui sont le point de départ des crises. On ne peut guère expliquer autrement le fait si général de la micromanie. Chez un grand nombre de ces malades ce ne sont pas les grandes choses et les graves actions qui déterminent des crises, ce sont les petits objets, les actes insignifiants, les petites taches de graisse, les bouts d’allumettes, les petits mots passés dans une prière, les petites distractions à table. Celte spécialisation de l'insuffisance à propos des petites choses me parait tenir à deux raisons. C est d’abord que les circonstances graves sont chez eux excitantes et relèvent leur niveau mental, tandis que les petites les laissent dans la dépression. C’est aussi que leur manie de la précision les pousse à attacher de l’importance à toutes ces petites actions, à chercher à leur propos une perfection et une certitude qu ils sont incapables d’atteindre. C’est pour la même raison que les chiffres exercent une attraction sur eux, ils espèrent y trouver une certitude qu’ils n’ont pas ailleurs, et leurs efforts à ce propos n’amènent que des crises nouvelles. Il ne faut pas oublier leur manie d’association sur laquelle j’ai tant insisté, ils cherchent perpétuellement les phénomènes qui peuvent se rattacher à leur préoccupation et ainsi ils rendent ces nouveaux phénomènes plus difficiles.
Toutes ces études nous montrent donc que 1 aboulie, le défaut de croyance, la fatigue de 1 attention, ne sont générales qu en théorie; en pratique elles se manifestent davantage pour les opérations qui sont naturellement ou artificiellement les plus difficiles. .11 en résulte que les insuffisances psychologiques se spécialisent à ces phénomènes et amènent uniquement a la suite de ces actions déterminées tous les accidents qui ont été considérés comme des dérivations.