Iïartenberg, Névrose d'angoisse, 1901, p
LES CONDITIONS PHYSIQUES DETERMINANTES
semble incontestable : même si je me borne à considérer les malades qui présentent uniquement de l’angoisse, pour ne pas sortir du groupe étudié par M. Freud, je ne vois pas que les circonstances extérieures aient toujours déterminé chez eux cette insuffisance du coït au moment de leurs rechutes. Bien loin de là, j'ai eu des aveux significatifs, me démontrant qu’ils avaient à leur disposition les moyens d’une satisfaction largement suffisante.
Si j’admets les faits signalés par M. Freud et M. Tournier, je suis disposé à les interpréter d’une tout autre façon. Même dans la masturbation, même dans le coït réservé, et à plus forte raison dans le coït normal, ces personnes pourraient trouver une satisfaction suffisante si elles étaient normales. Mais elle ne le sont pas et ces insuffisances de l’émotion sexuelle ne sont qu’une manifestation, un cas particulier de leurs insuffisances psychologiques. C’est parce qu’elles deviennent de plus en plus incapables de pousser un phénomène psychologique jusqu’à son terme qu’elles s’arrêtent à moitié chemin dans cette émotion comme dans les autres.
Il se pourrait même que, du moins dans certains cas, l’onanisme lui-même, avec son isolement, ses restrictions, soit en rapport avec les premières manifestations de la maladie. « Il ne faut pas oublier, comme Lasègue aimait à le rappeler, que l’onanisme est souvent le symptôme d’un état morbide, d’une névrose cérébrale. Souvent la folie n’est pas consécutive à l’onanisme, mais il existait un état cérébral qui a engendré l’onanisme1. » Il n’en est pas moins vrai que dans quelques cas les pratiques signalées par M. Freud peuvent favoriser cet arrêt des émotions, développer l’habitude des phénomènes d’incomplétude et par conséquent être fort nuisibles.
En un mot, je ne crois pas qu’il y ait lieu de faire jouer dans cette maladie un rôle spécial aux phénomènes sexuels. Il suffit d’admettre avec M. Mario, MM. Pitres et Régis, M. Ilaskovec, que tous les troubles de la sphère génitale, puberté, âge critique, menstruation, lactation, onanisme, ont une influence déprimante dans celte maladie comme d’ailleurs dans toutes les névroses2. L’épuisement déterminé par ces troubles génitaux s’ajoute siin-