Legrand du Saulle, Folie du doute, p
60ft
L’ÉVOLUTION
brc de cas, clisait-il, les malades débutent par une phase <1 angoisse vague». M. Dallemagne ajoutait que lorsqu’ils guérissent, ils reviennent également à celte phase d’angoisse diffuse. Uette remarque me paraît devenir plus juste si on remplace le mot « angoisse » par le terme « insuffisance psychologique », elle correspond à cette évolution que j’ai signalée au début chez cei tains malades dont l’évolution est lente : ils présentent une phase d’insuffisance psychologique avant les ruminations et les phobies et quand ils guérissent, ils terminent également par une période psychasthéniques analogue a celle du début.
Nous avons déjà signalé la remarque de MM. Pitres et Régis, sur l’intellectualisation progressive de ces troubles, cela revient a dire que le malade interprète peu à peu ce qu il ressent et que les véritables obsessions intellectuelles sont tardives, mais cette observation ne s’applique qu’aux formes modérées de la maladie, nos grands malades étaient déjà parvenus à 1 obsession du seiupule vers 12 ou i3 ans.
Une loi signalée par MM. Raymond et Arnaud est encoie très importante, c’est la généralisation progressive de la maladie. « Un nombre d’idées toujours plus grand entre successivement dans la sphère du doute, 1 incertitude et 1 hésitation deviennent la caractéristique de toutes les réactions intellectuelles'. » Cette loi est très vraie et très importante; au début l’insuffisance psychologique, le trouble de la lonction du réel, l’aboulie, le doute n’atteignaient que (les phénomènes particulièrement difficiles, ces troubles s’étendent graduellement jusqu’aux actes et aux pensées les plus élémentaires. Leg..., a -'■> ans, a des phobies du poison à propos de la cuisine qu elle doit faire, c’est un phénomène de dérivation a propos d un tia\ail, d’un acte volontaire professionnel comme nous lavons mi bien souvent; ii 45 ans, comme elle le dit elle-même, elle voit du poison partout, elle 11c peut plus marcher, toucher un objet, respirer même. Tous ces actes, dès qu ils sont laits avec attention, cessent de s’accomplir correctement et donnent naissance a la rumination sur le poison. Xa... au début ue pouvait toucher des couteaux sans penser à 1 homicide, a 69 ans elle 11c peut plus s’asseoir sur aucune chaise, mettre aucun vêtement sans être assaillie par la même crainte. La multiplicité des associations ca-