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eédentes. En un mot, tous ces phénomènes sont tellement semblables que dans une douzaine d’observations je soutiens que le diagnostic n’était pas possible au début.
Il y a des malades qui au début oscillent visiblement entre le délire de persécution et le délire du scrupule. Ma... (208), femme de 35 ans, a toujours été une scrupuleuse, se reprochant de ne pas travailler suffisamment, craignant de ne pas gagner sa vie. Elle a eu longtemps la manie des serments, des alternatives, des pactes, elle se disait à elle-même « si lu vas aux halles tu seras une vieille putain, si tu vas aux Tuileries tu seras une vieille folle. » Elle va aux halles et se dit à elle-même; « c’est vrai que tu es une vieille garce ». Mais depuis quelque temps le délire de persécution s’accuse, « on l’endort dans sa chambre, on l’hypnotise, on la pousse dans le dos, on lui fait faire des pirouettes. Mais surtout on lui parle à travers le mur: des voix qu’elle croit réelles se mêlent de tout ce qu’elle pense, répètent ses pensées, les tournent en ridicule, cherchent à se moquer d’elle, en lui disant qu’une de ses tantes a i3o ans ou bien l’insultent, l’appellent garce, putain, la menacent de la faire mourir à la Salpêtrière, etc... » Il est évident qu elle évolue lentement avec des oscillations du scrupule à forme obsédante vers la persécution à forme systématique.
Toute l’observation de Ex..., serait des plus curieuses à ce point de vue, c’est avant tout une psychasthénique, avec tous les sentiments d’incomplétude, sentiment d’absence de liberté, d'automatisme, de folie, de la perte de la vie, de dépersonnalisation et en même temps interprétation délirante que tous ses biens lui ont été ravis par des anarchistes dont son mari est le roi, par des initiés qui lui lancent des poudres pour paralvser sa volonté. Elle semble croire ce qu’elle affirme, puisqu’elle a commis une foule d’excentricités qui l’ont fait enfermer ; mais cependant elle ne peut jamais parler des initiés ou des poudres sans se tordre de rire exactement comme Lise quand elle parle du démon.
En un mot, je crois qu’il y a une série de gros problèmes psychologiques à résoudre dans l’étude du persécuté : il faudrait expliquer sa manie d’objectiver, de chercher toujours l’explication en dehors de lui tandis que le scrupuleux cherche le plus souvent cette explication en lui-même, il faudrait examiner le degré de sa conviction qui, si je ne me trompe, n’est pas toujours absolue et. varie énormément suivant les oscillations du niveau
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mental. Il faudrait étudier ses fameuses hallucinations de l’ouïe et expliquer pourquoi il n’est halluciné que de l’ouïe, ce sens du langage, ce sens social qui se trouble plus facilement que les autres chez les individus qui ont précisément de l’aboulie sociale. Si l’on faisait ces études on verrait, je crois, qu’il y a au début infiniment de phénomènes communs entre les psychasthéniques et les paranoïaques et l’on pourrait indiquer avec précision le point où s’effectue la séparation, ce qui aujourd’hui ne peut être lait que d’une manière assez vague.
Quoi qu il en soit, le problème consiste actuellement;! distinguer les états psychasthéniques qui ont une tendance à évoluer vers les délires systématiques et ceux qui sont destinés à se borner aux obsessions. La tendance antérieure du caractère, l’autophilie, l’orgueil, la susceptibilité, le caractère autoritaire montrent une disposition a objectiver les troubles psychologiques, à rendre les autres responsables de tous les phénomènes de l’insuffisance psychologique. En outre on trouve chez ces malades une tendance à systématiser, moins de disposition au doute quand il s’agit de l’interprétation délirante: ces caractères doivent faire craindre que l’état psychasthénique n évolue vers cette variété particulièrement dangereuse qui est le délire systématique de persécution. Les caractères inverses, la douceur, I humilité, la tendance à l’analyse subjective, font plutôt prévoir les obsessions du doute et du scrupule. C est toujours l’analyse psychologique des divers symptômes qui permet de donner quelque précision au diagnostic.
LE DIAGNOSTIC HT LE TRAITEMENT
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DEUXIÈME SECTION