DE PRONOSTIC
Indépendamment du diagnostic différentiel qui nous permet de ranger le malade dans telle ou telle catégorie dont l'évolution est plus ou moins dangereuse, on peut distinguer des formes de la maladie dont le pronostic n’est pas le même.
En général, je crois qu’il faut commencer par reconnaître que cette maladie est grave: il me semble que l’on a souvent 1 habitude, en opposant les obsessions aux délires proprement dits, en se souvenant qu’elles n’aboutissent pas à la démence intellectuelle complète, de répéter que c’est là une maladie mentale bénigne. Ce n’est pas tout à fait mon avis : si l’on songe que presque tous les cas, à moins qu’ils ne soient insignifiants, vont se prolonger de 8 à 12 mois, qu’il y a très souvent, dans les trois quarts des cas des récidives ordinairement plus graves que la première atteinte, qu’un bon nombre, à peu près le dixième des cas, est destiné à passer à la chronicité, si l’on songe que pendant son évolution cette maladie non seulement cause de très grandes souffrances, mais éloigne presque complètement le sujet de la vie normale et l’amène, si elle se prolonge, à une complète incapacité de travail, lui supprime la famille et les relations sociales et le conduit à l'isolement complet, on verra que malgré la conservation delà conscience, c’est une triste maladie de l’esprit. Il est bon de faire cette remarque, non pour la communiquer au malade lui-même, mais pour avertir ses parents, s’il en a de Sensés, et pour rendre sérieux les efforts nécessaires au traitement. On doit aussi chercher à reconnaître les formes dont le pronostic est plus particulièrement sérieux. Un premier caractère joue un r<Me capital, c’est l’hérédité, sur laquelle il est toujours difficile d'avoir des renseignements précis. E’existence d’aliénés dans la famille, surtout de ces aliénés qui sont voisins des psvehasthéniques, des obsédés fin même genre, des mélancoliques, des persécutés, des paranoïaques prend évidem ment une grande importance. Si dans