‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 331 sur 352 · La médication sédative · texte numérisé non relu

La médication sédative

Le traitement médicamenteux n’a pas chez ces malades une grande importance, il me semble cependant exagéré de le supprimer tout à (ait.

LE DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT

Je n’insiste pas sur les médicaments en rapport avec tel ou tel symptôme viscéral, en particulier je n’examine pas ici la médication de l’estomac, elle ne diffère pas chez les psychasthéniques de ce qu’elle est chez les autres dyspeptiques par atonie nerveuse.

Les médicaments plus spécialement en rapport avec la maladie répondent à deux indications: i° calmer l’agitation excessive causée par les phénomènes de dérivation, 2° tonifier un organisme et un système nerveux déprimés.

Quelques malades arrivent dans un état de véritable surexcitation avec des mouvements incoordonnés et des troubles émotifs extrêmes qui rendraient bien difficile toute direction morale. Il me semble nécessaire d’abattre cette excitation, c’est pourquoi, contrairement à l’opinion de quelques auteurs, j'ai cru nécessaire de faire un assez grand usage du bromure. Le rapprochement que j’ai été conduit à faire entre ces états psychasthéniques et l’épilepsie est encore en faveur de ce traitement bromuré. Chez un grand nombre de malades les effets ont été excellents : Lise, On..., Cs..., Mw..., s’améliorent visiblement par l'usage du b romure à très fortes doses. A plus forte raison voit-on les bons effets de ce traitement chez Vil... et chez Fv..., chez Qes... qui ont en même temps que les obsessions de l’épilepsie manifeste. Quelques malades comme Mw et Cs... prennent même une manie du bromure et se figurent qu elles ne peuvent plus s’en passer. Sans doute il y a là une manie du médicament fréquente chez ces sujets, mais il y a aussi un sentiment d’agitation et de malaise plus grand par sa suppression. .Te m’en suis convaincu par quelques expériences sur Cs... : J'ai fait changer les doses dans sa potion à son insu, en cherchant à dissimuler le goût de manière qu’elle ne put que difficilement s’en apercevoir. J'ai trouvé des différences très nettes dans son agitation hvpocondriaque, et clans sa docilité, suivant qu'elle était à une dose de 6 ou de 2 grammes par jour. Je propose donc cette conduite au début du traitement, quand on se trouve en présence d'un malade très agité sur lequel on n’a encore que peu d’influence morale : le mettre d’emblée à une dose élevée de bromure, !\ à 5 grammes par jour comme un épileptique, s’il le faut augmenter la dose la semaine suivante, puis le plus tôt possible, dès qu il v a un peu de calme et dès qu’on peut agir moralement sur lui. la diminuer et la supprimer.

Les autres séd atil s m’ont semblé jouer un rôle moins impor-

tant. Théoriquement, il est évident que I usage des soporifiques est détestable ; pratiquement il est bien dilïicile de ne jamais y recourir. On ne peut guère nier que de petites doses de ces médicaments li aient souvent rendu des services. Le trional, le sulfonal, le chloral, le bromidia ne sont que trop connus par les malades, il faut surtout en surveiller et en réduire l’emploi le plus possible.

Dans quelques cas assez rares j'ai eu recours à l’opium, quelques centigrammes d’extrait thébaïque me semblent tout indiqués pour les malades angoissés qui ont un grand état de souffrance ; malheureusement 1’efiet constipant de l’opium esta redouter chez des malades dont la constipation est déjà opiniâtre. Quant à la morphine elle demande une étude toute spéciale et me parait jouer aussi bien un rôle d’excitant du système nerveux qu’un rôle de calmant.

Page 1