‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 340 sur 352 · DIAGNOSTIC F.T I.K TRAITK.MKNT · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC F.T I.K TRAITK.MKNT

étaient rie grandsefforts qu’elle luisait pour raidir ses membres et même tout son corps. « C’est singulier, disait-elle, pendant que vous me suggérez des tremblements ou descontractures, je ne puis plus suivre mes idées (ruminations sur le sacrilège), elles cessent de me tourmenter, tandis que pendant mes mouvements ordinaires elles continuent toujours». Bienentendu. ses idées cessaient parce qu’elle se donnait tout entière à un effort gymnastique intense quila mettaitensueur, parce qu’elle s’élevait assez aux phénomènes supérieurs pour qu’il n’y eût plusde dérivations. On suggère aussi au sujet des hallucinations, des rêves et, comme ceux-ci se développent pas tout seuls, il fautencore un effort intense d imagination et surtout d’attention qui amène la même tension et relève le niveau de l’esprit. Lise et Claire sont transformées par les efforts qu’elles font pour avoir l’hallucination d’une rose, c’est-à-dire tout simplement pour se la représenter d’une manière nette et réelle. Enfin, pendant cette prétendue hypnose, on dirige l’attention suides idées et l’on force le sujet à les comprendre beaucoup plus clairement qu’à l’ordinaire. En un mot, je crois que le mécanisme du traitement par l’hypnose dans ces cas de psychasthénie n'est pas autre chose que l’excitation de l’attention, la direction et la rééducation de la volonté : il en est peut-être quelquefois de même dans l’hystérie mais plus rarement, car ici d’autres mécanismes s’ajoutent à celui-là.

Certains auteurs proposent un traitement qui, au premier abord, étonne un peu. M. Tissié nous dit qu'il guérit des obsessions et des phobies par la gymnastique suédoise*. M. Thulié propose très justement de discipliner les jeunes dégénérés en les habituant à la gymnastique d’ensemblei. 2 3. M. Pitres et M. Tissié présentent un malade psychasthénique avec des tics et des toux spasmodiques guéri par la gymnastique médicale respiratoire 11 est bien entendu que la gymnastique n’agit pas ici directement mais indirectement par les influences que je viens d'indiquer.

L’interprétation des effets thérapeutiques a semblé quelquefois

i . Tissié, Traitement de quelques phobies par la gymnastique suédoise. Congres

des aliénistes et neurologistes. Bordeaux, août i8ç)5.

3. M. Thulié, Le dressage des jeunes dégénérés on orlhophrénopédie, ujoo (Paris, F. Alcan).

3. Tissié, Clinique de gymnastique médicale psychodynamique, 1899. A. Pitres, Tias convulsifs généralisés (chorée électrique de Bergeron-Hénoch , Elcctrolepsie de 1 orileus ou névrose convulsive rythmée de Guerlin), traités et guéris par la gymnastique respiratoire. Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, ai décembre 1900.

LE TRAITEMENT MORAL

plus délicate à propos de certaines tentatives très intéressantes de guérisons des tics. Trousseau proposait pour guérir les tics « une gymnastique ordonnée des muscles affectés de convulsions ». Charcot1 parle « d’une gymnastique rationnelle ». M. Letulle réclame une gymnastique spéciale en remarquant d’ail leurs « qu’il fautmaintenir le moral, soutenir le courage et les efforts du patient2 ».

M. Brissaud dans un grand nombre de travaux3, M. Bompaire\ M. Popoff0, M. P. Montaigne0, MM. M. Meige et E. Feindel 7 ont préconisé un traitement en apparence plus précis par « la rééducation de l’immobilité et les mouvements antagonistes ». Plusieurs de ces auteurs semblent croire (pie ce traitement gymnastique agit directement sur le tic, qu’il s’agit essentiellement d’un traitement des muscles ou de la fonction nerveuse propreprement motrice.

M. Dubois (de Saujon) a poursuivi depuis 1896 avec le plus grand soin le traitement de quelques liqueurs. Il dresse ces malades a rester absolument immobiles pendant un temps déterminé8, il obtient des guérisons remarquables et observe que les phobies s’améliorent en même temps que les tics. M. Dubois 11e cherche pas les mouvements antagonistes, il ne cherche que l’effort d’attention vers « l’image du repos, de l’immobilité absolue, mais de 1 immobilité consentie, voulue ». Comme l’auteur le remarque aimablement, cette interprétation se rattache à la conception que nous soutenons depuis longtemps de l’importance des exercices de l’attention chez les névropathes. A mon avis, ces traitements des tics, qu’il s’agisse delà gymnastique générale, d’un exercice des mouvements antagonistes, de la rééducation de l’immobilité,

x. Charcot, Leçons du mardi, 1888-89, p. 469.

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