Bompaire, Le torticolis mental. Thèse, Paris, i8q
5. Popoff, Le torticolis psychique. Revue neurologique, 1900, p. 292.
6. P. Montaigne, Etude sur le torticolis mental et son traitement. Thèse, Paris,
7. E. Feindel, Le torticolis et son traitement. Nouvelle iconographique de la Salpêtrière, 1897, n° 0. IL Meige et E. Feindel, Traitement des tics. Presse médicale, iG mars 1901. Gazette des hôpitaux, 1 1 juin rgoi. Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 25 août 1901.
8. Dubois (de Saujon). Société de thérapeutique, 27 mars jgoi.
LE DIAGNOSTIC ET CE TRAITEMENT
réussissent tous également bien, mais a une condition, c’est que le médecin par son autorité, par son influence réussisse à obtenir du sujet des efforts volontaires, de I attention, des émotions même, en un mot de l’adaptation à une situation donnée. C’est toujours en réalité la même gymnastique fondamentale.
Si nous passons aux traitements de l’obsession proprement dite, nous voyons qu’aulrcfois on conseillait souvent les voyages, les distractions. Ce procédé ne me paraît pas toujours bon : souvent le psychasthénique est trop malade pour tirer un bénéfice d'un voyage, il est incapable de percevoir des objets et des situations trop variées, on risque de déterminer simplement par ce procédé de la fatigue et une augmentation de l’abaissement mental. Mais quand ce procédé réussit, c’est que le sujet légèrement atteint a été excité par la nouveauté des spectacles et a prêté aux choses une plus grande attention.
Legrand du Saul le1 note l ’influence heureuse du travail intellectuel, de la récitation de morceaux appris par cœur. Azam2 remarque l’importance « d’une occupation quelconque qui est une des nécessités de l’existence. Faute d’aliments, l’esprit humain se dévore lui-même». Cette thérapeutique par le travail mental échouera ou réussira suivant la façon dont elle sera comprise, elle n’a de valeur que par l’effort qu’elle exige pour tendre l’attention.
Legrand du Saulle3 4 parle aussi à plusieurs reprises de malades guéris de leurs phobies en les aguerrissant peu il peu contre la peur de l’espace. Cette thérapeutique qui habitue le malade à lutter contreson émotion a été reprise récemment parMM. Hartcnbcrg et Valentin1. Je crois que c’est toujours au fond le môme traitement dirigé suivant les préférences des auteurs dans tel ou tel sens; je remarque seulement qu’il n’est guère possible de demander tout de suite au malade des efforts contre sa phobie principale. On risque de n’obtenir ainsi que des phénomènes de dérivation. Après une éducation plus générale de la volonté et de l’attention, cette lutte contre la phobie deviendra une gymnastique excellente et facile.
En un mot, tous ces divers traitements rentrent dans ce que
i. Legrand du Saulle, La Faite du doute, p. n.
?.. Azam, Les Toqués. Revue scientifique. 1891, I. p. Gai.
IL Legrand du Saulle, Agoraphobie, p. 68.
4. IL Valentin, Revue de psychologie clinique et thérapeutique, mai 1901.
LE TRAITEMENT MORAL
M. Bernheim appelait très bien entrainement suggestif actif, dynamogénie psychique' ; ils ne sont que diverses formes de cette thérapeutique que je décris depuis une dizaine d’années comme la reconstitution graduelle des fonctions de synthèse mentale. Je crois l’avoir encore précisée dans ce livre par les études sur le rétablissement de la tension psychologique suffisante. Ajoutée aux traitements physiques et moraux précédents, combinée avec une direction morale qui supprime les complications et qui facilite la tâche du malade, cette excitation mentale par l’émotion, les efforts de volonté et l’attention est la meilleure thérapeutique que nous puissions actuellement diriger contre la maladie des obsessions. Elle a sans doute de gros inconvénients : elle est lente et peut durer des années, elle est plutôt une éducation qu’un traitement médical, elle est peu précise et laisse énormément à l’initiative du médecin, elle exige de celui-ci beaucoup de temps et un effort énorme d’énergie que ne peuvent s’imaginer ceux qui n’ont pas essayé de l’appliquer eux-mêmes. Mais elle est la seule thérapeutique qui puisse aujourd’hui modifier d’une façon heureuse quelques-uns de ces esprits insuffisamment adaptés à la vie pratique. Il faut espérer que plus tard des traitements plus efficaces pourront agir directement sur la tension nerveuse insuffisante dont nous ne savons encore aucunement ni le mécanisme, ni les conditions.
. Bernheim, Revue de médecine, i8f)8.