LES INSUFFISANCES PHYSIO-PSYCIIOLOGIQUES
intoxications qui troubleraient le cerveau. Ici, nous trouvons certainement des digestions ralenties ou m^me quelquefois supprim^es avec fermentation anormale, cela peut avoir une consequence sur r^tat g6n6ral, mais vous voyez, mais cela influe peu sur Tesprit. II nous semble plus vraisemblable d'admettre une inertie primitive du systfeme nerveux qui, ici, se manifeste surtout par Tasth^nie g^n^rale, par les troubles de circulation et par les troubles digestifs et qui, dans d'autres cas, determine davantage des troubles c^r^braux et mentaux.
Le traiteraent^ de ce malade a d'abord consists dans le regiement de son hygiene alimentaire qui ^tait ici fort absurde ; nous Tavons force a manger beaucoup moins, a supprimer en grande partie la yiande dont il abusait : un regime severe compos6 de lait, oeufs, farines de toute esp^ce et surtout farines de c6r6ales, legumes verts, fruits cuits avec reduction considerable de la viande, suppression du vin et de Talcool, a deja eu de tr^s bons resultats. Nous avons ajout^ a ce traitement deux capsules de thyroidine d'Yvon, dont nous voulions experimenter les effets : le r^sultat est remarquable, les vomissements ont disparu, le malade a bien meilleur aspect et se sent de toutes famous plus fort. Un s^jour a la campagne qu'il va faire, et dans lequel il recherchera quelques exercices physiques, achcvera sans doute la gu^rison d'un ^tat de neurasthenie simple.
Observation 2. — Neurasth6nie« — Troubles digestifs j cephalalgie,
aboulie.
Cette femme de 29 ans, Mim..., pr^sente un etat prcsque semblable, un peu plus grave cependant au point de vue cerebral que celui du malade precedant. Vous retrouverez a peu pres le meme aspect physique : Tamaigrissement, la langue saburrale, Thaleine f6tide montrent les troubles de digestion. L^estomac, d'ailleurs, est dilate et clapotant plus que dans le cas precedent. La faiblesse g^nerale est la meme, avec sensation de
I . Uno intcmiption par une ligue de blanc iodique comme dans notre precedent travail (Ncvroses et idees fixes, 1898, II, p. 7) que Tetudedu in6me sujet est reprise dans une nouvelle 6iude clinique faite & une date ultcrieure pour indiqucr, quand il J a lieu, revolutlou de la maladie.
LES ETATS NEUUASTHfiNIQUES 7
fatigue perp6tuelle, mals maintenant la malade se plaint beaucoup plus de son dos qui est douloureux dans la partie inf(§rieure et surtout de sa tete. Elle pretend ressentir des douleurs ^pouvantables au milieu de la tete et en arriere, depuis le vertex jusqu'a la nuque.
II en r6sulte qu'elle a cess^ tout travail, elle voudrait m6me si on lui permettait, rester constamment au lit ; elle ne travaille plus, ne s'int^resse plus a rien et ne cede que difiicilement quand on la supplie de se lever et de s'oecuper un peu. L'inertie est done beaucoup plus grande, cependant nous ne voyons ni de d^lire, ni m^me d'obsession. La malade pr^sente sur ce point un petit detail singulier, elle a peur des obsessions, elle a peur de se mettre quelque chose en tete, elle refuse souvent de faire attention a un objet, de regarder quelque chose, d*^couter un r6cit, tt de peur, dit-elle, de se mettre cela en tete ». II semble cependant que la malade n*a pas eu a soufTrir jusqu'a present d'obsessions v^rltables, mais elle sent qu'une idee entr6e dans son esprit y reste trop longtemps ; elle devine pour ainsi dire qu*elle est expos^e a cet accident qu'elle connait mal.
Get ^tat d^ja plus grave est en rapport avec des conditions 6tiologiques qui sont elles-memes plus nettes. La m^re, qui est morte d'hemorragie c6r6brale, 6tait une psychasth^nique et a souffert longtemps d'obsessions, c'est d'ailleurs pour cela que la fille les redoute. Notre malade a eu deux enfants, et chaque grossesse a ^t^ suivie d'une periode d'^puisement assez longue ; depuis, elle est atteinte d'une m^trite, et dernierement elle ^tait venue consulter le chirurgien a ce propos. On lui a conseill6, peut-6tre avec precipitation, une operation grave, Tid^e de cette operation Ta boulevers^e. Ajoutez qu'au meme moment son mari, depuis longtemps ivrogne, I'a abandonn^e. C'est a la suite de cet 6pui-> sement physique et de ces emotions qu'elle est tomb^e dans cet etat de neurasthenic gastrique et d'aboulie que vous voyez. Les antecedents rendent d^ja le pronostic plus grave.
Observation 3. — Neurasth6nie. — Troubles digestifs^ oedemes, fourmillemeniSy troubles mentaux,
Chez cette dame Bsq..., agee de 52 ans, nous retrouvons tons ces m^mes symptomes gastro-intestinaux compliques par des con-