LES INSUFFISANCES PHYSIO-PSYCIIOLOGIQUES
d'insomnie. Des ce momeDt, la nearasth^nie prend chez elle un aspect on peu special, elle semble troubler ratteDtioD et la perception plus que lesactes, la malade pretend qu'a ce moment elle est rest^e quelque temps sans bien voir devant elle et sans bien entendre ; tout a Tbeure nous vous presenterons poor la comparer avec celle-ci une malade qui pr^sente a un haut degr6 cette surdity pr^tendue neurasthenique. Quoi qu'il en soit, Qb... se retablit assez vite six mois apres Taccouchement. Jusqu'a trente ans, elle resta bien portante.
A trente ans, elle dut soigner son mari tres malade et assister a sa mort : il y eut alors une rechute de Fetat neurasthenique, avec de la faiblesse, des tremblements et de nouveau des troubles de la perception : Qb... entendait mal et ne comprenait plus ce qu^on disait. Guerison relative en deux ann6es. A 35 ans survient une attaque grave d'influenza qui est suivie de troubles de Testomac tres durables : la malade recommence a ne plus avoir le courage de marcher, a ne plus pouvoir faire aucune action. Sa tMe ^tait douloureuse a comme si elle etait pleine d*un tas de petits cailloux qui s'entre-choquaient ». Non seulement Qb... ne pouvait rien comprendre, mais les paroles qu*elle entendait mal lui etaient penibles, tous les bruits lui paraissaient ^normes et incompr^hensibles. Sans que la guerison fM bien complete, il y a eu une amelioration vers Tage de 4o ans. La malade avait repris confiance car elle s'appuyait sur son (lis « qui grandissait et qui remplacait son pere ». Quand ce garcon lui parlait elle le comprenait bien et il n'avait qu'a Tencourager un peu pour que son cerveau fonctionnat avec une activite plus grande. La tension nerveuse, si on pent ainsi dire, devenait plus grande et les ph^nomenes sup^rieurs de la volonte et de Tattention reapparaissaient.
Or voici qu*un nouveau malheur vient de Trapper cette pauvre femme, son 61s est parti pour le service militaire et Ta laissee seule.Cela a etc Toccasion d'une chute complete plus grave que les precedentes avec fatigues, troubles gastriques. insomnie sur laquelle nous ne rcvcnons pas ; nous ne vous faisonsremarquer maintenant que les troubles intellectuels quisont considerables. La malade ne pcut plus faire aucune attention et par consequent ne pent executer les operations mentales qui demandent de Tattention, elle ne pent plus lire et se desole de ne pas comprendre a la lecture les lettres de son fils, elle ne peut plus compter et doit renoncer a faire dans les magasins un petit achat, car elle ne s'entend plus avec les
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marchands sur le compte de la monnaie. Bien plus elle dc se reconnait plus dans les rues et m6me dans son quartier et elle est obligee de demander son chemin. En reality Tattention aux choses pr^sentes, la synthese dcs sensations nouvelles avec les anciennes images qui constituent la reconnaissance se comporle ici comme la volont^, elle disparait quand Tesprit s'affaiblit, tandis que d'autres operations : la m^moire du pass^^ le langage, le raisonnement persistent sans alteration. Cette attention se presente doncsuivant notre convention comme un phenom^ne sup^rieur plus ^lev^ dans la hi^rarchie que le raisonnement abstrait. Sa disparition nous parait suivre celle de la volont^ proprement dite, d^s que raOaiblissement mental est un peu plus grand et que le niveau mental baisse davantage.
Cette aprosexie, quoiqu*elle soit ici aussi simple que possible et non compliqu^e de d^lire, am^ne cependant d^ja deux consequences importantes. La premiere, que nos etudes pr6c6dentes vous font vite soup^onner, c'est un trouble de la m6moire. La malade n'a pas oublie sa vie pass^e, qu'elle raconte en grands details, mais elle oublie les evenements nouveaux a mesure qu41sse produisent ou, plutot, les percevant tres mal, elle n'en fixe pas le souvenir; elle ne sait jamais le soir ce qui s'est passe le matin et elle ne termine pas les actions parce qu'elle a oublie leur commencement. Elle met a cuire des CBufs et les laisse sur le feu toute la journee, le soir elle les retrouve avec etonnement, ne sachant pas pourquoi elle les a mis sur le feu et ne sachant pas si oui ou non elle a dejeune. La seconde consequence interessante c*est que cette aprosexie amene aussi a sa suite un sentiment. Nous vous signalons avec insistance ces sentiments determines par le fonctionnement cerebral, nous vous proposons de les appeler des sentiments intellectuels ; vous verrez qu'ils vont prendre une place considerable dans la pathogenic des divers delires. Chez cette malade, ils n'ont pas encore pris une grande importance, elle note seulement qu'elle a souvent un sentiment d'etonnement, de nouveaute. « Dans mon quartier, que j'habite depuis 20 ans, et que je ne reconnais plus, il me semble que je suis dans une ville nouvelle, que je n'ai jamais vue ou que j'ai vue il y a tres longtemps. » Vous voyez que c'est le sentiment oppose au sentiment du « deja vu » qui nous fait reconnaitre comme anciens desobjets nouveaux. Icile sentiment de a jamais vu » scdeveloppe a Toccasion d'une attention tr^s restreinte et tres penible. II faut