‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 25 sur 116 · I. Nevroses et idees fixes, II, p. 6i. (Paris, F. Alcan · texte numérisé non relu

I. Nevroses et idees fixes, II, p. 6i. (Paris, F. Alcan

SENTIMENT DE DfiPERSONNALISATION 41

I'etudier, le rattacher au groupe des autres ph^nomenes psychasth^niques.

Ici, chez cette femme PI..., ag6e de 28 ans, nous avons a signaler des antecedents her^ditaires bien nets. Le pere etait un grand alcoolique et la mere deja une obsedee. II y a done une predisposition hereditaire incontestable. La cause occasionnelle a ete Tannee derniere a 27 ans, une grossesse et un accouchement. Remarquons en passant combien cette cause se retrouve frequemment au point de depart de ces chutes de la tension psychologique,

Cette femme a un ^puisement nerveux qui trouble comme toujours toutes les fonctions, en particulier la digestion et le sommeil. L'dnergie mentale a tout a fait disparu et PI... est tout a fait aboulique et apathique, ce sont-Ia des faits que vous connaissez bien, il est inutile de revenir sur leur description. N'insistons que sur les sentiments que le sujet ^prouve a ce propos.

« Elle trouve de plus en plus que tout dans sa vie est devenu drole et si elle ne veut plus rien faire c'est que ses actions lui font Teffet d'etre dr Ales, de ne pas venir d'elle. Au debut elle ne se sentait pas naturelle, elle se surveillait et faisait des efforts pour se retrouver, elle se regardait dans la glace pour se reconnaitre. Malgre ces efforts, elle a senti qu'elle devenait une autre personne, ou mieux, qu'elle perdait sa personne, qu'elle n^etait plus rien. II lui semble que ce n'est pas elle qui voit, que ce n'est pas. elle qui entend, que ce n'est pas elle qui mange. II lui semble que ses bras et ses jambes marchent tout seuls, sans elle, qu'elle se borne a les suivre. Au fond c'est comme si elle etait morte, c'est tout au plus si ses jambes vivent encore; mais elle, elle est disparue, en tons les cas elle est absente. C'est trcs drole, n'est-ce pas, d'etre quelque part et de ne pas y etre, de sentir sa souffrance et de ne pas exister. »

Vous reconnaissez tout a fait le langage des deux malades que nous vous avons presente il y a deux ans. Ces cas sont, en effet, assez frequents. M. Ball en decrivait autrefois un exemple remarquableS et Krishaber avait imagine pour ces malades une nevrose sp^ciale, la nevropathie cerebro-cardiaque*. Recemment encore M. Bernard Leroy en presentait un beau cas au dernier

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