‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 39 sur 116 · LES ALGIES DE L'ABDOMEN · texte numérisé non relu

LES ALGIES DE L'ABDOMEN

Obsbrnation 53. — Angoisses et algies en rapport aveo I'abdomenet I'mtestin.

Nous ne pouvons insister sur ces malades, Mae..., femme de 60 ans; Chr..., femme de q5 ans; B..., femme de 5o ans, qui pr^« sententdes ph^nom^nes tout a fait semblables a ceux que nous venons de discuter. II suffit de les presenter ensemble rapidement pour vous montrer Timportance de ces angoisses localis^es ou de ces algies et vous faire voir comment elles peuvent souvent rendre les diagnostics embarrassants. Ces trois femmes souffrent du ventre, il ne s'agit pas des organes g^nitaux, ce qui va constituer un tout autre groupe, il s*agit de Tintestin auquel elles rapportent leurs souffrances. Mais ces souffrances ne sont pas banales : ces malades ont a propos de leur ventre des angoisses ^pouvantables, elles crient et elles appellent au secours comme si on les 6gorgeait.

La premiere, convaincue qu'elle ne sera soulag^e qu'en allant a la selle, se leve trente fois par nuit et elle voudrait passer la nuit sur un vase. La deuxi^me pretend qu'elle souffre comme si un ver la rongeait int^rieurement, elle supplie son mari de Tassister dans les efforts qu^elle fait pour aller a la selle. II faut qu*il la tienne continuellement par la main pendant cette operation. Elle pleure si on Tabandonne : « Dire que je suis condamn^e a ^couter les plaintes des autres et que personne ne veut ^couter les miennes. » La troisi^me refuse m^me de manger a cause de la douleur que vont lui causer les aliments en passant par Tintestin. Chez toutes les trois, comme vous le voyez, il s'agit du meme ph6nom^ne, des angoisses g^n^rales a point de depart intestinal. La raison de cette localisation n*est bien nette que chez la premiere : cette forme de sa maladie a d^but^ quand la malade a aper^u un pen de sang dans son vase, determine probablement par des h^morroTdes. C*est depuis ce jour qu*elle s'est crue perdue et qu'elle a rapports toutes ses douleurs a Tintestin. Chez les deux autres il ne s'agit que de la constipation banale des neurasth^niques et de la g^ne qu'elle provoque, cela a sulB comme point de depart de I'algie.

Le caractere g^n^ral est le meme ^galement : chez les trois malades vous retrouverez Taboulie, I'indifference en dehors del'objet

de leur preoccupation perp^tuelle. Chez la seconde, Chr..., vous noterez un trait de caractere plus special : cette jeune remmede 25 ans habitait avec ses parents et son mari, depuis deux ans ses parents Tont quitt^e et elle se sent seule. <( Elle est d^lalss^e, per Sonne ne parait Taimer, son mari ne s'occupe pas assez d'elle, elle voiidrait qu'on s'occupe d'elle comroe d'un petit enfant, elle ne croit pas qu'elle ait grandi, il lui semble qu'elle est restee toute petite et elle voudrait quelqu'un qui la soigne, qui s'occupe d'elle 'constamnient. )) Ce caractere est tres frequent chezlesabouliques qui voudraient qu'on d<5cide pour eux, c'est une forme du besoin de direction. II est probable que le ddsir de se rendre int^ressante, de se faire soigner par le mari, a dii jouer un r6le dans cette fameuse maladie de Tintestin.

Obsbrvatioj* 54. — Algie de I'anus, — Pear de s'asseoir,

Cette dame, Bhu..., ag6e de 43 ans, pr^sentait, ily a quelques jours, quand nous Tavons examinee, un accident bien bizarre. Nous ne somraes pas bien s6rs qu'elle le prdsente encore, car elle semblait tres facile a gu^rir et a pu 6tre modifi^e par une seule seance. Le fait est cependant si curieux qu*il faut vous le rappeler.

Quand elle est entree dans notre cabinet, nous lui avons naturellement offert une chaise, mais elle Ta ^nergiquement refus^e, en disant qu'il lui fallait resfer debout, que c^^tait la sa maladie. Depuis le 25 avril dernier, c*est-a-dire depuis quatre mois, elle n'avait plus pu s'asseoir, tout au plus consentait-elle un peu a s*appuyer sur le c6t6 gauche de la hanche mais il lui ^tait impossible de mettre les fessessur un siege. Dans le lit meme il lui fallait prendre des precautions, elle ne pouvait coucher que sur le c6t6 gauche, elle se r^veillait brusquement si elle ^tait ^tendue sur le dos. Elle a d'abord consulte des chirurgiens pour cette infirmity, et ces messieurs ont jug^ avec raison que cette affaire etait plut6t de notre ressort.

Pourquoi done ne peut-elle pas, ou ne veut-elle pas s'asseoir? C'est un peu a cause d'une douleur qu'elle ressent au fondement quand elle appuie sur un siege dur; mais nous avons toutes raisons decroire que cette douleur n'est pas bien s^rieuse; c'est pliitot a cause de la peur terrible de cette douleur. Distinguez

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a ce propos entre les topoalgies et la crainte de ces douleurs locales qui n'existent pas encore. II faudra que nous vous pr^sentioDs a ce propos une malade que nous voyons en ce moment a la suite d'un choc sur T^paule, elle refuse absolument de lever le bras. Nous avons cru d'abord a des contractures, a une douleur Iocalis6e; il n^y a rien detout cela, il n'y a rien du tout a son bras, en pent le masser, le Trapper sans rien determiner. La malade a simplement la terreur de la douleur qui poiirrait survenir, terreur assez grande d*ailleurs pour provoquer de violentes crises de nerfs. C'est 6galement ici une terreur plus qu*une topoalgiei

L'origine est bien simple. Cette dame souffrait depuis longtemps d'hemorroi'des a Tanus. Elle a et^ op(^r6e a Beaujon avec le plus complet succes. L'op^ration fut suivie de troubles probablement nerveux comme de la retention d'urine ; mais tout s'est bien termini et le chirurgien, de nouveau consults dernierement^ declare que tout est parfaitement en ordre. L'op6ration a laiss6 en elle une impression si profonde qu'elle a la terreur de s'asseoir sur son fondement et de la est venue cette attitude extr^mement bizarre.

Nous pourrions comparer a cette observation un cas qui semble tout oppos6 mais qui a cependant de fortes analogies. Une jeune femme, d^ja hyst^rique (elle a pr^sente autrefois de la paraplegic hysterique), apres un accouchement ^videmment penible avait conserve la manie de rester toujours assise et de rechercher les sieges tres durs sur lesquels elle s'appuyait fortement. Elle finit par avouer que debout elle avait la sensation de la t^te du foetus a la vulve et qu'elle n*6tait calm^e qu'en appuyant sur un siege dur pour faire rentrer la tete. Idee fixe si vous voulez ou hallucination du sens tactile et musculaire, c'est un fait du meme genre. Chez cette dame c'est aussi la persistance d'impressions anormales relatives a Tanus qui d6terminent un etat ^motif et ces terreurs.

II est trop evident qu'un ph^nomene aussi baroque ne se serait pas d^veloppe chez le premier venu. C'est une femme qui a pr^sente dans son enfance des terreurs nocturnes. Elle est tres sujette aux obsessions en a dcja eu de fort graves : elle a eu diverses formes d'onomotomanie, et elle etait poursuivie par la pensee d*un mot particnlicr qui lui faisait peur. Ajoutez qu'elle a pris de la morphine et vous comprendrez sur quel terrain s'est developp^e la phobic actuelle.

Dans ces conditions il est probable que Taccident disparaitra facilement. Comme nous expliquions son histoire devant elle, elle a d'abord ^tc ^tonn^e, puis elle a fini par cpnvenir elle-meme que nous avions raison et que cela pourrait bien 6tre a une toquade ». En insistant un peu a T^tat de veille, nous sommes arrives a la faire asseoir correctement quelques instants. II est probable qu^elle fera ou qu^elle a d6ja fait des progr^s rapides.

Permettez-nous de mettre a c6t6 d'elle cette dameL..., ag6ede 46 ans. « Mon anus, dit-elle avec naivete, a jou^ un role ^norme dans mon existence. » Elle le soigne, en eSet, avec un amour singulier, car il est chez elle le point de depart d'angoisses horribles. Elle prend toujoursun lavement avant d'aller alaselle, « carTangoisse serait horrible si les matieres ^taient dures, » vous voyez qu'il n'y a pas d'organe qui ne puisse donner lieu a des algies.

Obsbrvation 55. — Algie ovarienne et uterine. — Ovarie intense, immobility au lit pendant dix mois, examen chirurgical, angoissCy vaginisme, hesitation, aboulie, difficult^ de Paction devant des timoins, entratnement methodique.

Les organes qui seront le plus exposes a determiner des algies seront certainement les organes g^nitaux, probablemcnt parce que le fonctionnement de ces organes est d6ja uaturellement capable de determiner des emotions vives. II est presque inutile de vous presenter des hommes qui ont des terreurs a propos de leurs testicules ou de leur uretre presque toujours a la suite de quelque maladie ven^rienne, vous les connaissez bien. Yous les observerez surtout dans les cliniques des voies urinaires ou on a souvent a distinguer, comme dit M. le P** Guyon, ces faux urinaires des vrais urinaires. Ces algies sont aussi tres fr^quentes chez les femmes et le chirurgien doit bien les connaitre pour ne pas faire a chaque instant des operations dangereuses et inutiles.

Au milieu de ces algies banales des voies g^nitales et des ovaires, Tobservation de cette personne nous parait avoir un certain int^ret a cause de Torigine de I'algie qui montre bien sa veritable nature et de son rapport etroit avec les manies mentales et la folic du doute.

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Cette femme de 3o ans, Yr..., est couch^e : on ne peut vous la presenter que sur un brancard, e*est rn^me une assez grave affaire que de Taroener jusquHci car elle est terrifi^e par le moindre deplacement et il a fallu la transporter sans la moindre secousse. Elle est sur son lit dans cet 6tat d*immobilite a peu pres absolueque vous voyez depuis dix mois entiers et il est impossible d'obtenir qu'clle se leve un instant ou m6me qu'elle se d^place dans son lit. C'est qu^elle soufTre d'intol^rables douleurs dans la matrice, dans les ovaires et dans la cuisse droite. Ces douleurs sont tellcs que Ton ne peut toucher a ces regions, la malade pousse des hurlements et sufToque d'angoisse d^s que Ton fait mine d'approcher la main. Cette exageration de la douleur est d^ja significative et ne se rencontre guere dans les salpingites v^ritables, mais nos soup^ons sont aggrav^s par Texamen chirurgical qui a ^t^ pratique deux fois. cc Les chirurgiens, s'6crie la malade, se sont conduits d*une mani^re indigne. » Pas precis^ment, car voici ce qui s'est pass^ : deux chirurgiens des plus comp6tents ont examine Tetat des organes pendant le sommeil chloroformique , car Tcxamen aurait ^t^ impossible pendant la veille ; ils ont conclu que les organes ^taient enti^rement sains et se sont absolument refuses a faire aucune op^ration^ leur conduite ne nous parait pas si indigne.

Notre examen nous montre une exageration de la sensibility a la douleur en ce sens que le contact determine de grands reflexes ^motifs ; nous notons aussi, mais avec peu de nettet6, une petite diminution de la sensibility tactile a la cuisse droite et au cote droit du ventre dont la malade se plaint davantage, mais cette diminution est leg^re et vu Temotivite du sujet difficile apr^ciser. Nous constatons aussi nn certain trouble du mouvement, la cuisse droite est constamment ramenee en adduction forcee mais il n'y a pas de veritable contracture ; remarquons aussi un veritable tic de la main droite qui constamment vient frotter le c6te droit du ventre, la robe est us^e a cet endroit etla peau du ventre est un peu rouge et irritee par ces frottements continuels : la malade qui ne nous laisse pas toucher son ventre le touche ellememe tres fort.

Ces quelques remarques permettent-elles de rattacher ces troubles nerveux a I'hysterie ? Cela est douteux, et pour avoir une opinion plus nette il faut etudier dans quelles conditions cette douleur invraisemblable s'est developpee.

in LES l>HOfiIfiS

On a enlev^ le brancard de la malade et nous pouvons vous exposer en deux mots des renseignements qu'il nous a 6t^ tres diflTicile d'obtenir et qui caract^rlsent bien T^tat mental du sujet.

La mere semble avoir et^ tres nerveuse, mais nous ne savons rien de plus sur les antecedents. L'enfant fut toujours sans grande Anergic, intelligente, reveuse, mais paresseuse et facilement inqDiete.

Quandelle semaria a Tage de 22 ans, il y eut d^ja quelques premiers troubles relatifs au ventre, elle ne tol^ra que tres difficilement les rapports avec le mari eteut duvaginisme; cependant tout se calma quand elle devint enceinte. Les couches furent difficiles et elle conserva la terreur de Faccouchement si bien qu'elle prit depuis ce moment la terreur des rapports gdnitaux de peur d'etre enceinte de nouveau. Cependant comme son mari se s^parait d*elle, elle se laissa faire la cour par un personnage qui r^ussit a I'emmener Tann^e derni^re. A peine lui eut-elle cede qu'elle fut prise de terreur, d'angoisses si fortes qu'elle tomba malade chez lui. ^pouvantee de sa situation, elle ne revait qu'a une seule chose : rentrer chez elle, etre malade dans son propre lit, dAt-elle ne jamais le quitter. De retour chez elle, elle se coucha en eflet avec bonheur, tourmentee deja par la pensee de ses parties genitales.

Peu de jours apres, Tamant revint la trouver et lui exposa que cette situation ne pouvait se prolonger, qu'elle devait se decider a quitter definitivement son mari et sa petite fille pour venir vivre avec lui. Cette demande la bouleversa : si elle ne tenait plus physiquement a son mari, elle y tenait moralement et surtout elle ne voulait pas abandonner Tenfant. D'autre part elle aimait son amant et ne voulait pas qu*il s'en allat definitivement. Dans son incertitude, elle remit la reponse a plustard quand la maladie qui la tenait au lit serait terminee, puisqu'aussi bien elle ne pouvait plus maintenant s'en aller.

Cette solution elle ne pcut jamais la trouver et depuis dix mois elle en est reslee au meme point. Elle avait peur de guerir pour ctre obligee de choisirentre son mariet son amant, cette incertitude s'accompagnait d'ungoisse qui rappelait la soufTrancedu basventre et s'associait avec elle. Peu a peu toutes ses emotions ont pris, si on pent ainsi dire, une forme abdominale : Tattention etanl consUimment br«iquee sur la matrice. « Si je lis ou si je rellechis trop, dit-elle, j'ai mal a la tete dans le ventre, si je ne

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digere pas bien, j'ai mal au coeur dans le ventre. Un jour qu'on in*avait raise sur un balcon elev^, j'ai eu le vertige dans le ventre. » Ces expressions sont jolies et nous montrent bien la nature des algies, T^motion est un ^tat diffus qui eveille la sensibilite de divers organes ; suivant la direction de Tattention nous pouvons sentir plus nettement tel organe plutot que tel autre ; dans la peur, il y a treniblement des jambes, spasme de Tintestin, palpitation du coeur, anxi^t^ respiratoire. II est fort possible, c'est une chose a rechercher, que tel individu sente mieux le tremblement des jambes, tel autre les palpitations du coeur, tel autre Tanxi^t^ respiratoire et chacun sentira et d^crira son Amotion a sa maniere. Dans ces angoisses qui sont ri^elles et tres fortes elle ne sent que le petit phenomene qui se passe dans le bas-ventre, car c'est la qu'elle rapporte tout : « Je vis, dit-elle, suspendue a mon ventre. »

Quelques modifications de la maladieconfirmentces reraarques: elle a eu il y a quelque temps une douleur assez forte dans une oreille, cetle douleur I'a inqui^t^ et pendant quelques jours les angoisses ont et^ dans Toreille, puis quand Toreille s^est guerie, elles sont revenues au ventre.

Une remarque plus curieuse, c^est qu'elle soufTre plus devant des t^moins que si elle est absolument seule. On a meme constats avec stupefaction que, si elle se croit seule, il lui arrive de faire des mouvements et meme de se lever pour faire quelques pas dans la chambre, ce qui lui parait une chose invraisemblable quand elle est devant d*autres personnes. La premiere explication d*un acte semblable serait la simulation: elle ne soufTre psTs, dira-t-on, comme elle veut le faire croire, elle cherche a tromper jjuis qu'elle marche quand elle est seule.

Cette explication par la simulation nous a toujours paru un pen enfantine ; remarquez que le meme acte sc retrouve dans les anorexies, surtout dans Tanorexie mcntale des scrupuleux: ils refusent de manger et ils mangent quelquefois en cachette. Ces actes se rattachent toujours a la difference si importante qui existe entre les actions ex^cutees en public et celles qui sont faites dans la solitude.

Manger en public pour une scrupuleuse qui a honte de son corps, c'est un acte infiniment plus difficile que de manger seule sans qu'on le sache. Aussi quand ces malades vont un peu mieux, quand elles commencent a avoir la force de manger sans tomber

dans les angoisses, elles ne peuvent d'abord faire cet acte que dans la solitude avant de pouvoir le faire devant d'autres personnes. Pour Yr..., marcher devant des t6moins, c'est une grosse affaire, c*est avouer qu'elle n'est plus malade, c'est s'obliger a prendre la resolution qui lui codte tant. Marcher un peu seule est beaucoup plus simple, car il n y a a surmonter que I'appr^hension personnelle qui n'est pas enorme. Au fond, elle sait fort bien qu'elle n*a rien de raalade dans le ventre et que sa maladie est surtout mentale. C^est pourquoi la grande angoisse se produit beaucoup moins lorsqu'elle est seule et se produit beaucoup plus s'il y a des t^moins, sans qu'il y ait a cela aucune simulation.

Au contraire ses douleurs augmentent tous les fois qu'elle a regu une visite de I'amant qui reclame une resolution, son aboulie Ternpeche d'arriver a cette resolution, « il me semble que j^ai tous les nerfs de la volonte coupes » et il se fait une derivation d'autant plus intense sous forme d*angoisse abdominale.

Enfin, ajoutons un dernier detail qui servira pour le diagnostic, nous avons cherche si la suggestion hypnotique etait possible. Quoique la malade acceptat ce traitement avcc enthousiasme, il a ete. impossible d'arriver au somm^il complet. On prend de Tinfluence sur la malade, on pent la diriger, elle tient m^me beaucoup a cette direction, niais ce n'est pas la veritable suggestion hysterique.

Toutes ces remarques nous permettent de rapprocher cette algie de la nevrose d*angoisse, des manies mentales d'hesitation, de Tabouliedes psychastheniques. Cette malade guerira-t-elle? Nous ne croyons pas qu'elle puisse guerir dans les conditions oii elle est placee; Tisolement qui est loin d'etre necessaire chez tous les scrupuleux serait ici indispensable ; il faudrait la separer du mari et de Tamant, obtenir par I'eloignement qu'elle les oublie un peu tous les deux. Alors seulemcnt on pourrait lui apprendre a diriger autrement son attention eta modifier cette forme de Temotion.

Observation 56. — Algie de la vessie et de Pur^tre. — Incontinence (Turine, blennorragie, crainte den perles seminales^ mictions difficileSy hypocondrie urindire.

Voici un exemple, pris entre beaucoup d'autres, des algies genitourinaires chez Thomme ; il est inutile de vous presenter des cas

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