LES PHOBIES DES FONCTIONS
Observations 66 et 67. — Phobie de I'alimentatioD. — Refus des aliments, phobie des fonclions, difficalte de Vacte de s'alimenler, phobie a. propos de I'alimenlation, phobie de I'anorexie,
Dans nos dernieres legonsnous avons6tudi^le ph6noin^ne des algies qui consistent en r^alit^ en une angoisse g6n6rale assocl^e avec la sensation, la representation d'un organe determine.
Vous rencontrerez souvent chez les malades psychasth^niques des ph^nomenes tout a fait voisins, quoique I^gerement difT^rents, que nous vous proposons d'appeler les phobies des fonctions, Cette revue des troubles psychasth^uiquesque nous faisons a pour but derapprocher tons cesph^nomenes en apparence h6t6rogenes et de vous montrer quels liens ^troits les unissent.
Cette jeune fille de 18 ans, T^..., est d6ja amaigrie et pale parce qu'elle ne mange pas et qu'elle parait refuser toute alimentation. Nous avons souvent remarqu^ qu'il ne faut pas trop rapidement confondre tons ces refus d'aliments avec Fanorexie hyst6rique. Cette jeune fille ne pr^sente aucun stigmate d'hyst^rie ; elle n'a eu jusqu'a present aucun accident qui fasse penser a rhyst^rie. Son refus d^aiiments ne s*accompagne pas du tout des troubles de la sensibility qui caracterisent Tanorexie hyst^rique : I® vous ne voyez pas cette disparition de la fatigue, ce sentiment d'euphorie, ce besoin de mouvement qui est si remarquable chez les hyst^riquesanorexiques. Elle se sent fatigu^e, faible, malade; 2*^ vous ne voyez pas cette disparition complete de la faim souvent accompagn^e de diminution de la sensibility, de la bouche, de la langue, de Tcesophage, de Testomac, de la region 6pigastrique qui est si importante chez Thysterique. Elle sent tres bien dans toutes ces regions, elle a le goil^t parfaitement conserve et bien plus elle a faim et meme tres faim, elle sent le besoin tr^s fort a rheure des repas et voudrait pouvoir manger, il n'y a done rien de Fanorexie hyst^rique.
Mais alors pourquoi ne niange-t-elle pas ? C'est parce que man-
ger lui fait peur ; elle desire les aliments, mais quand elle les voity quand elle les porta a sa bouche : cc Cela se serre a ma poitrine, cela me fait etoufTer, cela me brille dans le coeur, il me semble que je meurs, et surtout quejeperds la tete. » Nous connaissons trop ces symptomes pour y insister, ce sont ceux de I'angoisse, ils sont ici associes non pas h un organe d^termin^, ce qui donne Timpression d^un organe douloureux, mais avecune fonction ce qui donne Fimpression d'une peur de la fonction.
Ces phobies des fonctions sont done tr^s voisines des atgies, il n*y a qu'une petite diffi§rence dans la representation associ^e avec Tangoisse. Cette difference amene des consequences int^ressantes : comme i'organe existe toujours, tandis que la fonction est p^riodique, I'algie est beaucoup plus continuelle que cette phobic. D'ailleurs les deux ph^nomenes sont souvent associes ensemble. Vr... que vous venez de voir et qui avait Talgie de la matrice pr^sentait en meme temps la phobie de la fonction g^nitale : ce sont des ph^nom^nes du m6me genre. Aussi leur pathogenic est-elle tr^s semblable : vous retrouvez chez cette jeune fiUe les antecedents classiques ; le pere est alcoolique, une cousine est dans un asile. La jeune fille a toujours ete aboulique, timide et inqui^te ; elle avait deja autrefois des angoisses quand il lui fallait changer d'atelier, en un mot faire un effort de volonte. Depuis quelque temps, elle presente les troubles de Festomac des psychastheniques, I'estomac est encore dilate et clapotant ; elle a eu des pesanteurs, et surtout des douleurs k la fin de la digestion, les horribles brillures dont elle parle qui lui remontaient a la gorge sontdu pyrosis. II en est resulte que la pensee de Talimentation s'est associee avec le souvenir de ces douleurs exagerees par son imagination hypocondriaque. Un medecin a voulu avec grande raison imposer un regime, or mademoiselle n'aime pas les soupes au lait; de tout cela il en est resulte que I'alimentation, avec le regime, avec la crainte des douleurs est devenue un acte diificile demandant a son tour un effort de volonte comme Facte de changer d'atelier. Elle n'a pas assez de volonte pour le faire : (( Je ne puis pas me forcer au point de manger une soupe au lait. r> Dans ce cas comme toujours, quand ilya aboulie etinsuffisance psychologique, se forme une derivation qui garde ici la forme precedente de Tangoisse. L'alimentation etant pour le moment Tacte le plus important de la vie de cet enfant puisqu'elle a renonce a tout autre travail, c*est avec lui que Tan-
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goisse s'associe uniquement et voila la phobiV ae ralimentation toute constitute.
Ce diagnostic n*est pas sans int^r^t ; si vous aviez aifaire a une hyst^rique, il faudrait ne pas tenir compte de son estomac, la forcer a manger m^me avcc la sonde, exciter en un mot les fonctions de Testomac, defaire les contractures abdominales par le mouvement et le massage, modifier les id^es fixes par la suggestion. Rien de tout cela ne reussirait ici : si vous tourmentez trop son estomac vous augmenterez la phobic. II faut au contraire le traiter avec managements, supprimer par des alcalins, par le carbonate de chaux le fameux pyrosis qui lui fait peur, montrer a la malade qu'on soigne et qu*on guerit son estomac, lui prouver par quelques essais que certains aliments lagers ne lui font pas de mal. II y a la comme vous le voyez une th^rapeutique toute diff^rente qui vous montre Timportance de ce diagnostic psychologique.
Cette femme de ^8 ans, Gel..., est tout a fait comparable a la jeune fille pr^c^dente, c'est pourquoinous Ten rapprochons; elle presente cependant une complication tres curieuse, et sa maladie se rapproche des obsessions du scrupule. Mais comme Tobsession est simple, il vaut mieux ne pas la s6parer des phobies de Tali' mentation.
Yoici rhistoire de la malade qui servira a comprendre ce qui se passe actuellement. II y a aussi une parente ali6n6e, mais le pere et la mere n'ont gufere de tares; Tenfant qui semblait normale eut une fievre typhoide grave a onze ans; depuis ce moment elle resta faible, indecise et tres impressionnable. Apr^s avoir nourri son premier enfant, elle eut une premiere periode de troubles a Tage de 22 ans. Ces troubles 6taient de Fordre des obsessessions criminelles, phenom&nes intellectuels des psychastheniques plus compliqu^s que ceux que nous etudions actuellement. Elle se croyait poussee a tuer son pere ou son mari, elle croyait que Dieu la punissait parce qu'elle aimait mieux son fils que son mari. Cette premiere crise se guerit assez vite, mais elle nous montre cependant la predisposition aux obsessions.
Vers I'age de 35 ans, deuxieme crise, celle-ci absolument semblable a celle de la jeune fiUe prec6dente : douleurs d'estomac apr^s des fatigues, regime, precautions de nourriture, puis apprehension de manger, angoisse en mangeant, phobic de Talimenta-
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tion. Eile devintfort niaigre ct tres faible, la crise dura deux ans et demi. Depuis cette p^riode, elle a ^t^ bien portante jusqu'a ces derniers mois. Sous i'lnfluence de tracas, dit-eile, et probablement aussi sous rinfluence de la menopause qui s'annonce chez elle par des mdtrorrhagies, elle recommence a avoir les m^mes douleurs au creux de Testomac. Immediatement Talimentation, sur laquelle rattention est attir^e, devient par cela meme difficile. Nos etudes sur Taboulie vous ont bien montre qu'un arte d'ordinaire presqueautomatlque devient difficile quand Tattention est attiree sur lui. Les angoisses rdapparaissent d*autant plus facilement qu^clles sont d^ja venues autrefois.
Voici une complication inattendue : la malade se rappelle ce qu'elle a ^prouv^ a Tage de 35 ans, elle sait que cette phobic empeche de manger et qu'elle fait maigrir: la voici qui a peurd'y c^der, peur de ne pas manger suffisamment et par consequent pcur de mourir de faim. Elle veut absolument manger, elle s'efforce de le faire toute la journee, elle veut ^tre entour^e d'amis qui mangent avec elle et qui la forcent a manger. Elle rumine toute la journee des id^es de repas et des procedes pour manger plus. Voycz cette complication singuliere : la malade a a la fols peur de manger et peur de ne pas manger. Remarquez en passant que cette complication n'est pas hysterique, ne se trouve jamais dans Tanorexie hysterique. La premifere peur seule est une phobic ; la seconde est un scrupule, un de ces scrupules de perfection dont nous verrons la frequence.
Dans le cas present, la malade nous semble etre arriv6e a une alimentation bizarre, ellese force a manger de la viande en dehors des repas et a boire beaucoup de vin.
La malade : « Mais c'est du vin de kola. »
II nous parait plus sage de ne pas en boire du tout. II faut ici r^gler Talimentation, reposer la malade, et diriger ses efforts de volonte d'une mani5re plus raisonnable.
Observations 68 et 69. — Phobies de la deglutition. — Hypo^ condrie, paramyoclonus multiplex, peur de la mort subiie, tics de respiration,
Parmi ces phobies des fonctions, il y ena une qui nous a ^tonn^s par sa frequence que Ton ne soupconne pas d'ordinaire, c'est
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la phobic de la deglutition. Nous vous en pr^sentons d'abord un exemple chez cette femme de 29 ans^ Rib,.., puis a propos de son cas, nous vous raconterons Tobservation remarquable d'une malade que nous ne pouvons pas vous presenter ici. Cette premiere malade Rib... toujours hypocondriaque et inquiete a eu au mois de juin de Tannee derniere une congestion puimonaire plus ou moins serieuse; toujours est-il qu'elle s'est preoccup^e a propos de sa respiration et est rest6e inquiete en pensant a des suffocations possibles. Plus tard quelques douleurs d'estomac qui semblent s'etre d^velopp^es, surtout apres une chute de tramvsray, ont attire ^galement Fattention sur Talimentation.
Ces deux inquietudes se sont reunies et une fonction particuli^re dans laquelle la respiration et Talimentation jouent un rdle est devenue difficile, c'est la deglutition, car on pourrait etouffer enavalantdetravers. Au moment d'executer cet acte, les angoisses surviennent, ce qui rend la malade incapable d'avaler.
Nous aurions voulu vous montrer ici meme les grimaces, les contorsions, les suffocations qui surviennent quand elle essaye d'avaler une gorg^e, en essayant de lui faire avaler un verre de lait devant vous; mais Texp^rience ne r^ussira pas, elle nous en previent d'avance, parce que vous 6tes des m^decins. Devant des m^decins elle avalera tout ce qu'on voudra, car elle se sent rassuree : c*est une confiance qui vous honore, mais elle vous montre la part 6norme de Tid^e dans ces phobies de deglutition.
Cette maladie singuliere pent prendre des proportions invraisemblables et perdre toute une existence ; voici le cas que nous voulions vous rapporter a ce propos. Fok..., femme de ^i ans, appartient a une famille oil Ton compte toutes les degen^rescences possibles, une grand'mere bizarre et obsed^e, une tante alienee, une cousine alienee, un cousin tiqueur, un autre bec-de-li^vre, avec du rire spasmodique, etc... Elle Tut toujours tres intelligente et d'un esprit tres delicat. II est bien interessant de remarquer que ce developpement intellectuel est tres frequent chez nos psychastheniques : Tannihilation de la volonte, le d^faut de toutes les fonctions du r^el s*accorde tres bien avec le ddveloppement des facult^s abstraites et id^ales. Nous reparlerons de ce curieux probleme en etudiant des obsessions intellectuelles. Depuis son en* fance, cette dame fut une hypocondriaque, toujours maladroite dans les actions pratiques, surtout dans celles qui coucernaient
son propre corps; elle s^emotionnait pour manger, pour aller a la selle, pour avoir ses regies, etc. Par une sorte de malchance, il arrive en effet que ces personnes maladroites ont tous les accidents ; elle n^arrivait pas a prendre un lavement sans se blesser. Elle eut un accouchement a Tage de 27 ans et, chose invraiserablable pour une personne de sa situation soignee comrae elle Tetait, une partie du placenta fut laissee dans Tuterus et amena une infection epouvantable qui certainement ne modifia pas heureusenient T^tat du syst^me nerveux. Nous voyons ensuite commencer une foule de tics, en particuler des secousses de la figure et des tics de reniflement ; les plus curieux de ces tics sont des secousses localis^es a certains muscles et m^me a des muscles qui ne fonctionnent pas d*ordinairc isolement sous Tinfluence la volonte, elle eut des secousses du deltoide et du biceps et surtout des secousses estranges des muscles droits et obliques de de Tabdomen. Ces secousses ^talent rythmees, elles se voyaient sous la peau, elles se rattachent a la maladie qui a ete d<^crite sous le nom de paramyoclonus multiplex.
Comme Tun de nous Ta montre souvent dans ses lemons cliniques, il n'y a gucre lieu d'isoler ainsi tels ou tels spasmes. Toutes ces myoclonies Torment une s^rie ininterrompue. Ici ces secousses ont beaucoup d'analogie avec des tics et se rapprochent des tics de la face que la malade avait en meme temps. La seule difference curieuse, c'est que d*ordinaire une femme ne remue pas a volonte les muscles droits de Tabdomen comme elle fait des reniflements. II se pent d'abord qu'il y ait chez une personne de ce genre quelques anomalies musculaires. Mais il est beaucoup plus simple de croire a Tinfluence enorme de I'exercice continu pendant des ann^es. Les acrobates et les prestidigitateurs arriventa de bien autres transformations musculaires. D'ailleurs Fok... fait remarquer elle-meme qu*elle est arriv6e a remuer les muscles de la paroi du ventre, comme elle le veut, comme elle remue son petit doigt.
A la meme ^poque, les preoccupations hypocondriaques qu'elle avait toujours cues s'aggraverent et elle se mit a redouter une mort subite qui, disait-clle, dtait justifiee par son etat de sante. Cette idee de la mort subite s'accompagnait d'angoisses de plus en plus grandes. Bientot Finquietude s'^tant port^e sur Talimentution, rid^e de mort subite se pr(§cisa et devint la mort par suffocation. II y avait deja de ces craintcs dans les tics perp^tuels de reniflement. L'attention la plus grande fut dirig6e sur toutes les
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actions ou pouvaient se produire des suffocations et en partlculier sur la deglutition. Ce temps de Talimentation devint d'abord difficile, puis Teffort se dissipa en derivations diverses. Ce furent d*abord toutes sortes de tics, de grimaces, de reniflements, de crachements au moment d'avaler. Enfin les angoisses devinrent enormes au moment oil la deglutition devait s'effectuer. Pour les diminuer, la malade etudia sa deglutition et en arriva a cette resolution slnguli^re, c'est qu'elle voulait continuer a respirer et a respirer fortement pendant qu'elle avalait, bien entendu elle n'y parvient pas.
Aussi voyez a quelle situation lamentable cette dame intelligente se trouve reduite depuis plus de six ans. Etendue sur une chaise longe qu'elle ne pent guere quitter a cause de son extreme faiblesse, elle passe ses journees a essayer de se nourrir un pen. Avec une toute petite cuiller elle avale goutte a goutte quelques jaunes d'oeufs delayes dans un peu de jus de viande, elle depense cinq ou six heures pour prendre deux ou trois jaunes d'ceufs.
II est interessant de remarquer que cette malade n'arrive pas cependant a I'inanition complete. Les psychastheniques ne meurent pas aussi facilement d'inanition que les anorexiqucs hysteriques.QuandFok... a perdu une dizainede kilogrammes de sonpoids deja bien fuible, elle mange un peu mieux et reprend quelque force. Puis la maladie pent recommencer sans trop de danger. Nous ferons plus tard la meme remarque sur les dellres des obsedes : ils s'arretent en general prudemment avant le delire complet et avant Tasile. Cela tient, croyons-nous, a un caractere de I'etat d'esprit de ces malades : c'est qu'ils ne peuvent aller au bout de rien, qu'ils ne peuvent rieu terminer. La mort veritable, le suicide reel demande une resolution ou une conviction dans le delire qu'ils n'ont pas. Quand ils s^effrayent reellement de la mort prochaine, ilsse modifient de plusieurs facons. L'attention se detournant de la deglutition, celle-ci devient plus facile et peut etre accomplie malgre Taboulie ; il n*y a plus ces derivations qui constituaient Tangoisse et Talimentation se fait de mieux en mieux. L'amelioration se fait encore par un autre mecanisme : les emotions, cela est tres curieux, ont chez ces malades une action excltante et relevent le niveau mental. Quand ilsont peur de la mort, ils deviennent plus forts et peuvent accomplir des actesplus difficiles. Cela contribue encore a fairc disparaitre leurs angoisses de deglutition.
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II ne faudrait cependant pas se fier a ce mecanisme nature! de la gu^rison par exces du mal. Les psychasth^niques ne se tuent gu^re en le faisant expres, mais ils arrivent a se faire mourir sans s'en apercevoir et ils sontles premiers surpris de ce qui arrive. De tels afraiblissements sont ires dangereux et permettent le d^veloppement de toutes les maladies. Aussi est-il bon de cherchcr a les effrayer, de les raraener a la r^alit^ par tous les moyens, de diriger leur attention pour d^tourner le plus tot possible cette angoisse qui est particulierement dangereuse.
Observation 70. — Phobie de la deglutition. — Dyspepsie acide, maladie de Beichmann, phobie de la deglutition,
Yous remarquez que cet homme de 4o ans, Les..., marche a petits pas, et qu'il paratt tres faible ; vous remarquez aussi son teint pale et sa tr^s mauvaise mine. Son aspect (^tait si mauvais, son teint si jaune, surtout il y a huit jours, car il est d^ja un peu mieux, que nous avions tout d'abord pens^ a Texistence d'une tumeur. Nous avons et6 heureux d'apprendre qu'un examen chirurgical avait <^te pratiqu^ a ce point de vue par M. TulEer, et qu'il avait ^t^ absolument n^gatif. En rt^alite, cet aspect maladif provient en partie de ce que son estomac dig^re mal, et en majeure partie de ce que le malade ne mange pas suffisamment.
Voyons d'abord le premier point qui nous int^resse le moins ici, le trouble de Testomac ; le malade ne soufTre pas dans Testomac au moment ou il mange, au contraire il est plutot soulagc par Talimentation. Mais deux heures apres, Tepigastre se gonfle, le malade sent des gaz qui s'agitent, qui montent, qui descendent. Les douleurs commencent horriblement penibles : u Cela me ronge, me briile, m'^toufTc, un poids me serre en travers de la poitrine. » Ces douleurs durent plusieurs heures, jusqu'au repas suivant, souvent toute la nuit : le premier sympt6me est done constitue par des crises de douleurs gastriques tardives, survenant quelque temps apres le repas.
Parmi les aulres symptomes relatiPs a Teslomac, nous remarquerons que lu region epigastrique est sensible a la pression, le creux epigastrique est ballonne. L'estomac est distendu et Ton per^oit tres facilement le clapotage classique ; il nous semble qu'il y a un peu d'augmentation du volume du foie, qui en tous