‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 47 sur 116 · LES PIIOBIES DE LA MARCHE · texte numérisé non relu

LES PIIOBIES DE LA MARCHE

II a essay^ bien des precedes de gu^rison ; celui qui a le mieux reussi nous int^resse particulierement, c'est Tivresse. II n'a bien reussi aupres des femmes qu'une fois ou deux pendant qu'il etait ivre : c'est peut-etre parce que Tivresse rerapeche de r^flechir et de voir la complication du probleme ; c*est aussi qu'elle augmente la tension nerveuse et qu'elle le rend pour un moment capable d'une adaptation a une situation r^elle. Maintenant, le voici qui imagine de se guerlr par le mariage; c'est bien honnete de sa part de nous demander conseil auparavant. Nous lui conseillons de tout notre pouvoir de ne pas faire une sottise seniblable, il aura peur de sa femme commc des autres, et il fera deuxmalheureux au lieu d'un ; et puis pour les enfants qui r^sulteraient de cette union, nous ne croyons pas necessaire de lui faire courir de tels risques.

Observation 78. — Basophobie. — Comparaison avec Vabasie hysterique, avec Vagoraphobie,

Observez la fa^on dont ce malade, Fou..., un homme de 58 ans, s'avance sur I'estrade : il est soutenu et presque port6 par deux personnes, il avance avec une lenteur extreme, en tremblant, en appuyant ses pieds lentement et avec precaution, il rcgarde constamment ses jambes, il est pale et haletant, il se cramponne a ses deux soutiens, ct quand ceux-ci font mine de s'ecarter il les retient desesperement en criant : « Au nom du ciel ne me lachez pas, je vais tomber », en un mot, il semble presenter un trouble considerable de la marche.

Maintenant, qu'il est assis, il se calme peu a peu et nous pouvons examiner ses jambes; elles sont absolument normales, aucune contracture, aucune paralysie, une tres grande force pour resister aux mouvements passiTs, integrity absolue de tous les reflexes. Yous connaissez ce syndrome, impossibility de la marche sans aucun trouble des jambes, vous Tavez vu dans Thysterie, s'agit-il done d*astasie-abasie hystc^rique ? D'abord elle serait incomplete; en eflet ce malade presente un detail curicux, c'est qu'il se tient tres bien debout immobile et m6me que son metier le force a rester tout le jour debout devant son etabli, ce qui lui est indiffiSrent, il y aurait done chez lui de Tabasie pure. Mais nous n'observons aucun stigmate hysterique, aucun fait caracte-

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ristique qui rappelle Thyst^rie dans la longue vie de ce malade. En outre, il n'y a pas ici paralysie systematique pure, il y a ^norme angoisse aussit6t qu'il essaye de marcher.

Vous pourrlez alors penser a la maladie si banale de Tagoraphobie ; mais quoique le cas s'en rapproche, ce n'est pas tout a fait la m6me chose. Le trouble se pr^scnte comme vous venez de le voir dans une chambre, il n'augmente pas dans les grands espaces et le malade sent bien que c'est la marche qui le pr^occupe ct non pas les grandes places. Nous croyons done que c*est la marche meme qui determine de Tangoisse ; il s'agit de la maladie deja decrite par Biswanger et par S^glas, maladie que ces auteurs ont appele la disbasie emotwe et qui est en somme une phobie de la marche,

Le pauvre homme pretend que cela lui est venu brusquement ilya neuf ans, maisau dire de sa femme, il a toujours 6t6 plus que bizarre : il ^tait inquiet et irritable, et bien des ann^es avant le trouble actuel, il avait presents une phobie du bruit, il avait peur qu'on ne parlat haut, il se mettait au d^sespoir si ses enfants riaient trop fort. II y a neuf ans, il a eu une sorte dc congestion et de vertige, le m6decin a examine ses jambes, ce qui Ta inqui^te ; depuis ce moment, il s*est preoccupy outre mesure d'un chemin qu'il doit suivre pour aller a I'usine. II parait qu'il y a un endroit oil la route est etroite entre deux fosses, son inquietude vague s*est pr^cisee sur ce point : « Si mes jambes sont faibles, si j^ai un vertige je tomberai dans le fosse. » La marche Fa pr^occup^, elle est devenue attentive, diflficile et angoissante.

Nous pouvons procurer un pen de repos a ce pauvre diable ; s'il prend plus d'energie, il aura moins d'^motion ; mais vous ne vous figurez pas ce'qu'il faudrait de travail et de patience pour guerir, par Teducation psychologique, un pareil symptome qui dure depuis neuf ans chez un homme de 58 ans.

Observations 74 et 76. — Phonophobie.

Ces deux malades presentent un trouble assez frequent qu'il n'est pas tr^s facile de classer, vous pouvez si vous le desirez Ic rapprocher des algles : ce serait une algie de Toreille ; il nous semble qu*il se rapproche plus de la phobie de la fonction. Cette dame de 57 ans, Gld..., a toujours et^ tres nerveuse, dans son

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