I. Cf. i*'^ volume, p. 5a
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Yoisine, pour I'^pilepsle : beaucoup d'auteurs ont relev^ ce fait c'est que les acc^s 6pileptiques ^taient supprim^s au cours des maladies fi^briles : II y a la un fait du in^me genre.
Nous n'avons pas la pretention de rendre compte de ces faits curieux encore si mal connus, nous vous proposons simplement une interpretation provisoire. II nous semble vraisemblable que les troubles psychastheniques sont en rapport non avee une excitation de r^motion, mais avec une depression des fonctions du syst^me nerveux central , depression que nous avons appele une diminution de la tension nerveuse et de la tension psychologique. N'est-il pas possible que certains etats et m^me certains etats d'autre part pathologiques, ne puissent determiner momentanement une excitation du systeme nerveux, excitation qui, chez ces malades deprimes, sera favorable et les ram^nera momentanement au niveau'normal. Nous savons que chez bien des psychastheniques, une excitation morale, les plaisirs, les changements, ou m^me les emotions et les dangers reels vont Les retablir, que chez d'autres Texcitation de Fivresse causee par I'alcool, par I'ether ou par la morphine, va supprimer les hesitations, les ruminations ou les phobies. C*est pour s'exciter et non pour se rendre rouges que les ereutophbbes desirent se griser. L'etat de grossesse determine une 'excitation bien connue de la nutrition qui se manifeste par la pigmentation de la peau, le developpement du systeme pileux, Taccrolssement des tumeurs, pourquoi ne determineralt-il pas aussi une surexcitation du cerveau qui eleverait nos malades au niveau normal ; il est bien probable que la fievre produit un phenomene du m^me genre. Telles sont du moins les reflexions que nous vous proposons de controler et de discuter a propos de cette remarquable modification d'une claustrophobic grave pendant la periode terminate d'une phtisie pulmonaire.
Observations gS, 96, 97. — fireutophobie. — Honie da corps, timidity, abonlie.
Nous reunissons ces trois malades, car lis presentent tons trois le meme syndrome, assez frequent qui a ete depuis quelques annees Tobjet de beaucoup d'etudes. MM. Pitres et Regis, dans une serie de lemons remarquables, ont attire Tattention sur VereutO" phobie ou la peur de rougir. Leur description est si complete que
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nous n'Insisterons pas sur le fait lui-m^me que vous trouverez tres bien expllqu^ dans beaucoup de m^moires. Cette femme de 27 ans, Gvl..., qui a toujours 6t6 une nerveuse, a eu des tics a I'age de i3 ans, des phobies de la mort a 23 ans, maintenant elle souffre depuis deux ou trois ans, d^une autre phobie. Eile a peur qu'il ne lui vienne de plaques rouges a la figure d^s qu'elle essayera de se montrer en public. Nous ne voyons rien d'anormal sur son visage quand elle est devant nous; mais c'est, ditelle, parce que nous sommes des m6decins ; comnie beaucoup de phobiques elle est rassur^e par la medecine. D^s qu'elle est devant d'autres personnes, elle a le visage qui rougit, et cette rongeur doit etre bien particuliere, puisqu*elle determine dans tout son corps des tremblements, des suffocations, des impressions horribles, a II y a quelques ann^es, dit-elle, j'avais terriblement peur de la mort : eh bien, il me semble maintenant qu'il vaudrait mieux mourir tout de suite que de recommencer a rougir en public. ))
Cette autre malade, cette jeune fille de 21 ans, VI..., nous semble avoir une apprehension plus justifi<^e, car il est incontestable qu^elle a le nez rouge. Son nez pr^sente cette rongeur a I'extremite et des deux cotes de la racine que nous avons remarque d6s nos premieres lecons chez les neurastheniques, surtout quand ils ont de mauvaises digestions et qu'ils sont constip^s. Mais ici, cette rongeur determine de tout autres accidents ; cette jeune fille ne pent pas s'empecher de la sentir comme une brt!ilure et d'y penser sans cesse. Cette pensee determine une grande angoisse, si douloureuse qu'elle refuse absolument de s y exposer davantage. Elle .souffre deja bien assez de la rongeur de son nez lorsqu'elle est seule; cette rongeur augmenteet determine une angoisse bien plus horrible si elle est avec d'autres personnes, par consequent, il vaut mieux ne plus jamais sortir, ne plus jamais s'exposer a 6tre vue. En un mot, elle s'enferme dans sa chambre et se soumet a un isolement absolu.
Ce troisieme malade, Toq..., age de 27 ans, n'est guhre rouge, tout au plus a-t-il sur les joues une l^gere coloration que nous n'aurions pas remarque s'il ne nous Tavait pas signal^e. Cette rongeur augmcnte quand il est en public; quand il doit passer un examen, elle s'accompagne d'angoisse et de troubles intellec-
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tuels, elle lui fait perdre la m^moire et le fait refuser aux examens. II voudrait pouvoir dissimuler cette rougeur, il a d6ja mis de la poudre de riz, et comme ie malade c^Iebre de Casper, il a envie de se peindre la figure en rouge. Cette rougeur artificielle et perp^tuelle emp^cherait de voir quHl devient plus rouge quand il parle a quelqu^un. II est dispose aussi, comme beaucoup de malades semblables, a user de Talcool avant|d'entrer chez quelqu'un (( car il y aura ainsi, dit-il, une rougeur artificielle qui emp^chera de voir la rougeur de la timidity. )>
En un mot, nous voyons chez ces trois malades, deux ph6nomenes associ6s : i° Une rougeur plus ou moins s^rieuse de la face en rapport avec des troubles vaso-moteurs, et 2® le ph^nom^ne de Tangoisse que nous avons d^ja 6tudi^s chez beaucoup d'autres psychasth^niques. Quelle relation faut-il 6tablir entre ces deux ph^nomenes ? La plupart des auteurs qui ont ^tudie Tereutophobie, insistent sur le premier ph^nomene, celui de la rougeur ; ils le considerent comme le plus important et comme la veritable cause du second. II y a, disaient MM. Pitres et R^gis^ d^abord une ^reutose simple quand la rougeur se produit sans aucune modification consciente, il y a ensuite une ^reutose Emotive quand la rougeur accompagne T^motion, ainsi qu'il arrive chez les jeunes filles qui rougissent quand on les regarde, et enfin il y a T^reutophobie quand la rougeur am^ne de Tangoisse, le dernier degr^ semble n'etre que le developpement des precedents.
Eh bien, nous ne sommes pas convaincus que Tereutophobie soit le developpement, Texageration de Tereutose simple : on peut avoir une peau qui rougit, avoir meme de la rougeur emotive a un degre enorme et n^etre en aucune maniere un ereutophobe, nous ne croyons pas que ce soit le trouble vaso-moteur qui, en grandissant, amene la phobic. Inversement, on peut etre ereutophobe avec une rougeur tres minime : sur nos trois malades, il n'y en a qu^une qui soit vraiment rouge ; les deux autres n'ont pas grand'chose. Nous aurons Toccasion de vous parler d'une scrupuleuse bien plus gravement atteinte, qui a des angoisses horribles en pensant a sa figure rouge, qui, a cause de cette phobic, reste enfcrmee depuis six ans, et qui en realite n'a jamais rougi. Son teint mat manque plutot de coloration et palit lorsqu'elle est emue. Nous ne pouvons pas considerer la reaction vaso-motrice du visage comme la cause de Tangoisse. L'associa-
tion de ces deux ph^nomenes nous parait presque accidentelle, de meme que Tassociation de Tangoisse des claustrophobes avec un tunnel. La rougeur du visage est une occasion a propos de laquelle se d^veloppe une angoisse latente due a de toutes autres causes en g^n^ral plus anciennes.
Yous pouvez le verifier sur nos malades, la premiere est une ancienne phobique ; a 23 ans elle avait des idees hypocondriaques et des angoisses en pensant a la mort. II y avait alors de Fangoisse sans aucune reaction vaso-motrice de la face. Pourquoi Tangoisse a-t-elle change d'objet ? Est-ce parce que la figure s'est changee ? Point du tout, c'est parce que cette femme depuis deux ans s'est mise en t^te de devenir actrice. Elle veut se montrer en public, ce qui n'est pas facile, et ce qui d'ailleurs lui r^ussit fort mal. Elle est en r^alit^ aboulique et tlmide; Tefibrt qu'elle fait determine par un m6canisme connu les angoisses physiologiques. C'est tout a fait accidentellement qu'elle a remarqu^ cette rougeur, elle aurait tout aussi bien pu remarquer la gene du mouvement des bras ou la faiblesse de son esprit. Mais cette rongeur du visage une fois remarqu^e, c'est avec elle que s*est associ^e Tangoisse due au d^faut de capacity et a la timidit6.
Notre jeune homme est encore plus typique, c'est un ancien scrupuleux; depuis Tage de i3 ans, jusqu'a T^ge de ao ans, il a eu une obsession et une phobic toute differente. C'6tait Tobsession de sa moustache ; elle avait pouss6 de bonne heure et cela lui paraissait ennuyeux et coupable, bien entendu parce qu'une id^e de faute sexuelle se rattachait dans son esprit a cette apparition pr^coce des moustaches. En un mot, c'^tait ungar^on fatigue par la puberty qui 6tait devenu aboulique et inquiet. Le sentiment d'incompl^tude qu'il ressentaiten raison de son abalssement mental se rattachait tant bien que mal a un detail quelconque qui semblait le justifier. Yous voyez bien que chez lui la phobie et meme une phobie analogue, due ^galement a la timidit<^, a exist6 huit ans avant qu'il ne pensat a la rougeur. Est-ce que sa rougeur n'existait pas ? Si ce garcon rougit £127 ans, il est bien probable qu*il rougissait a 16 ans; mais a ce moment I'angoisse n'^tait pas associ^e a la rougeur parce qu'elle etait associ^e a autre chose. Yers Tage de 20 ans, Tobsession des moustaches diminua. Pourquoi ? Peut-6tre parce qu'il se portait un peu mieux, qu'il avait moins d'aboulie et moins d'angoisse ; mais surtout parce qu'a TSge de 20 ans, les moustaches devenaient beaucoup plus naturelles et
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ne pouvaient plus presenter a I'esprit une explication suflisante de rinqui^tude. Cependant quelques ann^e&apres, sousrinfluence des fatigues caus6es par les examens, la depression mentale recommence. EUe ne pent plus s'associer avec les moustaches, il lui faut un autre symbole en quelque sorte, c'est alors que Toq... remarque la rougeur de sa figure et que les deux phenom^nes se lient. L'habitude qu'ont souvent les ereutophobes de prendre de Talcool pour 6viter leur angoissenous semble tres mal interpr^t^e, quand on r^pete les paroles du malade et quand on dit qu'il boit pour se faire rougir d'avance. S'il en etaitainsi, pourquoi done retrouverait-on la m^me habitude chez les agoraphobes et chez tous les phobiques qui ne pensent pas a se faire rougir. L'alcool est simplement un excitant nerveux qui remonte momentan^ment leur tension mentale, les rend moins abouliques, moins inquiets, les rapproche de Taction r^elle et par consequent diminue leur? angoisses, qu'ils rougissent, d'ailleurs, ou qu'ils ne rougissent pas.
La dernifere jeune fille, VI..., rentre un pen mieux dans la description de r^reutophobie pure, car elle ne semble pas avoir commence par d'autres phobies. Mais si Ton fait une analyse plus delicate de son etat mental, on voit qu'elle a ^t^ depuis longtemps une timide bien avant qu'elle ne se preoccupat de sa rougeur. « J^ai eu, dit-elle, une enfance triste et isol^e, quand j'^tais avec d'autres fiUettes, je ne pouvais pas me mettre au niveau de leur gaiete, je ne prenais pas de plaisir aux jeux ou Ton voulait me m^ler, et quand j*essayais, cela me donnait envie de pleurer. »
N'est-ce pas d^ja de Timpuissance a s*adapter au moment present et de la derivation Emotive. II aurait suffi d*un hasard pour que cette emotivite se rattachat a la pensee, d'une difFormite quelconque et qu^elle imaginat (c avoir une t^te de chat » comme une petite malade que nous verrons. Mais les troubles neurasth^niques ont fait rougir son nez et c'est accidentellement que Tangoisse s'est portee sur le nez et sur la rougeur. Sans doute, on soulagerait momentan^ment ces malades si on pouvait supprimer leur rougeur, mais nous ne sommes pas convaincus qu'on les guerirait, meme en les peignant en blanc : leur angoisse se porterait sur autre chose et voila tout.
D*autres malades, atteints de cette forme de psychasthenic que Morselli appelait la dysmorphophobiey ont de Tangoisse a propos d'une petite difformite du visage. Nous avons soign6 une jeune
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femme boulevers^e et malade d'angoisses, parce qu'elle avait une petite cicatrice aubout du Dez, r^sultat d'un petit abc^s. Faudrat-il expliquer revolution de cette phobie en disant : premier degr^, simple bouton d'acn^ au bout du nez ; deuxi^me degre, bouton d'acn^ accompagn^s de sentiments d'^motion desagreable; troisieme degr^, phobie des boutons et des cicatrices; ce serait evidemment pu^ril. En un mot, de ces deux phenomenes, la rongeur et I'angoisse ou la cicatrice et Tangoisse, nous nc considerons pas le premier comme le ph^nomene essentiel et causal. Nous ne le consid^rons que comme une occasion pour le developpement ou mieux pour Tinterpr^tation d'angoisses qui prennent leur origine en dehors dans des modifications beaucoup plus g^n^rales de I'^tat nerveux et de Tetat psychologique. Ni au point de vue de rinterpretation, ni au point de vue du traitement, les ereutophobes ne nous paraissent difKrer des autres psychasth^niques.