‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 57 sur 116 · LES TICS ET L' AGITATION MOTRICE · texte numérisé non relu

LES TICS ET L' AGITATION MOTRICE

sition de la maladie des tics et du d^Iire du scrupule ? Mais les tics eux-memes se rattachent tr^s ^troitement a des manies mentales. Cette fa^on de verifier, par un petit geste physique, s'il a mal a la t^te ou si son col est bien mis se rattache 6troitement aux manies de verification et de precision. Pourquoi done aprfes avoir v^rifi^ une fois ne s*arrete-t-il pas, si ce n'est parce qu'il n'est jamais satisfait de sa verification, parce qu*il doute toujours. Le tic a done ici sa source dans la manie du doute, c'est une simple forme de la m6me maladie mentale.

Ajoutez que ce gargon est un aboulique, qu'il n'ose prendre aucune decision meme pour la couleur d'un pantalon, que c'est un paresseux, un distrait, plein de bonnes intentions, mais qui ne fait rien. Ajoutez qu'il a fr6quemment mal a Testomac, mal a la tete, que c*est un neurasth^nique. Enfin ajoutez que le grand-p^re s'est suicide, que le pfere est un hypocondriaque, qu'une tante maternelle est 6pileptique et nous croyons que vous n'aurez pas de peine a admettre avec nous que ce casde tics ne doit pas former une maladie a part mais se rattache aux psychasth^niques que vous connaissez.

Le traitement en dehors des mesures g6n6rales d'hygiine que nous appliquons a tons les psychasth^niques a consists dans une reeducation de Tattention et de la volonte motrices. Dans des seances reguliferes, trois fois par semaine, nous le faisions rester immobile devant nous. II devait se surveiller, arr^ter le mouvement de sa tete pendant que nous comptions dix, vingt et bient6t cent. II devait faire avec attention des mouvements du cou, les repeter regulierement pendant un quart d'heure, etc. Ces exercices ont supprime le tic du mouvement au bout de trois mois, mais les manies mentales subsistent et il est bien probable qu'elles vont faire naitre d'autres tics ou donner naissance a d'autres phenomenes psychastheniques.

Observation 99. — Tics, agitation motrice. — Amour des a/iimanx, phobies, manies mentales, algies, Mriditi,

Yoici une fillette de i3 ans, Ho..., sur laquelle nous pouvons repeter les memes remarques que sur le malade precedent. Au premier abord c'est simplement une tiqueuse : quelques-uns de

ses tics sont vuigaires, elle met ses doigts dans son nez, elle ronge ses ongles jusqu'au sang; depuis quelque temps elle y ajoute un mouvement plus singulier, elle a une secousse lat^rale des hanches de mani^re que son ventre frotte contre sa robe, cette secousse se repete toutes les cinq minutes, elle alterne avec la morsure des ongles. La mere se d6sespere de ne pouvoir arreter ces tics, maisla petite pretend qu'elle a besoin de les faire, elle sent « comme une peur, un sentiment qu'il lui arrivera malheur, si elle ne les fait pas, il lui semble, dit-elle, que c*est comme un devoir de les faire ». Yous reconnaissez ici le fameux sentiment d'obligation, dHrresistibilite des scrupuleux qui ont des manies mentales. C'est, remarquons-le en passant, ce sentiment subjectif d*obligation des malades qui a conduit les ali^nistes a appeler ces ph^nom^nes irresistibles. Ce tic rentre sinon dans les Zwangsvorstellungen de Westphall au moins dans les Zwangsprocessus de Meschede.

Aussi ne serez-vous pas ^tonn^s de constater qu'il y a chez cette enfant bien d'autres troubles pathologiques de Tesprit. Elle a des amours passionnes pour certaines personnes qui doivent la diriger constamment ou m^me pour certains animaux qui lui servent de fetiches ; elle pleure et se d^sesp^re, elle declare qu'elle se sent pouss^e a mourir aussi quand on tue devant ello une mouche ou une araign6e. Elle a par moments des refusd'aliments, parcrainte d'engraisser, par crainte de grandir ; elle a la manie des mesures et des nombres et depuis six mois elle ne consentirait jamais a mettre un vetement avant de savoir parfaitement sa longueur et sa largeur en centimetres et de les avoir veriG6es ellememe, etc.

Nous n*insistons que sur un trouble, sur son agitation motrice a r^cole, c^est la un trouble frequent chez ces enfants dont nous vous parlions dernierement chez qui Tattention am^ne des mouvements incoordonnes. Elle est tr^sintelligente, elle sait une foule de choses, elle a m^me une raison et un bon sens qui sont plutot trop pr^coces ; mais elle ne pent pas fixer son attention plus de quelques minutes de suite. Au bout de ces quelques minutes elle necomprend plus, ne pent plus ecouter et, si elle essaie d'iusister, elle se contorsionne, grimace etpoussem^me depetitscris. Lamaitresse d'^cole, qui n'est pas forcee de connaitre les maladies mentales, la punissait et a fini par la renvoyer. Nous connaissons d^ja ce fait et nous I'avions consid(^r6 comme une derivation causee par rimpossibilite d'arriver a une tension nerveuse sufEsante.

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