‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 58 sur 116 · LES TICS ET L'ATTENTION · texte numérisé non relu

LES TICS ET L'ATTENTION

Eh bien, ce fait se rapproche singuli^rement a notre avis des tics qui ne sont en somme qu'une forme syst6matique de cette meme agitation motrice. Les tics se produisent dans les m^mes conditions ; tout le monde sait que les enfants se mettent toujours les doigts dans le nez, rongent leurs ongles, font leurs clignements d'yeux quand ils essayent de faire attention au dela de leurs forces : c'est pendant les lemons a Tecole que tous ces tics se d^veloppent le plus. Cette fillette nous dira elle-meme, comme le petit malade precedent, que les tics viennent quand elle veut faire un effort de volont6 ou quand elle commence une Amotion qui d'ailleurs ne se termine pas et se r^soud en tics.

II nous semble done que le caract^re irresistible du tic tient en somme a Taboulie du sujet qui ne pent pas pousser a bout une action importante qu'il voudrait faire. Quant a la forme particuliere du tic qui remplace I'agitation incoordonn^e, elle est la manifestation d'une tendance naturelle du sujet, besoin de verifier, crainte des presages, etc., qui a 6X6 pr^cis^e par tel ou tel ^v^nement. Cette enfant en particuliers'est pr^occupde de son ventre, ne cherchons pas trop loin pourquoi : c'est parce que les poils poussent au pubis et que la puberty se prepare. Ajoutez-y son besoin de verifier, son inquietude et Tagitation va se transformer en un petit mouvement du ventre.

Yous ne serez pas surpris d'apprendre que la grand'mere est enferm^e dans un asile a cause de son delire de persecution, que la m^re est une obsed^e qui a des algies de la vessie et que nous aurons a etudier un de ces jours. La predisposition hereditaire, la preparation de la puberte, en voila assez pour produire Tabaissement de la tension nerveuse, I'aboulie, les derivations dont ces tics sont la consequence. Soignez la sante physique, donnez an peu de fer a cette enfant, tachez de faciliter la puberte et evitez les fatigues de Tattention. Ne prolongez Tattention que graduellement, mais cherchez cependant a la developper par Teducation. Telles sont les precautions necessaires pour eviter revolution de cette pretendue maladie des tics qui est en realite une forme de la grande maladie des obsessions.

Observation ioo. — Tios k la suite d'efforts d'attention. Deux mots seulement sur cette malade pour relever un petit

detail qui nous interesse : ce tie dame de a6 aos, Brr..., nousdit qu*elle a des tics. Cependant vous ue vous en apercevez pas, et vous trouvez qu'elle se tient fort immobile : c*est qu*il Taut a ses tics des conditions sp^ciales pour se d^velopper. Elle est institutrice : pendant la premiere partie de sa legontout marche bien, elie parte facilement et elie n'a aucun tic ; mais elle commence alors a se sentir tr^s fatigu^e et a ne plus pouvoir faire attention, il lui faut beaucoup d'efforts pour continuer sa iegon. A ce moment, elie a, malgr^ elle, des clignements de Toeil et des secousses de r^paule tout a fait interminables. Ces mouvements sont d'autant plus genants qu'elle se sent devant des Aleves, mais plus elle fait d'eSorts pour se tenir immobile devant celles-ci, plus elle a des tics. N'est-ce pas la verification de ce que nous vous disions : le tic se rapproche ici des phenom^nes de la timidity. La derivation au lieu de se faire sur les visceres comme dans Tangoisse des timides sc fait sur les muscles en determinant un mouvement systematise par de vieilles habitudes. Nous disons timidite parce qu'il y a difficult^ de Tacte cause par la presence des Aleves. II y a les tics des timides, comme il y a Tangoisse des timides.

Observation loi. — Tortioolis mental. — Tic de toux, secousses du bras droit, algies des doigls et de la. jambe.

Yoici encore un cas de ce tic classique dont nous vous avons bien souvent pr^sente des exemples. Cette femme de 3g ans, Fous..., tient constamment sa tete tourn6e vers la gauche et un pen inclinee en avant comme si elle voulait reposer sur I'epaule gauche, celle-ci est d'ailleurs legerement soulev^e. II n^yapas ici de mouvement saccade qui se r^pcte c'est plutot une attitude permanente (fig. 8).

L'examen du cou nous montre que le sterno-cleido-mastoidien du c6te droit est fortementtendu, le muscle estgonfle et il semble tres gros, plus gros evidemment que le muscle du cote oppose. Cependant il ne s'agit pas d'une contracture de ce muscle, nous pouvons sans difficulte relever la tete etla tournerdu cote oppose. Pendant que nous executons ce mouvement le sterno-cleidomastoi'dien se relache. Aussitot que nous abandonnons la tete, ce muscle se contracte de nouveau et la tete reprend sa position habituelle. Est-ce un spasme tout a fait involontaire ? Une re-

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