INTRODUCTION XI
jouentle role principal dans Tadaptation exacte de Tindividu a la r^alite donn^e ct presente : la volontc, rattentioq, la croyance a ce qui existe actuellement, Ics sentiments agr^ables ou p^nibles, bien en rapport avec cette r^alite. Les operations psychologiques sont, en efTet, d'autant plus aisees, demandent d*autant moins d'energie nerveuse qu'elles sont plus eloignees de la rdalite presente. On sait, depuis longtemps, que les malades se souviennent mieux des evenements anciens que des ^venements recents, les plus engages dans la connaissance de la reality presente ; Tun de nous a montrc^, chez les psychastheniques, bien des faits qu'il faut rapprocher de celui-la. Ces malades conservent le pouvoir d*evoquer des souvenirs, de construire des conceptions imaginaireSy de raisonner m^me trcs correctement ; en un mot, ils ne pr6sentent point de troubles psychologiques dans les fonctions qui s*exercent sur le passe, sur Timaginaire, sur Fabstrait. Mais, ils se montrent impuissants, des qu*il s*agit r^ellement, de faire attention a ce qui existe au moment present, de percevoir les faits avec le sentiment vif de leur r^alit^ presente. lis semblent etre tres ^motifs, mais il faut pr^ciser en quoi consiste cette 6motivite apparente : ils n^eprouvent que des anxiet^s mentales, et des angoisses viscerales vagues, sans adaptation precise, uniquement a propos d'evenements anciens ou d'appr^hensions confuses et its se montrent en reality tres froids, tres indiiferents, quand il s'agit d'eprouver des emotions nettes, des sentiments precis en rapport exact avec la situation ou ils se trouvent. C'est la ce que nous avons designe sous le nom de perte de la fonction du reel, sous le nom de diminution de la tension psychologique. Cette tension presente de v^ritables oscillations sous bien des influences, tantot sous Taction de certains ph^nom^nes physiques et de certaines intoxications, tantot par le mecanisme de ph6nomenes moraux, dont les plus importants semblent les Amotions ^ II est Evident, qu'au debut, cet abaissement de la tension nerveuse et de la tension psychologique n'a rien de caract^ristique et quMl se retrouve a peu pres le m^me au point de depart d*un grand nombre de n^vroses et meme de psychoses ; tout au plus peut-on remarquer que cet afTaiblissement mental tend a prendre, soit dans son evolution, soit dans sa localisation, des formes un peu particulieres qui vont se preciser dans les