LES TIGS ET LE DELIRE DE SCRUPULE
contre tr^s fr^quemmeDt chez les psychastheniques, elle avait le sentiment « qu*elle jouait la com^die, qu'elle faisait expr^s d'avoir des tics ridicules ». Mais ces pens^es ^taient passageres et pendant les p^riodes des tics Tesprit restait en apparence assez sain.
Pendant trois ans on essaya de tons les traitements sans pouvoir diminuer les tics. Enfin on voulut essayer de Thypnotisme et la malade fut isol^e et soumise a des essais reguliers d'hypnotisation. Quelle que fut la patience du medecin et du sujet jamais il ne fut possible d'arriver au sommeil hypnotique. Ce point est a remarquer car nous souteuons precisement que les psychastheniques ne sont pas hypnotisables et que ce caract^re tr^s important contribue a les separer des hysteriques. Mais pendant ces stances on repeta a la malade qu*il fallait faire effort sur ellem^me, se dominer, qu'elle pouvait, si elle le voulait, arreter ces tics qui faisaient son desespoir et rendaient tout travail impossible : elle finit par s'en ^motionner. Elle ressentit en elle-meme une impression bizarre. « Je me suis decourag^e, il m'a semble que tout partait en dedans de moi-meme, je ne me suis plus sentie la m^me, je n'^tais plus moi, je jouais tout a fait la com^die, je n'avais plus de bonne volonte, plus de volont^ du tout. »
Cette Amotion et ces reflexions amenerent deux r^sultats egalement curieux, d'abord les tics se mirent a diminuer, puis a disparaitre et Tagitation ne se manifesta plus au dehors par des mouvements des membres. Mais la jeune fille ne fut pas gu6rie pour cela, elle resta plus immobile, plus morne que jamais. « Je ne peux plus rien faire, disait-elle, je n'ai plus envie de rien, je ne prends plus plaisir a rien, je n*ai meme plus de chagrin de ma maladie et cela ne me fait rien de faire de la peine a mes parents, je ne veux plus vivre et d'ailleurs je ne sais plus si je vis, ce n'est plus moi... ))
C'est la un abaissement mental plus considerable que pr6c^demment avec aboulie, apathie et perte plus grande des fonctions du reel. Mais la derivation qui tout a Theure se faisait par des tics a-t-elle disparue? Non, seulement elle est devenue diff*6rente, elle est devenue mentalc : la malade rumine perpetuellement, s'analyse indefiniment, elle s'interroge sur le traitement hypnotique: « Pourquoi est-ce qu'on n'a pas pu Tendormir, quand le medecin avait dit qu'il endormait tout le monde ; c*est done qu*elle est diff^rente des autres, c'est elle qui a r^siste et qui ne s'est pas pretee au traitement, c'est sa fautc si elle n'a pas ete
tU LES TICS
^D^rie. ce qoi loi reste est-ce de la paresse doot eUe soil responsable derant le boo Dieo... ? que faot-il faire poor chercher a se rattraper qoand on est tombee ainsi, ete... ? m C*est en ee moment de ragitation men tale, ee qne Ton appelait aatrerois de la folie do doate.
Noos tenions a Tons faire remarquer eette sobstitotion de la folie dn donte a la maladie des tics; cela confirme nne fois de pins ee qne nous disions sur I'identite fonda men tale des deux maladies qui ne sont c{ue deux aspects, deux phases de la deriTation dans la psjchasthenie.
Cela nous donne anssi quelqnes enseignements snr le traitement des tics. C*est nne erreur a not re avis de ne Toir dans le tic qne la maladie du mouTcment et de ne s'occuper que de modifier le mouTement. On pent tres bien supprimer le tic d*un tiqneur sans le gnerir en aucnne fagon et m^me en aggravant son mal. L'essentiel n>st pas cette forme de derivation qui donne le tic, Fessentiel c^est Tabaissement de la tension ner^euse, c'est la suppression des phenomeoes psychologiqaes soperieurs de la voloni^ de Tattention, du plaisir du present. Ce sont ces phenomenes-la qn'il faut s*eSbrcer de faire remonter par tous les procedes phy* siques et moraux et c*est pourquoi Tun de noos disait deja il j a dix ans que la guerison da tic consiste a apprendre an sojet a faire attention. Quand on reossit a guerir un tic en habituant le malade a faire certains mouvementSy il ne faut pas se figurer que ce sont ces moovements qui Font gueri. Ce qui Ta gueri, c'est la eonfiance que le medecin a su lui inspirer dans le traitement, ce sont les emotions heureuses que Ton a excitees, ce sont surtout les eflorts d'attention qa*on lui a fait faire graduellement. II nous semble que M. Dubois de Saujon a tres bien indique, d^apres notre enseignement, comment les tics se guerissent de cette maniere. Si en ne s'occupant que du mouvement on n'obtient pas ramelioration de Tetat aboulique on amenera simplement une transformation de la maladie doot nous venons de voir un exemple.
Observatiox 1 1 3. — Crise de tics. — Mourements de danse^ cris^ pa ro les fjrossierex, ru m ina lions^ scrup u les e t iJees de perseca lion .
II est sou vent utile de revoir, apres un long iatervalle, nos