LES TICS DE COPROLALIE
anciens malades afin de nous mieux rendre compte de revolution des symptomes. C'est pourquoi nous vous demandons la permission de remettre sous vos.yeux cette vieille malade que beaucoup d'entre vous ont bien connue il y a deux ans. Qi..., ag^e maintenant de 54 ans, avail, quand elle s^est pr^s^nt^elci ilya quatre ans, une roaladie bien curieuse, la maladie de la danse. Brusquement elle se levait de sa chaise, faisait des pirouettes, de grands gestes de danseuse d'opera, saluait, se penchait en arri^re, tournait sur ses pointes, etc. Dans le second volume de notre travail sur les n^vroses et les id^es fixes vous trouverez des photographies amusantes representant quelques-unes des diverges poses que prenait cette bonne dame\ Nous vous avons expliqu6 a cette epoque comment ces danses s'^taient d6velopp6es au moment de la menopause, a rimitation des danseuses tie ballet que Qi... allaitsduvent voir pour se distrairede ses tristesses. C'estla suite de cette observation singuliere que nous voudrions vous presenter aujourd'hui.
Peu a peu sous Tinfluence de Tisolement, du calme, d'un traitement tonique et de quelques suggestions nous sommes parvenus a diminuer ces tics de danse. Nous exercions la malade a rester devant nous, a nous causer en faisant attention a ce qu'elle disait sans se laisscr aller a ses reves qui amenaient infailliblement les danses. Elle parut se gu^rir peu a peu et a quitt^ Thdpital apres quelques mois.
Bientot la maladie a r^apparu sous une deuxi^me forme: Qi... poussait des cris aigus ^pouvantables ou bien elle langait a tuetete des injures et des mots orduriers, ce fut une veritable crise de coprolalie. On pent remarquer a ce propos que les tics de cette dame sont toujours bien d^sagr^ables pour elle : c'est une dame ag^e, d'un aspect s^v^re et vdn^rable ; il 6tait d6ja singulier de la voir danser, il etait plus singulier encore de I'entendre hurler un repertoire de barriere qui convenait peu a sa figure. Dans toutes ces maladies de la volont^ ce sont toujours les actions qui d^plaisent le plus aux sujets, qui sont le plus en opposition avec leurs desirs, qui s'imposent ainsi a eux. Remarquez cependant que ces impulsions sont rarement completes. Cette dame ne vociferait pas ainsi devant tout le monde : dans la rue en presence d'inconnus qui auralent pu ne pas comprendre le sel de ces plaisanteries et lui faire une mauvaise affaire elle se tenait parfaitement tranquille.