LES MANXES DE LA PERFECTION
furent jamais com{)I^tes, mais ces stances permirent de lui faire faire de v^ritables exercices pour pousser jusqu'au terme rimmobilite, le sommeil, reffortiiiusculaire,refirortd'imagiDation, Teffort de croyance et de conBance. Elle dut mettre une grande attention au premier aete de miction et se soumettre a la suppression de tous les autres. Malgr6 quelques alternances d'am6lioration etdes rechutes elle a ^te gu6rie en six mois. Nous ne pr6tendons pas qu'elle ne reste pas scrupuleuse et qu'elle ne puisse pas recommencer une autre manie, elle aura toujours eu une certaine tranquillity pendant un temps que nous souhaitons assez long.
Observation i38. — Manie de la perfection g6nitale. — Masturbaiion, sentiment dHncomplUude g4nitale.
Nous voudrions vous parler aujourd'hui a propos de deux ma> lades d'un sujet d^licat mais qu'il faut aborder ici sans fausse honte, parce qu'il est serieux et tout a fait important au point de vue scientifique et therapeutique.
Voici d'abord Thistoire d'une dame de a6 ans, Loa..., dont toute la maladie depend d'un trouble, d'une mauvaise hygiene des sensations genitales.
Comme antecedents h^reditaires, rien de bien net ; la malade elle-meme semble avoir ^te normale dans Tenfance, tout au plus un pen 6motive et faible de caractere ; elle fut r<^glee a i3 ans sans rien de particulier. A i5 ans, une bonne, parait-il, lui enseigna en secret la masturbation en lui d^montrant que cela ^tait n^cessaire pour avoir de fraiches couleurs. La jeune Bile en prit I'habitude et arrivaita provoquerle spasme d*une fagon tres sufRsante. Elle se maria tres jeune, a i8 ans, en ayant de Taffection pour son mari. Elle ne fut pas emotionn^e par la vie conjugale, mais elle n^eprouva absolument rien dans ses rapports avec son mari. Cette frigidite de la femme dans le mariage est extr^mement fr^quente, elle joue un grand role dans bien des troubles physiques et moraux et elle a plus de consequences sociales que vous ne le supposez. Ce trouble peut etre du a bien des causes, souvent a Tego'isme ou a Tignorance du mari qui ne tient pas compte de la difference des phcnomenes g^nitaux dans les deux sexes ; mais il depend plus souvent encore et dans ce cas en particulier de la masturbation prealable de la femme. Nous avons bien souvent
constats que les esprits faibles ne peuvent faire certaines actions, 6prouver certaines sensations que dans des conditions tres speciales auxquelles ils se sonl accoutum6s : changez les conditions et ils deviennent paralyses ou insensibles. Cela est surtout vrai du sens genital. Que d'individus ont besoin pour cette fonction d'une personne particuliere, d'un milieu special, d'une attitude d^terrain^e et quelquefois ridicule. La jeune fiUe habitude a sentir r^motion, grace a une masturbation sp^ciale, devient souvent incapable de rien ^prouver aux approches du mari.
En tout casy au d^but, Loa... n'en fut aucunement troubl6e. Elle continua seulement, a part, les pratiques qui lui r^ussissaient et ne se pr^occupa pas de sa froideur avec le mari. Elle croyait I'aimer tr^s sufBsamment et elle eut m6me un enfant dans de bonnes conditions. Pen a pen seulement, probablement a cause de Texcitation de la vie conjugale, elle abusa de ses pratiques au point de les r^p6ter plusieurs fois par jour, mais sans en souffrir.
II y a deux ans, elle eut divers troubles abdominaux rattaches probablement avec raison par le chirurgien a un rein flottant et on la decida a se faire op^rer a Thopital Necker. Cela est absolument en dehors desph^nomenesg^nitaux; mais a Thdpital elle fut amende a supprimer completement les pratiques auxquelles elle se livrait, et cela pour plusieurs raisons : d'abord lacrainte de Top^ration, puis la soufTrance consecutive, ensuite le s6jour dans une salle commune emp^chaientces pratiques. Maisil y eut surtout une raison assez bizarre : en se promenant a Necker, elle eut Toccasion de visiter le mus^e installs dans le service du Professeur Guyon et la elle entendit des explications qui lui firent une grande impression. On lui montra des objets curieux trouv^s dans la vessie de jeunes filles qui les avaient laiss6s entrer par m^garde, une ^pingle h cheveux, par exemple, d^couverte et retir6e au moyen de Tendoscope, etc., et a ce propos elle entendit ^num^rer les dangers auxquels s'exposaient les femmes qui avaient de pareilles habitudes. Elle fut terrifiee, se jura de ne plus recommencer et, chose curieuse, tint parole.
Voici done supprim^e radicalement cette excitation sp^ciale qui, ne Toublions pas, se r^p^tait depuis bien des ann^es plusieurs fois par jour. Que va-t-il en r^sulter ? C'est une curieuse experience ?
Le premier r^sultat est bien int^ressant, quoiqu'il ne faille pas trop se presser de le rattacher a cette cause. Cette femme qui