‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 2)Chapitre 88 sur 116 · LES MANIES DE L'BXPIATION · texte numérisé non relu

LES MANIES DE L'BXPIATION

resultatde son s^jour a et6 heureux. Nous n'avons pas eu beaucoup d'efforts a faire pour ralimenter, il a suffi de lui montrer la sonde et de lui faIre coraprendre qu'elle seralt nourrie de force. Elle en a conclu avcc logique qu'elle n'etait plus responsable de son alimentation puisqu'on la lui imposait et elle a mange tranquilleraent. La discipline qui a limits ses prieres, qui a supprime les reparations lui a et<^ favorable et il a suflTi de quelques exercices r^guliers d'attention pour qu'elle se sentit a peu prfes rassuree. Elle sort guerie de ce premier acces.

Observation i43. — Manie de reparation. — Manie du symbole,

tics.

Deux mots seulement sur ce malade, Rd..., qui est identique a la jeune fille precedente, il repare aussi constamment ses prieres, son travail, son attention insulFisante. Mai« il repare autrement : il se borne a frapper un petit coup en passant sur les meubles qui sont pres de lui. Cela vous parait insignifiant et ce n^est pas aussi dangereux que le refus d'aliments ; c'est que ce petit acte a pour lui une forme symbolique, il symbolise une expiation. Le fait est ici simple, il faut le retenir, car nous le retrouverons infiniment plus compliqu^ chez de grands malades. Notez que ce petit mouvement a tout a fait I'apparence d'un tic, cela vous montre, une fois de plus, comment les tics se rattachent a toute la maladie du scrupule de nos psychasth^niques.

Observation it\fi. — Manie d'expiation. — Rumination menlale.

Voici un cas beaucoup plus complet de la manie d'expiation dans Icsqucls les ruminations mentales prennent un grand developpement, il se rapproche ^videmment des obsessions religieuscs, mais les id^es fixes sont loin d'etre completes et il nous semble preferable de rapprocher ce cas des manies pr^c^dentes.

Cette jeune fille de 21 ans, Lod..., est tres diiTicile a examiner et a interroger m6me quand on la prend a part ; elle serait bien incapable d'expliquer quelque chose devant vous. En effet, elle ne pent parler de sa maladie sans ^clater de rire et sans se moquer constamment d'elle-meme ; elle est ht^sitantc et embrouill^e,

elle se r^pete, se contredit, puis pretend que ses tourments sont des choses microscopiques et que cela n^est pas la peine d'en parler : ce qui ne Terapechera pas, le leudemain, de recommencer toutes ses absurdit^s. Cette attitude et ce langage sont d^ja caracteristiques. Elle ne peut arriver a aucune expression nette et definitive de son ^tat parce qu*en r^alite, comme nous le verrons, elle n'arrive jamais a un ^tat psychologique complet et termini.

Pour ceux qui Tont observe pendant quelque temps, sa maladie semble consister en une sorte de reverie perp^tuelle et douloureuse qui se substitue a toutes les actions, et qui semble la rendre de plus en plus incapable de prendre part a la vie r^elle. Pour analyser cette reverie, nous la diviserons en deux pb^nomenes essentiels que nous sommes babitu^s a retrouver cbez tons ces malades, le m^contentement ou la critique de Tacte et |e travail d^expiation.

Cette jeune fille ^prouve au supreme degr^ un sentiment de bonte, de remords, a propos de tout ce qu*elle fait, de tout ce qu'ellepense. Si on admet son interpretation, ce sentiment serait justifie par une manie presque sacrilege qu'elle aurait de meler la religion a tout ce qu'elle fait. Elle ne peut pas manger du pain sans penser que Thostie est faite avec du pain et que par consequent il faudrait etre en etat de grace pour le manger. Elle ne peut passer devant une boulangerie sans avoir Tid^e qu'elle passe devant une hostie sans saluer ; il en est de m^me si elle traverse un trottoir ou elle a vu un cracbat, passer outre c^est (c comme si elle envoyait Dieu promener ». Elle ne peut s'babiller ou se d^sbabiller a cause de la presence perpetuelle de Dieu et parce qu'elle trouve quelque impudeur a se dev^tir devant lui, elle ne peut donner a boire a son petit chien car elle craint de souiller ainsi le vin de la messe, etc. Quand il ne s'agit pas de la religion, il s*agit de la morale ; elle ne peut jouer du piano parce qu'elle y prendrait du plaisir et qu'on nedoit pas s'abandonner a Tegoi'sme. Elle ne peut aimer une amie parce que ce serait enlever a ses parents Taffection qui leur est due. En un mot elle a toujours de irbs bonnes raisons a donner du m^contentement qu'elle ^prouve de son acte.

Nous croyons que ces raisons ne sont pas le veritable point de depart du sentiment de mecontentement : elles sont deja Teffet d'une rumination, et une manie de depreciation qui est dejk sur*

venue apr^s un trouble plus fondamental. La T^rit^ c'est que cette jeune fille est depuis longtemps paresseuse, inattentive, et qu'elle est devenue de plus en plus lente. Le fait le plus caract^ristique de Tabaissement du niveau mental est, chez elle, la disparition du plaisir de Tacte : c'est un point sur lequel elle revient perp^tuellement, car elle se plaint de ne pouvoir prendre plaisir k rien. Elle s'amusait autrefois a son piano, aujourd^hui elle ne pent plus se laisser aller a ce plaisir : des reveries religieuses, des idees de culpabilite surviennent au moment oil le plaisir va se d^velopper ; elle ne pent se rejouir avec ses amies, en un mot elle ne peut arriver a aucun sentiment complet. C^est la ce qu'elle a le plus vivement remarqu^, c'est cette absence de plaisir qui determine le plus de m^contentement. II en r^sulte qu*elle ne se sent jamais bien libre : « Meme quand Tid^e ne vient pas, il y a quelque chose qurmeg^ne : je ne me sens jamais libre, et c'est la ce qui me fait croire que j'ai toujours Dieu devant moi. 11 y a comme un point noir dans mon esprit, quelque chose de lourd' qui Temp^che de me sentir libre. C'est pourquoi je ne peux pas renvoyer ces idees de religion qui s'appliquent sur tout. » On a observe que les distractions, les excitations vives lui font le plus grand bien ; si elle etait vrairoent obs^d^e par des id^es religieuses, ces id^es devraient au contraire surgir plus fortement dans un bal. Elle est distraite, dira-t-on ? Non, car il lui arrive au milieu du bal de penser a ses idees religieuses, de se les r^p^ter et elle est toute surprise de voir que ces memes idees n'ont pas leur effet habituel et n*amenent aucunement la gene, I'absence de liberte. C'est que I'excitation a relev^ I'activite au-dessus de ce sentiment d'automatisme, et les idees ne correspondant plus au sentiment paraissent insignitiantes.

La malade ne s'en tient pas a ces sentiments d'incompl^tude meme accompagnes de la manie du symbole religieux. Elle eprouve un tel sentiment d'agacement qu'il lui faut essayer de sortir de cette situation p^nible et la voici qui invente la necessity d'une expiation pour reparer cet acte precedent. « Je ne puis pourtant pas continuer a offenser Dieu, je ne puis pas passer tout de suite a autre chose..., il faut qu*il y ait entre Tid^e mauvaise etles autres actes une petite chose pour satisfaire Dieu. » Au fond il y a encore la un ph^nomene d'aboulie, la difEculte a passer direc- ' tement d'un acte a un autre, le besoin de multiplier les intermediaires. Elle invente done une expiation, mais ici encore elle se

conteDte d*une expiation symbolique, d'un petit mouvement de la tete ou des bras, d*un petit acte absurde. Par exemple, elle devra, apr^s avoir maog^ sa soupe, tourner trois fois sa cuiller dans son assiette vide. « Si les convives la trouvent b^te, tant mieux ce sera un acte d'bumilit^. » Si elle a essay^ de s'amuser dans la matinee avec une amie, il faudra s'efforcer de s'ennuyer Tapr^s-midi avec ses parents.

Maibeureusement, les choses sont loin de se presenter avec cette nettet^ que nous sommes forces d'ajouter en expliquant la maladie. Presque toujours la resolution de se soumettre a une expiation est aussi vague que le trouble initial lui-meme. Lod..., qui n'^tait pas du tout convaincue d'avoir donn^ a boire a son petit chien le vin de I'eucharistie, trouve idiot de se soumettre a une punition pour cela ; dans son esprit elle esquisse un sentiment de protestation. Ce sentiment qui, lui aussi, n'esf pas net laisse encore I'impression de m^contentement, parait gen^, et voici encore la manie du symbole religieux qui recommence. « C'est comme si elle s^^tait moqu^e de Dieu. » A la suite, nouveau besoin d'expiation : puis le cycle recommence ind^finiment. Cette hesitation Fagace de plus en plus et prend toujours le caract^re d'irreligion. « Voici que je joue a la balle avec Tid^e de Dieu, il faut au moins recommencer cette discussion sans y meler Tid^e de Dieu », et elle recommence, en effet, mais de la meme mani^re, bien entendu, et il n'y a pas de raison pour qu'elle termine jamais cette rumination. II faut qu'on Ten tire de force, alors elie est furieuse, parce qu'on la force de se lever sans avoir conclu. « Faut-il done que je laisse mes id^es en litige ? » Ces ruminations se produisent perp^tuellement a tout propos. On lui donne un joli chapeau qui lui platt, elle ne s'abandonne pas au plaisir « parce qu'il faut d'abord remercier Dieu et compenser la coquetterie par un acte d'bumilite. Mais est-il raisonnable de remercier Dieu pour un chapeau, c'est le rabaisser, il faut expier pour avoir m^le Dieu aux choses materielles. Le medecin a dit que cela etait tout a fait 6gal au bon Dieu, mais le medecin n*est pas pretre et, meme s'il etait le pape, il ne pourrait pas la dispenser de cette expiation parce qu'elle lui a mal expliqu^ la chose : c'est Ik qu'est son crime ; elle a mal expliqu^ au medecin, par ^goisme, pour se faire dispenser par lui d'expiations legitimes, etc., etc. ».

On comprend facilement la consequence de semblables rumina-* tions, c'est que toute la vie est remplie par ce travail aussi p^ni-

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ble que futile de la pensee et que I'activit^ pratique, celle qui fait et qui appreud se r^duit de plus en plus. La malade s'en apergoit et soufFre de cette reduction de son activity autant que de ses tourments.

II est evident que cette maladie est due a une disposition particuli^re de I'esprit dans cette famille. II n'y apas cbez les parents de maladie mentalc particuliere, mais il y a une disposition au d^veloppement de Tintelligence au detriment des facult^s actives. Le pere est un d^licat, un impressionnable, la m^re est plus nerveuse, plus faible encore de volont^, elle devient malade pour un changement d'appartement et pr^sente tres peu de faculty d'adaptation. Ce qui montre mieux encore cette predisposition de la race, c'est que la malade a un fr^re qui pr^sente exactement les memes troubles a un degr^ plus grave, puisque chez lui se sont d^velopp^es de v^ritables obsessions religieuses.

Cette malade a 6t6 extr^mement amelior^e par Tinfluence qu'a pris sur elle une de ses amies, c'est ce qui arrive fr^quemment chez les psychasth^niques ayant avant tout besoin d'une direction.

Observation i45. — Manies du presage et du serment. — Aboulie, indecision, manies mentales,

Cette jeunefille, ^g^e de 3o ans, Mw^..., nous pr^sente un bel exemple d*une autre forme de manie mentaletr^scurieuse et tres fr^quente, mais qui, d'ordinaire, est associ^e avec les grandes obsessions religieuses. Chez cette malade, cette manie mentale est encore assez isol^e et nous pouvons T^tudier sous sa forme ty pique.

Cette jeune fille pr^sente d'ailleurs une particularity assez remarquable, c'est qu'elle n'est pas encore r^gUe. A T^ge de i5 ans, elle ressentit queiques douleurs dans le ventre et dans les reins, elle eut des maux de tete. A la suite de ces troubles legers, elle eut des saignements du nez, se reproduisant plusieurs fois pendant deux ou trois jours. Le mois suivant, les m6mes troubles se reproduisirent et amen^rent encore queiques saignements de nez. Les choses se passerent de la meme mani^re pendant deux ans ; puis ces saignements du nez disparurent, et il ne resta qu'une courbature p^riodique devenue de moius en moins carac-

t^ristique. Le fait le plus curieux, c'est que cette malade a deux soeurs a peu pr^s du m6me age et que ni Tune, ni Tautre ne sont r^gl^es. Les organes g^nitaux de cette malade semblent cepeadant normaux, quoique de peu de developpement. Les seins sont rest^s tout a fait infantiles, le mamelon a la grosseur d'une tete d'^pingle comme chez une petite fiUe de sept a huit ans.'Cet arr^t de developpement chez les trois soeurs est remarquabie. II n'y a pas cependant dans. la famille de grandes tares, la mere est seulement nevropathe avec une disposition aux obsessions.

Notre malade en m^me temps que cet arr^t de developpement genital pr^sente une grande faiblesse c^r^brale, cette faiblesse comme nous I'avons d^ja remarqu6 bien des fois, n'affecte pas I'intelligence proprement dite, mais supprime presque completement la volont^ et Tattention, ces facult^s sup^rieures si on se place au point de vue de la vie et de la sant^ morale. Fl^sitante, timide, elle trouve toute action difficile. « II faut loujours, ditelle, que je prenne ma volonte a deux mains pour qu*elle fasse quelque chose, e'est tres penible, je pense toujours trois ou quatre choses a la fois, c'est ce qui m'emp^che de faire ce que je voudrais ; il me semble que je devrais sans cesse ^tre dirigee par quelqu'un, comme un petit enfant. »

Dans ces conditions, se sont d^velopp^es surtout depuis Vkge de vingt ans, une foule de manies mentales, dont quelques-unes nous sont d^ja bien connues : elle a la manie de la repetition et du retour en arriere, il faut qu'elle relise cinquante fois de suite le m^me passage, parce qu*il lui parait lu d'une maoiere insuQisante, il faut que dans la rue elle revienne sur ses pas, repasse avec precision au m^me endroit, qu'elle touche un certain nombre de fois le meme pav^, etc. Elle a des manies curieuses de precision et de calcul : par un exercice continuel, elle est parvenue a reconnaitre imm^diatement avec combien de doigts elle touche un objet. Or, il y a certains nombres de doigts qu'elle redoute ; il faut ^viter surtout de toucher avec sept doigts a la fois. Pour eviter ce malheur, elle refuse de toucher un objet avec les deux mains a la fois. Mais cette precaution devient insuffisante : elle a touche un objet avec une seule main, en appuyant fortement trois doigts et legerement le quatrieme. II en resulte qu'elle a touche avec trois doigt et demi d^une main ; ce qui ferait pour les deux mains, si elle les avait employees, sept doigts et I'impressiou est tout aussi penible que si elle avait employe en realite les

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sept doigts. Une autre manie, c'est ce qu'elle appelle cc la manie de penitence », et que nous connaissons d^ja sous le nom de manie de Texpiation. A chaque instant, elle a envie de se condamner a une privation a propos d*une action ou d'une pens6e quelconque. Mais ce trouble se rapproche d'une derniere manie plus interessante sur laquelie nous voulons insister un peu.

II s'agit de la manie des presages, des serments, des pactesy qui est extr^mement repandue et qui joue un r61e considerable dans le delire du scrupule. II s'agit, dans cette manie, d'une derivation mentale particuUere, I'esprit ne reste pas nettement sur ridee d'une action ou d'une perception, il passe imm^diatement a une autre pensee qui se pr^sente comme une condition li^e a la premiere par les liens de la prediction ou de la promesse conditionnelle. Par exemple, au lieu d'avoir des besoins de r^p^ter le toucher, Mw... va avoir la pensee d*un presage a propos du toucher : « Si je touche cet objet, ma mere succombera a sa maladie », ou bien en lisant elle est arretee devant un mot : « Si je passe ce mot, si je le traverse, ce sera une mauvaise action, j'en serai punie, il arrivera un malbeur a mes soeurs, et ce sera a cause de moi. »

Dans le presage, I'^venement secondaire, associe par la pensee au premier, etait un ev^nementindependant de la volonte du sujet; dans le serment et le pacte, le second ev^nement est une action que le sujet se sent force de promettre pour pouvoir accomplir la premiere. Le serment pent prendre plusieurs formes, et cette jeune fille pr^sente toutes ces variet^s. La premiere et la plus simple se rapproche de la menace : la malade sent sa volonte defaillante au moment d'accomplir un acte qu'elle sait necessaire ou agreable, elle veut tenir sa volonte, la forcer, et elle s'impose a elle-meme des punitions dans le cas ou elle ne ferait pas Taction. <( Si je ne fais pas ma lecture, je jure que je ne sortiraf pas avec ma soeur cet apres-midi. » C'est le langage d'une mere a son enfant qui ne travaille pas bien. Dans une autre variete plus frequente chez cette personne, le serment n'est pas une excitation a Taction presente, il est un arret, a Si je fais telle action presente, jejure de me priver plus tard d'un plaisir auquel je tiens. » II suffit qu'elle desire une action future pour que la pensee de cette action desiree devienne un obstable a toutes les actions presentes. Ainsi, elle desire faire une promenade en bicyclette dans quelques jours; durant ces quelques jours toute sa vie va etre

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troublee, car a propos de chaque action, elle va se sentir obligee de jurer qu'elle renonce a la promenade. « Je veux prendre mon mouchoir dans ma poche, il faut pourtant bien que je me monche : il me semble que si je fais cela, j'ai jur6 de ne pas faire cette promenade en bicyclette, c'est horriblement aga^ant. » Le plus triste c'est que, quand arrive le moment de la promenade d6sir^e, elle ne peut pas non plus I'accomplir, parce que a ce moment, le souvenir de tous ces serments r^apparait : puisqu'elle avait jur^ de ne pas sortir si elle se moucbait et qu'elle s*est mouche tout de m^me c'est qu'elle ne doit pas sortir, les serments passes deviennent maintenant un obstacle pour la promenade elle-m^me. Alors commencent les ruminations : a a-t-elle bien jur^ qu'elle ne se promfeneraitpas, et ces serments sont-ils valables ? » Ces interrogations se prolongent pendant toute la nuit qui pr^c^de la promenade, le matin elle n'est arrivee a aucune solution, et elle reste horriblement agit6e. Le plus grave, c'est qu'a force d'h^sitations et de retards elle finit par ne pas sortir, et qu'ainsi, Tacte a 6X6 v^ritablement supprim^. Ces malades finissent ainsi par supprimer de plus en plus tous les actes : leur vie se restreint et diminue de toutes mani^res. C'est la le grand danger de ces manies, elles aboutissent a I'immobilite, a la suppression de la vie active.

Cette jeune fille sera certainement calm^e par Tusage du bromure, son agitation mentale est trop grande pour que Ton puisse lui faire faire imm^diatement des efforts s^rieux. Elle sent fortement le besoin de direction, il est probable qu*une education analogue a celles dont nous vous avons souvent parl6, r^ussirait facilement avec elle.

Observation i46. -^ Tics et manie du presage.

Vous retrouvez cette m^me manie du presage et du pacte, chez cette enfant de 12 ans, Nard.... Elle semble avoir de simples tics, elle secoue la t6te brusquement, elle marche lentement en 6vitant de mettre les pieds dans Tintervalle des pav^s, etc. Mais ces tics sont compliqu6s de ruminations mentales varices qui la rendent d^ja tres malheureuse, chacun de ces gestes est accom-

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pagn^ d'une longue suite de pens^es : u Si elle ne secoue pas la tete, elle mourra dans la semaine ; si elle ne compte pas bien les pav^s, elle ira en enfer ; si elle a regarde de cdt^ en marchant, c'est un presage de mort, etc. » Ajoutez que le pcre de cette enfant est en ce moment a Sainte-Anne, et vous jugerez comme nous que ces tics qui paraissent si insignifiants, ont cependant une s^rieuse signification pour Tavenir.

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