Troubles de l'attention
» altérations dans le résultat du travail mental révèlent des les assez graves de l'attention. C'est en effet un fait d'obtion vulgaire que l'état de distraction perpétuelle des obsédés.
TROUBLES DE LINTELLIGENCE 363
Baillarger notait déjà « la lésion de l'attention dans la monomanie*». Buccola et Tamburini ont insisté sur l'exagération de l'attention spontanée et Tafiaiblissement de l'attention volontaire.
On peut dire que c'est là le trouble principal qui consiste non dans une suppression des facultés intellectuelles mais dans une difficulté de fixer l'attention. Ils ont toujours l'esprit distrait par quelque préoccupation vague et ne se donnent jamais entièrement à l'objet qu'on leur propose. 11 résulte de celte division de l'esprit qu'il ne donne que peu de force pour l'opération principale. Ils ont de la peine à effectuer les opérations mentales dès qu'elles devieiuient un peu difficiles, ils comprennent mal, n'ont pas de vues d'ensemble, s'embrouillent extrêmement vite dès que l'objet d*étude est un peu compliqué : Xyb... avouequ'elle perd la tête dès qu'elle a plusieurs opérations à faire à la fois. S'il entre quelqu'un pendant qu'on lui parle elle ne comprend plus. Elle voudrait comme d'ailleurs tous les autres être dans le plus grand calme pour lire une phrase ou répondre à une question. « Dès que je reçois une visite, dit Lib... (117) je ne puis plus fixer mon attention même sur une simple broderie, j'ai la tête pleine de choses, il faut que je sois absolument seule pour me fixer un peu sur quelque chose. » « 11 m'est devenu bien difficile d'être présente, dit \Vo..., à chaque instant les gens me secouent et me disent : à quoi penses-tu ? Je sens surtout cette diiEcultc quand j'essaye de jouer de la musique à quatre mains, je ne puis pourtant pas dire à la personne qui joue avec moi: je n'y suis pas, attendsmoi. Il me faut un effort énorme pour continuer à peu près et ne pas partir sur quelque recherche. »
Même quand l'attention se fixe un peu elle a toujours un autre défaut, c'est son extrême brièveté. 11 ne faut pas maintenir longtemps la même opération, le malade cesse vite de s'y intéresser : Jean ne peut suivre une étude que quelques minutes, même sans qu'il ait de manies à ce sujet il se met au bout de trois ou quatre minutes à vous faire répéter et ne comprend plus, il en est de même chez Mm... qui ne peut pas prolonger une conversation plus d'un quart d'heure. Claire change sans cesse d'occupation, elle laisse une chose et la recommence, elle s'agace de ne pas
I. Baillarger, De la lésion de Tattention dans la monomanie. Ann. méd. psych., i846. 11, 168.
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pouvoir fixer Tattention et tombe dans ses manies. Lise se plaint de ne plus pouvoir aller jusqu'au bout d'une addition. Chez
FiG. i5. — Courbe des temps de réaction à dos excitations tactiles oftez Bci. — Les excitations tactiles ont lieu sur le dos de la main gauche, les mouvements sont faits par la main gauche. — Durée de Texpérience: i5 minutes.
Simone le fait devient grossier : je réussis h Tarracher à ses idées fixes en l'intéressant à l'analyse botanique d'une fleur : tout va
FiG. i6. — Courbe des temps de réaction simple à des excitations tactiles chez Bel. — Ln excitations tactiles ont lieu sur le dos de la main droite. — L'expérience a une durée de 3o minutes. — En A, première partie du graphique pendant les ta premières minatw; en B, dernière partie pendant les la dernières minutes.
très bien au début en écoutant avec attention elle devient aimable, elle demande ce qu'elle ne comprend pas et ne manifeste plus de
délire. Ces belles dispositions ne durent pas plus de quatre ou cinq minutes; puis je vois bien que sa figure change, elle se bute et ne comprend plus, elle se frotte le front comme si elle y souf-
FiG. 17. — Courbe des temps de réaction simple à dos excitations auditives chez Bei...
FiG. 18. — Courbe des temps de réaction simple à des excitations visuelles chez Bei...
frait, si je continue elle va se fâcher et tomber dans une crise d'agitation délirante.
Fia. 19. — Courbe des temps de réaction simple à des excitations tactiles chez Qes...
On observe le fait inverse quand il s'agit d'une association d'idées qui revient mécaniquement. Le sujet y revient sans cesse, il ne peut plus parler d'autre chose. « Je remarquais, dit Trélat,
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LES STIGMATES PSYGHASTHÉMQLES
)rsque ses idées étaient portées sur un sujet, il ne pensait qu'à t ne parlait plus d*autre chose \ »
irais vivement désiré rendre manifeste cette brièveté de l'aim par des mesures et des graphiques et vérifier Tobservalion
Buccola sur l'augmentation des temps de réaction. Les dif- ^s sont très grandes : les grands malades ne se prêtent pas Kpériences, les autres sont momentanément modifiés par le sitif même, enfin les procédés de mesure de l'attention sont e insuilisants. J'ai cependant essayé d'obtenir chez quelques [es le graphique des temps de réaction suivant une méthode
été discutée dans un ouvrage précédent^. Les graphiques itlenlion par la courbe des temps de réaction, pris chez , ne sont pas très caractéristiques. Quand il s'agit de temps iclion simple à des excitations tactiles faites sur le dos de lin gauche ou de la main droite, la courbe est à peine aus de la normale, et elle s'élève fort peu sous rinfluence de gue, comme on le voit dans les figures i5 et 16 empruntées •e livre sur les névroses^ et qui représentent une expérience juart d'heure de durée. Dans les figures 17 et 18 qui reprént des temps de réaction à des excitations auditives et à xcitations visuelles on note une élévation notablement plus e des courbes qui nous montre mieux la diminution de ition.
deux courbes (figures 19 et 20) obtenues par les mêmes dés sur Qes... sont intéressantes : la courbe des réactions à xcitations tactiles et celle des réactions a des excitations les sont toutes deux beaucoup trop élevées. Cette élévation 1 peu moins grande dans la figure 21 qui montre la courbe éactions de Oei... îi des excitations visuelles. J'ai déjà fait quer toutes les critiques dont est passible ce mode de mede l'attention. Ces recherches n'ajoutent que peu à nos nations précédentes sur la faiblesse de l'attention, elles ne [ue les confirmer.
réiat, Folie lucide, p. 57.
évroses et Idées Ji.rcs, 1, chapitre a, La mesure de Tatlenlion et le graphique
ips de réaction, p. 69.
évroses et Idées fixes, II, p. 69.
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Fio. ai. — Courbe des tempe de réaction simple à des excitations Yi&uelles chez Gei...