‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 156 sur 288 · Emotions su · texte numérisé non relu

Emotions su

*our être complet dans ce chapitre sentiments et les émotions qui se j !c, je dois indiquer une émotion 1 i difficile d'expliquer complètcmei essaire de revenir plus tard après a\ iérales sur la psychologie de ces étions sur une dizaine de personnes iblables pour qu'elles ne me paru:

identels.

)n a vu que d'ordinaire et pendant ces malades sont déprimés, tristes, es, h l'attention, à l'émotion normal ilques-uns d'entre eux se produit ui les soulève au-dessus de leur niv< ir un moment des émotions de boi nts d'activité surhumaine, d'intellij Lanteirës, dans sa thèse* sur les tro idité signalait déjà un peu vaguei ouvent tout d'un coup « une sort sme nerveux avec de voluptueux fri /oici quelques exemples de ce fait nt les maisons du haut du Trocadi sme, il a des sentiments d'admirati xr un instant toutes ses misères :

p beau, trop grandiose, que je suis me; sur le moment cela me cause u épuise, me fait trembler les jamb< s tomber évanoui, incapable de si ?y..., en se promenant dans la camj * le grand air a tout me parait déli s éclater de bonheur, jamais je n'a\ )se comme un rêve, le temps marche pis. Je me sens meilleure et il me se chants comme dans les autres pays.

. Lanteirés, E5sai descriptif sur les troubles p ise, i885, p. 44.

pathiques et il me semble que je suis à Tâge d'or. Les expressions me viennent plus facilement, moi qui ne peux pas ouvrir la bouche quand il y a une personne, je parlerais devant une assemblée ». Nadia aussi a éprouvé par instants, mais incomplètement, ces sentiments au moment de son amour insensé pour un grand musicien. Nah..., homme de 21 ans, sent par moment « une stupéfaction sacrée qui cause un bonheur infini ». Gv..., homme de 26 ans« « se sent enlevé au-dessus de sa condition, il croit marcher sur une autre terre où Ton est meilleur et plus fort ». L'un des plus curieux sur ce point c'est Jean qui a baptisé ce phénomène d'un nom que je conserve en partie : « les sensations sublimes et solennelles. » De temps en temps, mais rarement, il est pris de cette sensation quand il rêve à une occupation intelligente et élevée qui lui plairait, mais qui est en contradiction complète avec son caractère ; par exemple quand il rêve qu'il est député à la Chambre et que devant les tribunes bien pleines il prononce un grand discours politique. Il ressent alors un petit frisson par tout le corps mais qui n'a rien des fluides pénibles, il sent le cœur calme et ralenti, ses muscles sont à la fois forts et comme détendus, au lieu de sa marche humble à petits pas, la tète baissée, il se redresse et marche à grand pas d'un air important, il a de l'excitation intellectuelle, il comprend bien les choses et ressent la soif de s'instruire, enfin et surtoutil a un sentiment de bonheur qu'il n'éprouve jamais. « Ce sont des impressions divines qui me prouvent l'existence de l'âme dans le corps, »

Ces émotions sublimes durent peu d'ordinaire, elles sont presque toujours chèrement payées par les malades. Gs... tombe bien vite dans une rumination pénible sur le nombre infini des maisons, et recommence les questions : « Comment a-t-on pu les construire ? comment a-t-on pu les compter ?» Il a de nouveau un horrible sentiment de dépression. Fy... (34) termine son idylle à la campagne par une petite crise avec perte de conscience et émission d'urine dont nous aurons ii discuter la nature et le pauvre Jean retombe piteusement de la tribune; l'excitation s'est propagée aux organes génitaux, a ramené la pensée de la masturbation et toutes les angoisses plus grandes qu'auparavant.

Je trouve ces émotions excessivement curieuses : elles forment un contraste avec le sentiment ordinaire de chute qui caractérise le scrupuleux. En outre, elles établissent une liaison très intéressante avec d'autres malades dont je ne m'occupe pas

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