DISCUSSION DES THÉORIES INTELLECTUELLES
évidemmeDt plus d'importance au premier et en somme les théories intellectuelles semblent être des théories qui, d'une manière il est vrai fort vague, admettent la priorité de Tidée obsédante. Pouvons-nous partager cette opinion ?
Les arguments présentés par Westphal et par les auteurs iotellectunlistes se bornent à nous montrer qu'il y a des obsessions sans angoisses et sans troubles émotionnels préalables. La remarque est très juste, mais elle se borne à contredire les théories émotionnelles, elle ne donne pas de preuve directe de la priorité de l'idée obsédante. D'autre part on peut objecter bien des arguments contre cette priorité.
L'observation clinique permet déjà de faire des réserves : ces idées obsédantes, nettes, déterminées données par le malade comme une interprétation de son mal ne sont pas aussi communes qu'on le croit. Si on veut bien ne pas isoler arbitrairement les malades qui ont des véritables obsessions, si l'on réunit en un ensemble, comme j'ai essayé de le faire, tous ceux qui par la grande majorité des symptômes psychologiques et par l'évolution de leur maladie sont réellement du même genre, on verra que beaucoup de ces sujets ont simplement des tics, des agitations mentales, des angoisses, des sentiments variés d'incomplétude et n'ont pas d'idées obsédantes proprement dites. Dob... a des grandes angoisses qui se produisent dans des circonstances particulières, ce qui fait qu'on peut les nommer des agoraphobies, des peurs de l'espace ; maisc'est nous qui donnons ce nom et cette explication. La malade répète toujours qu'elle n'a aucune idée absurde à propos des grandes places ou des rues, elle se défend d'avoir des idées de honte ou de pudeur exagérée, elle dit qu'une crise la prend dans la rue sans qu'elle sache pourquoi *. En somme elle a des crises d'angoisse physiologique et n'a pas d'idée obsédante antérieure à ces crises. Mw... est tourmentée par la manie des serments, c'est déjà plus intellectuel, mais il n'y a pas là d'idée déterminée, elle ne fait pas ces serments par principe en vertu d'une théorie de la vie qu'elle se soit faite. Elle ne sait pas pourquoi elle les fait, elle ne les rattache à rien, c'est une habitude, un tic de l'esprit, ce n'est pas une idée ayant un objet déterminé et représentant quelque chose.
I. Même remarque sur un agoraphobe dans un article do M. Van Eeden, d'Amsterdam, Les ot)8ession8. Revue de T hypnotisme y 1892, p. 5.