Exposé des théories émotionnelles
Dès Torigine de ces études, une autre interprétation s'est opposée aux interprétations intellectuelles que nous venons de résumer. L'une des premières descriptions des obsessions a été donnée par Morel eu 1866 sous le nom de délire émotif, ce qui indique bien le point de vue auquel cet auteur se plaçait. Quand Westphal soutint à la Société médico-psychologique de Berlin la thèse intellectuelle en 1877, il fut vivement combattu par Jastrowicz et par Sander*. Berger, de Breslau, fut plus aflTirmatif encore puisqu'il rangeait sans hésitation les obsessions parmi les névroses émotionnelles '.
Cette conception de la nature émotive des obsessions qui était en somme celle de Morel est reprise parLegrand du SauUe : « Le délire émotif, dit-il, n'est que la résultante de toutes les impressionnabilités anxieuses possibles, tandis que la peur des espaces se limite à une angoisse pénible, terrifiante en face du vide ou dans des conditions absolument spéciales^. » Legrand du Saulle, comme on va le faire plus tard, distingue déjà très bien les émotions diffuses et les émotions systématisées. Cette doctrine va se retrouver sans grandes modifications chez Brosius, Wille, 1881, Wernicke, Krafft-Ebing. Les mêmes idées semblent se préciser un peu avec Friedenreich, 1887 S Hans Kaan, Schuele; ces auteurs examinent de préférence un phénomène spécial, la crise d'angoisse, ils considèrent cette crise d'angoisse comme le symptôme principal de l'état psychasthénique et comme le point de départ de l'obsession. M. Féré, 1892**, admet que les idées fixes ont leur origine dans Témotivité morbide, pour M. Dallemagne^ l'émotion est toujours le fait primitif, et M. Séglas dit de même que Tobsession repose toujours sur un fond d'émotivité pathologique'.