‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 192 sur 288 · DISCUSSION DES THEORIES ÉMOTIONNELLES · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES THEORIES ÉMOTIONNELLES

MM. Pitres et Régis remarquaient que les idées obsédantes peuvent changer mais que Tétat émotif accompagnant reste beaucoup plus stable, cela prouve simplement, répond M. Haskovec, que le domaine de Tintelligence est plus riche et plus varié que celui de Témotivité, mais cela ne nous montre pas laquelle des deux joue le rôle essentiel dans le phénomène pathologique. Ces auteurs disent encore que Témotion ne peut être secondaire, qu'elle ne peut être considérée comme une simple réaction déterminée par ridée, parce que, s'il en était ainsi, Témotion devrait toujours être en raison de Tintensité de Tidée, ce que Ton n'observe pas. La conclusion est précipitée, le degré d*émotivité n'est pas le même chez tous les individus, Témotion dépend de bien d'autres raisons qui peuvent Tempècher de correspondre exactement à rintensité de Tidée fixe quoique elle vienne à sa suite.

Enfin, ce qui est plus grave, MM. Pitres et Régis ont tort de tout ramener à Témotion et surtout à une seule et unique émotion, à cette angoisse spéciale qu'on observe souvent il est vrai chez quelques-uns de ces malades. D'abord ce n'est pas toujours cette émotion-là qui fait le fond de l'obsession, M. Haskovec rapporte l'observation intéressante d'un étudiant obsédé par des idées gaies accompagnées d'un sentiment de joie. Je dois avouer que celte observation me laisse des doutes : s'agit-il bien d'un malade du même genre, c'est chez les hystériques par le mécanisme de la suggestion plutôt que chezlespsychasthéniquesque l'on observe ces joies obsédantes, j'en ai rapporté un exemple avec M. Raymond' ; peut-être aussi s'agit-il de ces sentiments d'élévation sublime, de ces enthousiasmes que présentent, comme nous l'avons vu, les sujets psychasthéniques, mais qui ne sont pas de la même nature que les obsessions et les angoisses.

Ce qui est plus important à considérer ce sont les malades qui tout en étant des obsédés ne présentent pas de troubles émotionnels. Il y a bien des cas de ce genre cités par Westphal, Meschede, Griesinger et M. Haskovec y ajoute d'autres exemples où les lésions intellectuelles semblent tout à fait primaires. c( MM. Pitres et Régis vont trop loin quand ils disent : supprimez par la pensée, l'angoisse, l'anxiété qui s'y trouve et vous

XIII* Congrès internat, de méd. à Paris en 1900. Comptes rendus de la section de Psychiatrie, p. lai.

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