I. La fonction ) ( la perception avec sentiment de
du réel. \ \ la certitude, la croyance.
/ Taltentiondans < la perception d'objets nouveaux
f I la perception de l avec sentime
y la [>ersonne | avec sentime
\ la présentification, la perception et la jouissance
elle ne peut être admise sans interprétation. En effet, un fait fondamental domine la psychologie du douteur, c'est qu'il n'a pas d'anesthésies véritables. Ces sujets qui doutent de la réalité, qui doutent de ce qu'ils sentent ou de ce qu'ils voient sentent et voient cependant aussi bien que l'homme qui ne doute pas. Leurs sensations ne sont pas diminuées quantitativement, on ne le sent que d'une manière insignifiante, incapable d'expliquer leur doute. En réalité, ils ont une sensibilité forte dans le sens ordinaire du mot, puisqu'ils sentent fort bien les excitations les plus minimes ; ils ont une vision puissante puisqu'ils lisent très bien les plus petites lettres du tableau et malgré cette force, cette acuité de leurs sens, ils n'ont pas le sentiment du réel.
Une seconde hypothèse serait bien simple et bien séduisante, elle consisterait à rattacher cette différence entre le réel et l'imaginaire à l'intervention du mouvement. Ce qui semble le plus difficile dans le premier groupe, c'est l'action et l'attention^ or dans l'une et l'autre interviennent les fonctions motrices. Ne pourrait-on pas supposer que dans cette maladie il y a un engourdissement des centres moteurs corticaux avec conservations de l'activité des centres sensoriels ? Cela n'expliquerait-il pas cette difficulté de l'action et cette facilité de l'imagination.
Une conception à peu près semblable à celle-ci forme l'idée fondamentale du livre de M. Bergson auquel je faisais allusion dans un passage précédent : « L'actualité de notre perception, dit-il, consiste dans son activité, dans les mouvements qui la prolongent et non dans sa plus grande intensité, le passé n'est
qu'idée, le présent est idéo-moteur* C'est justement parce
que j'aurai rendu un souvenir actif qu'il sera devenu actuel, c'està-dire sensation capable de provoquer des mouvements' Le
sentiment concret que nous avons de la réalité présente consisterait donc dans la conscience que nous prenons des mouvements effectifs par lesquels notre organisme répond naturellement aux excitations, de sorte que là où ces relations se détendent ou se gâtent entre sensations et mouvements, le sens du réel s'affaiblit et disparait' ».
I. Bergson, Matière et mémoire , 1896, p. 62. 3. Id., ibid., p. 166.