‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 204 sur 288 · Id., ibid., p · texte numérisé non relu

Id., ibid., p

THÉORIES PATUOGÉNIQUES

de la lettre, cette conception diffère moins qu'on I précédente. Au lieu de faire dépendre la fonction insité des sensations, elle la fait dépendre de Tinœmentsqui ne sont connus que par des sensations, ns doute une part de vérité, mais ne peut être adction, car il ne me semble pas juste de dire que le lui-même, en tant que mouvement de notre corps,

le sens du réel et à constituer le groupe des rcliologiques supérieurs.

n h cette conception est semblable à la précéî que les douleurs ont conservé les sensations, ils ; réflexes, les mouvements et la sensation précise mts.

;hez eux des mouvements qui se présentent comme entaires et faciles. Les tics, les agitations motrionner lieu h des mouvements considérables el FjCS phénomènes d'émotion nécessitent aussi la mouvements et s'accompagnent souvent d'une ne : cependant malgré ces mouvements les malains le doute, loin du réel. On ne peut donc tout mouvement soit difficile, que ce qui déion d'un phénomène dans la hiérarchie ce soit j mouvement. Il ne faut pas croire qu'un phénojique soit élevé, demande un plus grand travail tuvement physique qui le manifeste au dehors est 3lus violent. Un mouvement violent peut, au point

occupe, correspondre à un phénomène psycholoil hiérarchiquement très élémentaire.

I théorie précédente fera un progrès si au mot

comme d'ailleurs M. Bergson le fait souvent, un

« action », c'est-à-dire si Ton remplace le raouve- \r un système bien coordonné de mouvements, re chose, disait M. Bergson, entre le passé et le différence de degré. Mon présent est ce qui qui vit pour moi, ce qui me provoque à l'action ivent h l'action utile et bien adaptée) au lieu que essentiellement impuissant ^ » Mais cela n'est pas , car ces sujets exécutent des actions bien réglées

il., p. i48.

en rapport avec les ol)jels qu'on leur montre et ils se plaignent « qu'ils ne font pas eux-mêmes Taction, que Taction n'est pas réelle». L'automatisme bien réglé se montre dans les tics et ne leur donne pas aux malades le sens du réel.

Une autre hypothèse plus intéressante consisterait h appliquer ici mes anciennes études sur l'activité de synthèse par opposition à l'activité automatique. I.a synthèse mentale est une opération qui réunit en un composé unique et nouveau les éléments fournis h chaque moment de la vie par les sens et par la mémoire. La construction de ce système nouveau semble être l'opération particulièrement difficile, celle qui disparait la première. Je crois qu'il y a encore ici une partie de la vérité. Dans la fonction du réel entre pour beaucoup des adaptations à la réalité changeante et par conséquent des systématisations toujours nouvelles : certainement une des raisons de l'élévation de la volonté et de l'attention dans notre hiérarchie, tient au rôle qu'y jouent les opérations de synthèse mentale perpétuellement nouvelles, et inversement la position inférieure de la rêverie et de l'émotion tient à ce fait qu'une partie considérable de ces opérations est purement automatique. D'ailleurs on constate aisément chez les malades qui ont perdu le sens du réel, l'aboulie, l'aprosexie, le misonéisme, l'inintelligence des situations nouvelles, tous les caractères qui indiquentla diminution des synthèses mentales, du pouvoir d'adaptation et de coordination.

Cependant j'ai quelque hésitation a considérer cette distinction comme suffisante dans ce cas. D'une part il ne me semble pas qu'il y ait une proportionnalité complète entre le développement de l'aboulie et la perte du sens réel. Ces malades agissent encore à peu près correctement et ils répètent qu'ils agissent comme dans un rêve. D'autre part il n'est pas exact de dire que le trouble existe uniquement dans les phénomènes de synthèse mentale elque les phénomènesautomatiquessont restés intacts. Enefiet,ilne fautpasoublierquenousavonsconstatélesmèmesdifficultés non seulement dans les fonctions du réel, mais encore dans les opérations qui se bornent à imiter ces fonctions. La suggestion et l'hallucination se présentent chez ces malades comme aussi difficiles que l'action réelle ou la perception de la réalité. Or dans l'hallucination, il y a une très petite part de synthèse mentale mais beaucoup d'automatisme. Si elle est très difficile c'est que d'autres

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difficultés doivent s'ajouter à celles que présente la synthèse mentale.

L'étude de ces derniers faits, Tétude des hallucinations et surtout des hallucinations suggérées pourra peut-être nous indiquer un caractère nouveau qui joue un rôle important dans le sentiment de la réalité. Les hallucinations en effet s'accompagnent de ce sentiment à un haut degré et, dans l'expérimentation au moyen de la suggestion hypnotique, nous pouvons noter à quel moment il survient. « La perception réelle ou l'hallucination d'un chien, disais-je autrefois *, est un ensemble d'images visuelles, tactiles, auditives même, très variées. Pour passer de l'idée d'un chien h rimage hallucinatoire d'un chien, il faut non pas renforcer, mais compléter l'image. Ce serait être bien maladroit, en face d'un sujet qui voit difficilement les hallucinations que de répéter même en criant très fort : « tu vois un chien, tu vois un chien » : on n'arriverait à rien. Il faut préciser et compléter l'image : « Tu vois ses oreilles, tu vois sa queue, tu vois ses longs poils de couleur jaune, tu entends qu'il aboie. » Ou bien, si Ton a affaire à un sujet qui en soit capable, il faut lui laisser le temps de développer lui-même son image. Si, dans une conversation rapide, je dis a Léonie qu'il y a des moutons dans la prairie au bord de la rivière, etc., j'éveille par chaque mot une image incomplète et vague qui ne sera pas une hallucination. Mais si après avoir dit: « il y a un mouton devant toi, » je m'arrête brusquement et ne lui parle plus ; son idée se développe peu à peu, elle cherche à se représenter des détails nouveaux, à sentir la toison, à entendre le cri et elle finit par dire : « C'est un vrai mouton. » C'est-à-dire un mouton complet et non plus une image de mouton. La complexité de l'image, comme le montrait M. Souriau, a donné naissance à son objectivité^ ». Depuis cette époque, j'ai eu l'occasion à plusieurs reprises d'insister sur ce rôle de la complexité et du développement de l'image dans la suggestion et dans l'hallucination*, et je considère encore comme bien vraisemblable que c'est au nombre et à la richesse des images évoquées à propos d'une

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