Influence du changement
Si nous passons maintenant au point de vue moral, nous devons signaler le bon effet des changements : Claire va mieux quand elle rentre chez elle après une absence. « J'ai été mieux en arrivant, plus heureuse, plus gaie, et moins tourmentée, comme la dernière fois, je voyais les choses plus nettement, tout me semblait plus facile, moins compliqué. Je me suis moins aperçue de l'engourdissement que j'ai d'ordinaire ; il était un peu passé, j'ai été certainement plus active, plus énergique. Je le suis encore, mais cela diminue et il m'arrîve de nouveau de rêver, je n'ai été bien que quelques jours. Ce qui m'ennuie c'est que j'ai de nouveau des images (ses pseudo hallucinations sacrilèges). Elles s'étaient calmées au commencement, à mon retour ; elles reviennent maintenant davantage... » « Lise fait les mêmes remarques; je suis mieux pendant quelques jours quand je retourne à la campagne, quand je change de séjour, cela me fait remonter de voir un endroit ou des personnes que je n'ai pas vus depuis longtemps. » On peut répéter cette observation sur Vi... et sur
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la plupart des malades : « il me faut, dit Gisèle, Tinédit, le sortant de Tordinaire pour respirer un peu. »
Indépendamment du changement certains milieux sont plus favorables aux malades. Je croyais à une opinion individuelle peu justifiée, quand Jean me répétait qu'il avait besoin de vivre à Paris et qu'il était beaucoup plus malade et malheureux eu province et surtout à la campagne. Cette opinion me paraissait bizarre dans la bouche d'un individu phobique qui a peur des femmes, peur de la foule, peur des voitures. Mais j'ai remarqué que la même affirmation m'a été faite d'une manière tout à fait indépendante par Za..., par On..., par Lise et par plusieurs autres et j'observe qu'ils ont raison. Paris leur donne, il est vrai, plus d'occasion de phobies et, si leur maladie n'était que de l'émotivité, ils devraient le fuir. Mais Paris leur donne en même temps des occupations, des distractions, en un mot des excitations. « Cela me fouette, me fait vivre, me fait marcher plus vite. » Et comme leur émotivité est, si je ne me trompe, la conséquence de leur engourdissement, ils sont, quoique ce soit paradoxal, moins émotifs b Paris. Jean a plus peur des femmes dans sa campagne isolée que sur les boulevards.