‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 236 sur 288 · I. Egger. Revue phihsophlgue, i896. I, p. a · texte numérisé non relu

I. Egger. Revue phihsophlgue, i896. I, p. a

C'est surtout dans l'étude de no« malades que l'agitation mendie se présente comme une simple dérivation. Nous le const^^ tons encore chez les timides: pourquoi donc M. Hartenberg* n'admet-il pas de timidité intellectuelle? « Il faut, dit-il, qu'il y ait toujours dans la timidité une émotion objective organique. » Ce n'est point mon avis : Tessentiel de la timidité, ce n'est pas la forme •de la réaction consécutive h la suppression de l'acte, c'est l'aboulie sociale, c'est-à-dire la suppression ou la réduction de l'acte quand il doit être accompli devant des hommes, et il y a des timides à dérivation intellectuelle. « Je veux être bonne, dit Nadia, je veux être aiçfiable, être polie, et je ne peux pas. Je pense toujours aux conséquences, c'est ce qui me paralyse : il me prend des envies de rêver, de me plaindre vaguement du destin toujours iîontre moi; je me mets a rechercher si j'ai été polie la dernière fois avec cette personne. Et en rêvant à tout cela, je reste aujourd'hui devant elle sans rien dire, glacée, paralysée et très impolie. » La même personne joue très bien du piano quand elle est seule, mais elle ne peut jouer devant quelqu'un « parce que son esprit €st distrait de la musique par le souvenir d'une foule de serments et de promesses ». Mw... ne peut pas monter a bicyclette s'il y a quelqu'un d'étranger avec elle « parce qu'elle est obligée de faire des serments à chaque arbre, à chaque poteau télégraphique qu'elle traverse ». On retrouve dans ces paroles la même interprétation fausse déjà signalée ; c'est l'acte réel qui n'est pas accompli, dans sa plénitude et c'est la rumination qui vient ensuite comme dérivation.

Il en est de même si on examine les efforts d'attention. Jean est au travail et essaye de s'intéresser à ce qu'il lit, il fait effort, il se tend pour ainsi dire, il est probable que la tension de son système nerveux augmente, il va comprendre et apprendre quelque chose, c'est à ce moment qu'il se produit une fuite et que les •évocations psychiques, le fou rire cérébral, les conjurations contre le mauvais sort se déchaînent d'une manière irrésistible. « C'est drôle, dit Red..., depuis quelque temps je ne peux plus faire attention et mes idées n'ont aucune suite. Je ne suis tranquille que si je ne cherche pas à faire attention. A l'église j'essaye de prier avec attention et conGance, et voici que ma foi s'ébranle. Je me demande s'il est vrai que Dieu voit tout ce que

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