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LA PERMANENCE ET L'ÉVOCATION DE L'OBSESSION

dire qu'un personnage politique n'a pas eu une mort exemplaire pour qu'il ne puisse plus voir TElysée, ni la Chambre des députés, ni rien de ce qui a rapport à la politique, si bien que la vue d'un kiosque de journal devient le point de départ de toutes ses méditations sur les deux femmes qui le persécutent.

Chez lui les associations d'idées ne sont pas forcément directes, elles peuvent être tout h fait indirectes et former de véritables cascades. Il est tourmenté parce qu'il a dans sa poche un indicateur des cours qui se font à Paris. Cet indicateur ne semble pourtant rien contenir de bien critique en lui-même, mais il contient l'indication des heures du cours de M. D... auquel Charlotte a été assister une fois quand elle est venue h Paris il y a 3 ans. L'incident provoqué par le gâteau qui s'appelait une Charlotte recommence dans des circonstances plus complexes : Jean est très tourmenté parce que : i° il a mangé du pain ; 2** que ce pain vient d'un certain boulanger ; 3** lequel boulanger a été recommandé à sa mère par un ami ; 4" dont la femme est morte récemment un certain jour ; 5° qui était précisément l'anniversaire du jour ; 6** où il a commencé h être tourmenté relativement à Charlotte. Dans ces conditions, on se demande s'il existe un objet que Jean puisse regarder sans qu'il éveille par association son délire.

J'insiste sur ce phénomène de l'évocation de l'obsession par l'association des idées parce qu'il joue un rôle très important dans l'évolution de la maladie. C'est par là que la maladie s'étend et gagne en quelque sorte comme une tache d'huile. L'obsession qui n'était que localisée et qui ne déterminait des troubles que sur une seule pensée semble par l'association des idées s'étendre à toutes les autres pensées et troubler tous les actes du sujet.

Précisément à cause de leur importance il faut bien se rendre compte de la nature de ces associations d'idées. Elles sont évidemment singulières et ne ressemblent pas aux associations d'idées que nous sommes habitués à observer dans les suggestions des hystériques par exemple. A-t-on suggéré à une hystérique qu'elle verra un portrait sur une carte, l'hallucination du portrait apparaît quand elle voit cette carte déterminée reconnalssable à des signes précis, elle n'apparaît pas sur une autre carte et surtout elle n'apparaît pas arbitrairement à propos de n'importe quoi. C'est justement cette précision de l'association qui rend l'expé-

LES IDÉES OBSÉDANTES

possible. De nn^me la vue d'une Hamme amène l'hallucination icendie et la crise d'hystérie d'un jeune homme, on provoque ? la crise en lui montrant une allumette enflammée, mais

la provoque pas en lui faisant voir un paquet de cigarettes 5 seringue, quoique à la rigueur, d'après ce que nous a monan, le paquet de cigarettes ou la seringue puissent faire r à l'incendie. En un mot, dans ces cas l'association des est précise, parce qu'elle est organisée d'avance, qu'elle irtie de la conception, du système d'images coordonnées qui tue l'idée fixe et qui est invariable.

contraire, chez le scrupuleux, un objet quelconque semble ir jouer le rôle d'évocateur. Quel est l'objet, quel est même t que l'on pourrait présenter h Jean sans qu'il trouve le i d'y rattacher son obsession erotique ? 11 semble vraiment association ne soit qu'un prétexte, une justification que le e se donne à lui-même après coup. Les choses se passent e si le malade commençait par penser lui-même presque ; temps à son obsession et cherchait ensuite avec ingéniosité 'apport lointain pourrait bien exister entre son obsession Luelle et les objets extérieurs afin de justifier sa préoccui constante.

.. (4i), femme de 38 ans, grande hypocondriaque, se plaint uer de malheur car elle rencontre tout le temps des

qui lui font penser à la maladie « une bouteille de pharjctée dans le bois de Boulogne, vous voyez que je n'ai pas ince ! » Je fais prendre quelques précautions aux personnes

surveillent pour que l'on évite absolument déparier devant e maladies, de lui montrer des malades. Elle échappe a la ilance pour aller chercher des malades et les interroger sur lal, puis elle pousse des cris de désespoir en se plaignant B conversation a encore rappelé son obsession. 11 en est nment de même pour Jean qui travaille à découvrir ces ations d'idées bizarres dont il se plaint. 11 est très préocpar les femmes de chambre qui entrent chez ses parents et

ceux-ci doivent choisir une femme de chambre nouvelle, rche avec grand soin si elle n'éveillera en lui aucune asso- II d'idées dangereuse avant d'accorder son consentement, uents lui proposent un jour de faire entrer une femme de 3re dans la maison et lui demandent s'il trouve a leur choix ues inconvénients. Il examine minutieusement les noms,

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