‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 266 sur 288 · LA PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

LA PROPHYLAXIE

condition interdisant le mariage, mais on peut en tenir compte dans la mesure du possible par la remarque suivante. M. Talbot, dans un article récent sur la dégénérescence et le mariage*, insiste sur le danger des unions consanguines qui accentuent les caractères familiaux. H fait remarquer à ce propos que ce danger n'existe pas seulement dans les unions entre membres d'une même famille ; Il observe que dans les mêmes professions, dans les mêmes milieux se développent les mêmes tares, les mêmes dégénérations à un degré peut-être plus élevé que dans les mêmes familles et que ces tares rendent également dangereuse Tunlon de ces familles; entre elles. J'ai été frappé de cette remarque en voyant le délire du scrupule se développer dans des familles universitaires, dans des familles de magistrats, où le père et la mère appartiennent au même milieu depuis plusieurs générations. Quand cette tare ps)^chasthénlque commence à se développer, Il serait bon non seulement d'éviter les unions consanguines, mais encore d'éviter les unions dans le même milieu moral et de croiser non seulement les races, mais aussi les situations et les éducations professionnelles. Malheureusement ces précautions sont bien difficiles à prendre, par une sorte de fatalité nos futurs psychasthénlques sont souvent séduisants surtout pour des esprits du même ordre. Leur douceur, leurhonnêteté exagérée par l'absence de combativité, la subtilité de leurs sentiments et de leurs Idées, les rendent souvent sympathiques et Ils se recherchent entre eux. J'ai souvent été étonné de l'adresse extraordinaire que déployait un scrupuleux pour découvrir une femme aussi atteinte que lui : faudra-t-ll s'étonner ensuite si les enfants sont des obsédés. Il est inutile d'Insister beaucoup sur ces précautions que l'on devrait prendre pour relever l'énergie de la race et éviter la chute de la tension jusqu'à l'insuffisance ; le médecin sera bien rarement consulté sur ce premier point de prophylaxie.

Le second point de la prophylaxie doit être Thyglène et l'éducation d'un enfant pour lequel on a des raisons de supposer une prédisposition. Ce conseil sera demandé plus souvent que le précédent par les parents qui sont eux-mêmes atteints de troubles psychasthénlques et qui s'effrayent en apercevant les premiers signes de la maladie chez leurs tout jeunes enfants.

I. D"" Talbot, Dégénérescence et mariage. The alienist and neurohgUt, janvier

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